Le père de John Skaberna avait été sauvé in extremis de l’incendie allumé chez lui en février 2016, à Sutton.

Incendie criminel à Sutton: l’accusé est acquitté

Un homme accusé d’incendie criminel et détenu depuis plus de deux ans a pu recouvrer sa liberté, jeudi. Le tribunal a acquitté John Skaberna parce que la preuve déposée contre lui n’était pas suffisante.

L’ingénieur de 52 ans avait été arrêté quelques heures après que le sinistre ait ravagé une partie de la maison qu’occupait alors son père et son frère sur le chemin Élie, à Sutton, le 2 février 2016. Il avait été vu en train de quitter les lieux du crime et alors qu’une fumée noire s’échappait d’une pièce au rez-de-chaussée. Le père de l’accusé avait été sauvé in extremis et n’a pas subi de sérieuse blessure.

Au procès, il été souligné que M. Skaberna, qui habitait Lac-Brome, entretenait des relations tendues avec son père et son frère et n’appréciait pas d’avoir été écarté des décisions relatives aux finances familiales. Il souffrait aussi d’alcoolisme. Peu avant l’incident, son père lui avait demandé de lui remettre les clés de la maison.

Doute
Le juge Claude Provost, de la Cour du Québec, a toutefois statué que le frère de l’accusé pouvait avoir eu autant d’intérêt à commettre l’infraction reprochée.

« Même s’il est possible que M. Skaberna ait mis le feu, ce n’était pas une certitude, a indiqué son avocat, Me Nicolas Cossette, à La Voix de l’Est. Et selon les enseignements de la Cour suprême, une possibilité qu’une personne ait commis un crime, ce n’est jamais suffisant pour la trouver coupable. La culpabilité doit être établie hors de tout doute raisonnable. »

Me Cossette n’avait pas présenté de défense, c’est-à-dire qu’il n’a pas présenté de témoin et son client ne s’est pas exprimé à son procès. M. Skaberna n’avait pas d’antécédent criminel, hormis une condamnation pour alcool au volant remontant à 1995.