Ex-candidate pour le Parti vert, Daphné Poulin est entrée à l’Assemblée nationale par une porte différente.

Incursion dans le monde politique pour une jeune Granbyenne

Après avoir tenté sa chance aux dernières élections provinciales, Daphné Poulin a accédé à l’Assemblée nationale d’une autre façon, soit en participant à la 69e législature du Parlement jeunesse du Québec, qui s’est ouvert mercredi. Ex-candidate pour le Parti vert, Mme Poulin défend cette fois ses opinions sur divers sujets amenés par des jeunes âgés de 18 et 25 ans.

La Granbyenne siège dans l’opposition comme députée, mais n’a pas de ligne de parti à suivre comme c’est le cas lors des sessions parlementaires régulières. Elle assure avoir toute la liberté nécessaire pour défendre son point de vue qu’elle a déjà pu exprimer lors de deux interventions, jeudi, avant son entrevue avec La Voix de l’Est. Notons que le principe d’opposition sert essentiellement à ouvrir les débats, proposer des motions et séparer la centaine de participants en deux pour les caucus.

« J’ai trouvé que ça avait été une super expérience de faire les élections comme candidate, expose-t-elle. Et ce sont les gens autour de moi qui m’ont parlé du Parlement jeunesse, que je ne connaissais pas. »

Autant les élections provinciales pour les Verts que sa participation au Parlement jeunesse sont des expériences qui lui permettront de voir si la politique est une avenue possible pour elle, une fois ses diplômes en poche. Elle termine en avril un baccalauréat en philosophie et souhaite faire une maîtrise d’études sur la guerre au Collège militaire de Kingston, en Ontario.

Après deux jours, elle trouve le Parlement jeunesse très intéressant. « Au début, on est stressé un peu. Le salon bleu est super grand, il y a du décorum, tout le monde se présente bien, remarque Daphné Poulin. Les premiers discours, c’est stressant, mais c’est super valorisant en même temps. »

Jeudi, elle a pris la parole sur une motion pour accorder le droit d’ordonnance à plusieurs membres du domaine de santé, comme ce qu’ont obtenu les pharmaciens en 2015. Un débat sur un projet de loi sur la procréation assistée a également eu lieu le même jour. « Je trouvais que le débat sur la procréation assistée était vraiment pertinent. »

Elle attendait aussi avec impatience le débat pour la justice algorithmique, c’est-à-dire que les cas de petites créances seraient réglés par de l’intelligence artificielle plutôt que par un magistrat.

« J’étudie en philosophie et en éthique. L’intelligence artificielle, ce n’est pas un humain. Dans le cas d’un jugement, il y a une faille éthique. C’est certainement un projet qui va finir par aboutir dans notre société et, de soulever le point de vue éthique, c’est pertinent. »

Au terme des cinq journées de législature, les jeunes politiciens en herbe auront débattu sur des motions déposées par l’opposition et sur quatre projets de loi fictifs concernant la procréation assistée, le transport durable, la justice algorithmique et le statut des artistes qui deviendraient des fonctionnaires de l’État pour éviter leur précarité d’emploi.

Au final, tant la campagne électorale que le Parlement jeunesse lui confirment que la politique l’intéresse. « J’adore ça. On dirait que de le vivre nous permet de comprendre nos politiciens quand ils nous disent que ça prend du temps. On comprend les motions, les commissions, etc. Ça permet de comprendre à travers quoi nos politiciens passent. Et ça confirme des trucs. »

Comme elle a un grand intérêt pour les relations internationales, il n’est pas impossible qu’on la revoie sur la scène fédérale... après sa maîtrise.