«Ce n’est pas en aspergeant les gazons de pesticides qu’on va enrayer le problème», affirme le maire Pascal Bonin.

Infestation de vers blancs : des solutions existent

La problématique des vers blancs est bien réelle, reconnaît le maire de Granby, Pascal Bonin. Mais les élus ont décidé, de façon majoritaire, de maintenir la réglementation actuelle qui permet, selon certaines conditions, l’application de pesticides.

Le sujet avait été abordé lors de la dernière séance du conseil. Des représentants de l’entreprise d’aménagement paysager Ostrowski, affirmant parler au nom d’entreprises oeuvrant dans l’entretien de pelouse, avaient demandé que l’utilisation de pesticides soit permise pour enrayer l’infestation. Le maire avait convenu d’analyser la situation rapidement avec le comité environnement.

Ce qui a été fait, a-t-il laissé savoir au début de la séance du conseil, lundi. « On ne veut pas abandonner tout de suite. On a fait d’énormes progrès en environnement depuis des années. Ça a commencé sous l’ère Goulet. [...] On a fait des efforts ; on veut les maintenir », a-t-il affirmé.

Contrairement à ce que plusieurs croient, il n’y a aucun pesticide interdit à Granby, a souligné Pascal Bonin. « Cependant, l’utilisation doit se faire quand il y a une infestation seulement. Autrement dit, quand tout va bien, on ne veut pas arroser. On veut arroser juste quand il y a une problématique », dit-il.

Selon lui, il n’y a d’ailleurs aucun miracle à attendre cette année pour enrayer la présence des vers blancs. « L’arrosage effectué cette année, c’est pour stériliser les oeufs pour l’année d’après. Il n’y a rien qui va tuer les adultes qui sont actuellement sur notre terrain », affirme le maire.

Combinaison
Pascal Bonin souligne que la présence des vers blancs n’est pas unique à Granby. La problématique s’observerait de Sherbrooke à Saint-Jean-sur-Richelieu. Et seule la mise en oeuvre d’une série de bonnes pratiques peut en venir à bout, selon lui. Garder son gazon plus long et opter pour un surensemencement avec un mélange de graines, dont du trèfle, figurent parmi les mesures à adopter.

« Ce n’est pas en aspergeant les gazons systématiquement de pesticides qu’on va enrayer le problème », dit-il, tout en glissant que ces produits n’ont d’ailleurs pas un taux de réussite à 100 %.

Le maire Bonin croit par ailleurs que la Ville aurait dû mieux informer les citoyens dans les circonstances. « Ça a été notre faiblesse, dans ce dossier-là », reconnaît-il, tout en précisant que d’autres conférences seront offertes sur le sujet. Le site Web de la Ville, ainsi que la publication Granby vous informe (GVI), seront aussi mis à profit.

Pascal Bonin rappelle néanmoins que ce sont les citoyens — et non les entreprises d’entretien de pelouse — qui doivent déposer à la Ville une demande de permis temporaire pour l’utilisation de pesticides. Cette demande, qui consiste en un formulaire simple à remplir, est généralement traitée dans un délai de 48 heures et peut être effectuée en ligne. Elle doit être accompagnée d’une attestation écrite de l’infestation par un expert.

Un rendez-vous est ainsi fixé avec un enviroconseiller dans ce délai. « Il y a une validation de l’infestation, des conseils donnés et l’émission d’un permis, si requis », dit Pascal Bonin.

Selon lui, 17 entreprises d’entretien de pelouse sont enregistrées auprès de la Ville et respectent la réglementation. « Il n’y a pas une pénurie de gens dans ce domaine-là. Ce qu’on vit, ce n’est pas plaisant actuellement. Mais il y a des solutions, des choses qu’on peut faire », conclut le maire.