Un père de famille, François Arpin, a péri en essayant de sauver son fils Raphaël, six ans, qui était prisonnier de leur maison en flammes. Ils n’ont pas survécu.
Un père de famille, François Arpin, a péri en essayant de sauver son fils Raphaël, six ans, qui était prisonnier de leur maison en flammes. Ils n’ont pas survécu.

Incendie mortel à Saint-Théodore-d’Acton

Karine Blanchard
Karine Blanchard
La Voix de l'Est
Vendredi noir à Saint-Théodore-d’Acton. Un père de famille a perdu la vie en tentant de sauver, en vain, l’un de ses deux fils de leur maison en flammes. L’autre garçon, âgé de 8 ans, a été secouru in extremis par des voisins et des passants de la petite localité située entre Granby et Drummondville.

« J’entendais le père crier “sors, sors ! ” et je l’ai vu monter l’escalier, raconte les larmes aux yeux Isabelle, une voisine qui a accouru sur les lieux en voyant de la fumée par sa fenêtre. Je lui ai dit de ne pas rentrer, mais il ne m’a pas écoutée. Ou il ne m’a peut-être pas entendue. Et ils viennent de le sortir... »

Au même moment, un autre voisin, Dave Tétreault, s’est précipité à la maison située à l’intersection de la rue Principale et du 6e rang en voyant la fumée et un enfant à une fenêtre à l’étage. « J’ai pogné mon échelle et c’est là qu’un autre voisin alerté par les cris m’a vu et il est venu aider, raconte celui qui a sauvé le petit garçon. J’ai demandé à l’enfant s’il y avait d’autres personnes à l’intérieur et il a dit “oui mon père. Je ne veux pas que mon père meure.” Les mots m’ont vraiment marqué... »

M. Tétreault et d’autres bons Samaritains ont tenté de fouiller la maison, mais l’incendie était trop intense. « J’ai essayé de rentrer par la porte en avant. J’ai fait trois pieds et je n’étais plus capable de rien voir, plus capable de respirer. J’ai même essayé de ramper. Il n’y avait rien à faire. Ça brûlait dans la cave. Je voyais ça à travers les craques du plancher », raconte M. Tétreault.

« Un autre monsieur a défoncé une fenêtre sur le côté. Je suis remonté au deuxième étage [à l’aide de mon échelle]. J’ai défoncé une fenêtre et j’ai crié ma vie en essayant d’avoir une réponse de quelqu’un, mais il n’y avait aucun signe de vie dans la maison », poursuit-il. 

Ils ont plus tard su que l’autre petit garçon, âgé de six ans, était à trois pieds d’une des vitres qu’ils avaient cassées. « Pauvre petit... », laisse tomber François avec difficulté.

Un des voisins, Dave Tétreault, a réussi à sortir un des enfants en utilisant une échelle. D’autres voisins et des passants l’ont aidé en espérant retrouver le père et son fils dans la maison, mais l’incendie était déjà trop violent.

Sous le choc

À l’arrivée des pompiers dans cette municipalité située près de Drummondville, peu après 10 h, la maison était complètement embrasée. Les sapeurs ont réussi à entrer pour extirper le petit Raphaël et son père, François Arpin, âgé de 50 ans, qui ont péri dans l’incendie. Le garçon de huit ans a pour sa part subi des blessures mineures.

Les enfants se trouvaient à la maison puisqu’il s’agissait d’une journée pédagogique. 

La mère des garçons, qui était au travail lorsque la tragédie est survenue, est arrivée sur place alors que l’incendie faisait toujours rage. Elle a été traitée par les paramédics pour un choc nerveux. 

La scène était difficile à observer pour les citoyens de la municipalité, dont plusieurs étaient regroupés près de la résidence. Nombreux étaient ceux et celles qui n’arrivaient pas à croire qu’une telle tragédie venait de se produire. D’autres ne pouvaient cacher leur peine et pleuraient. 

Pendant plusieurs heures, une trentaine de pompiers d’Acton Vale, Upton, Wickham et Saint-Nazaire-d’Acton ont combattu le violent incendie. Au terme de leur intervention, ils ont remis la scène à la Sûreté du Québec. L’enquête a été confiée au service des crimes majeurs puisque l’incendie a causé deux décès.

La cause du brasier n’est pas connue pour le moment. Des expertises seront réalisées dans les décombres samedi.