Elvis Redzepagic, propriétaire de Taxi 3000, et 46 autres chauffeurs de taxi de Granby feront la grève de 9 h à 11 h jeudi.

Industrie du taxi: Granby touchée par la grève rotative

La grève rotative des chauffeurs de taxi du Québec s’est transportée à Granby et Farnham mercredi. Entre 9 h et 11 h, mercredi, les 47 chauffeurs de Granby ne prenaient plus de clients.

Même scénario pour jeudi, alors que les chauffeurs de Granby arrêteront leurs taxis pendant deux heures, de 9 h à 11 h. Seuls le Taxibus et les services essentiels sont en fonction, c’est-à-dire le transport adapté et médical.

Les grévistes pourraient d’ailleurs faire acte de présence devant le bureau granbyen du ministre provincial des Transports, François Bonnardel.

Elvis Redzepagic, propriétaire de Taxi 3000, n’a pas hésité à embarquer dans le mouvement québécois qui touche les quatre coins du Québec, sauf Montréal.

Même que, s’il n’en tenait qu’à lui, il aurait déclenché une grève générale plutôt que rotative, fait-il savoir en entrevue avec La Voix de l’Est. 

« Je couperais tous les services. On est vraiment à bout. La plupart du monde aimerait une grève générale. On veut continuer à travailler comme avant et que la loi 17 ne soit pas adoptée. »

Il est conscient que ces quelques heures de grève peuvent occasionner différents problèmes pour les clients. 

« C’est triste à dire, mais ce sont toujours les clients qui paient. Mais on n’a pas le choix. Si la nouvelle loi passe, les permis de taxis vont être remboursés et c’est encore la population qui va payer avec les impôts », prévient-il.

Indemnisation 

Les propriétaires de permis de taxis sont insatisfaits de l’indemnisation comprise dans la réforme du gouvernement. Elle s’élève à 814 M$, dont 250 M$ ont été versés en 2018 en guise de compensation pour la perte de la valeur des permis depuis le projet pilote avec Uber.

Une autre enveloppe de 250 M$ a été annoncée en mars dernier et une portion de 270 M$ prendra la forme d’une redevance perçue à chaque course. De plus, 44 M$ seront offerts à l’industrie du taxi pour se moderniser.

Les chauffeurs de taxi réclament plus de 1,3 milliard $ de dédommagement pour la perte de valeur de leurs permis et leur rachat à la suite de l’arrivée de l’entreprise Uber dans le marché québécois.

En organisant la grève rotative, qui touche trois groupes de municipalités en autant de jours avant de recommencer le cycle, les chauffeurs de taxis de partout au Québec souhaitent mettre de la pression sur le ministre des Transports pour qu’il soit à l’écoute des demandes des chauffeurs et de leur désespoir, avait expliqué Serge Lebreux, porte-parole de l’Association des taxis des régions du Québec. 

Ils veulent également montrer leur mécontentement face à l’intransigeance du ministre, alors que l’étude détaillée du projet de loi 17 est en cours à l’Assemblée nationale.

— Avec La Presse canadienne