«On est assez fier d’être dans le premier quintile de vitalité économique», commente le maire de Bromont, Louis Villeneuve, en réaction à l’indice de vitalité économique publié le 19 décembre.

Indice de vitalité économique: Bromont bonne première dans la région

L’institut de la statistique du Québec a dévoilé la semaine dernière son plus récent classement des localités selon l’indice de vitalité économique de 2016. La municipalité de Bromont est la ville qui est en meilleure posture dans la région, loin devant Bedford qui vit un exode de sa population.

Cet indice est le résultat d’un calcul intégrant trois variables, soit le taux de travailleurs âgés de 25 à 64 ans, le revenu total médian des particuliers de 18 ans et plus et le taux d’accroissement annuel moyen de la population sur cinq ans (TAAM). Ces éléments présentent une dimension de la vitalité des municipalités québécoises, c’est-à-dire le marché du travail, le niveau de vie et la dynamique démographique, peut-on lire dans le rapport sur la méthodologie de l’étude. La ville qui trône au sommet est Sainte-Brigitte-de-Laval avec un indice de 27,46.

Bromont est la ville la mieux classée dans la région. Elle se place en 17e position avec un indice de 19,67 grâce à un salaire médian de 48 919 $, un taux de travailleurs de 25 à 64 ans de 78,9 % et un taux d’accroissement annuel moyen de 34,8 pour mille.

« On est assez fier d’être dans le premier quintile de vitalité économique, commente en entrevue le maire de Bromont, Louis Villeneuve. Quarante-deux pour cent des villes de la Montégérie sont dans le premier quintile. Ça va assez bien. À Bromont, on est connue pour notre développement. En général, on a un 200 portes de plus par année. Je pense que c’est très attractif d’avoir un plan d’urbanisme très orienté sur la protection de l’environnement. Les lettres de noblesse de Bromont, c’est la nature. On continue de travailler avec ces valeurs-là. »

Granby se situe à la position 326 avec un indice de 4,28. Le salaire médian de la population de plus de 18 ans est de 31 192 $ et 74,4 % des personnes âgées de 25 à 64 ans travaillent. Quant au TAAM, il est de 11 pour mille.

« Plus ta population est grosse, plus c’est dur de performer et d’avoir de meilleures statistiques », croit le maire Pascal Bonin. Il comprend que ces données relèvent beaucoup du défi de l’emploi. M. Bonin affirme toujours que, si les entreprises augmentaient leur salaire minimum, ils auraient moins de difficulté à recruter de la main-d’œuvre et à les attirer à Granby. Il souligne également qu’il y a des poches de pauvreté, considérées dans ces statistiques, et rappelle que la Ville a adopté un programme de rénovations de résidence qui cible spécifiquement la population moins fortunée.

Le conseil municipal de la ville centre travaille pour attirer de nouvelles familles et de la main-d’œuvre à travers divers programmes, conclut-il.

Vitalité près de la stagnation

Parmi les municipalités ayant plus de difficulté, Sutton enregistre un indice de vitalité économique de 0,39 avec un TAAM de 6,6 pour mille, un salaire médian de 29 932 $ et un taux de travailleurs de 69,4 %.

Ces données représentent bien la situation à Sutton où il y a peu de nouvelles constructions et de nouvelles populations annuellement, comme l’avaient souligné le maire Michel Lafrance et le directeur général Pierre Largy cette semaine, lors de l’adoption du budget.

« La Ville, depuis plusieurs années, est consciente qu’il y a lieu de revitaliser la communauté en cherchant à attirer de nouvelles activités économiques et des jeunes familles pour balancer les couches d’âge de la population, évoque M. Largy en entrevue avec La Voix de l’Est. On sait que l’âge moyen de Sutton est assez élevé par rapport à la moyenne provinciale. Quand on penche trop d’un bord ou d’un l’autre [NDLR: une population trop jeune ou trop âgée], on peut tomber dans une dévitalisation. L’indice reflète qu’on tend vers une démobilisation. »

Pour cette raison, Sutton tente d’attirer de jeunes familles et participe à la stratégie d’attraction de main-d’œuvre de la MRC Brome-Missisquoi. Un enjeu de taille est l’accessibilité à du logement abordable. La population de Sutton affiche des revenus aux extrêmes. Les gens sont soit fortunés soit ont du mal à boucler leur budget.

« Les emplois qu’on a ici, ce sont surtout des emplois peu payants, souvent reliés au tourisme ou aux services. Par contre, il y a des lieux d’emplois qui ne sont pas très loin, comme Cowansville et Bromont. Ce qu’on se dit c’est qu’on a peut-être un potentiel pour les emplois délocalisés, tels que le télétravail. »

En plus de vouloir attirer de nouvelles populations, Sutton souhaite aussi attirer de nouvelles entreprises pour offrir davantage de possibilités d’emplois.

Dévitalisation

Bedford connait une dévitalisation depuis quelques années et la baisse de sa population se reflète dans l’indice 2016 de la vitalité économique, qui est de -5,19 avec un TAAM de - 9,4 pour mille. Le salaire médian est de 27 367 $ et le taux de travailleurs âgés de 25 à 64 ans est de 71 %.

En 2017, le nombre de citoyens avait diminué, mais, selon le décret de population de 2018, la Ville de Bedford avait connu une hausse de sa population, avec une quinzaine de nouveaux citoyens. Il faut dire que beaucoup d’efforts ont été mis ces dernières années pour revitaliser le secteur industriel du pôle de Bedford avec un parc industriel en développement.

Il ne nous a pas été possible d’obtenir les commentaires du maire Yves Lévesque.

Les données de l’indice de vitalité économique sont utilisées par le ministère des Affaires municipales et de l’Habitation — anciennement le ministère des Affaires municipales et de l’Occupation du territoire — afin de moduler la répartition des enveloppes budgétaires pour le développement local et régional, apprend-on dans le rapport de l’Institut de la statistique du Québec. L’indice peut également servir à tout ministère ou organisme gouvernemental qui doit intervenir à l’échelle locale ou régionale.

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