Stéphane Labrecque a plaidé coupable jeudi à l’accusation d’avoir agressé sexuellement une adolescente. La victime, alors âgée de 17 ans, a une déficience intellectuelle ainsi qu’un trouble du spectre de l’autisme.
Stéphane Labrecque a plaidé coupable jeudi à l’accusation d’avoir agressé sexuellement une adolescente. La victime, alors âgée de 17 ans, a une déficience intellectuelle ainsi qu’un trouble du spectre de l’autisme.

Impliqué dans le milieu communautaire, Stéphane Labrecque plaide coupable d’agression sexuelle

Pascal Faucher
Pascal Faucher
La Voix de l'Est
Un commerçant de Granby, qui était aussi très impliqué dans le milieu communautaire, a reconnu jeudi avoir agressé sexuellement une adolescente ayant une déficience intellectuelle.

C’est d’une voix faible que Stéphane Labrecque, 52 ans, a répondu «oui» à la question «vous plaidez coupable?» posée par le juge de la Cour du Québec Serge Champoux, jeudi, au palais de justice de Granby.

Quelques instants plus tôt, Me Laurence Bélanger, de la Couronne, avait résumé les gestes reprochés au propriétaire d’une boutique de vélo et cycliste au long cours.

Au cours d’une fête donnée dans une résidence à l’occasion du jour de l’An, en janvier dernier, M. Labrecque s’est approché de la victime âgée de 17 ans. Elle regardait son téléphone, assise dans les escaliers. Il ne la connaissait pas.

Après avoir touché son visage, il a mis une main sous son chandail pour pincer ses mamelons. «Arrête, je n’aime pas ça», a alors dit l’adolescente, qui présente également un trouble du spectre de l’autisme.

Le lendemain, M. Labrecque a texté «2020, j’entre dans les AA, barnak. Osti, j’ai fait quoi hier?», laissant entendre qu’il ne se souvenait pas de ce qu’il avait fait.

En accord avec la défense, représentée jeudi par Me Armand Massé-Roy, la poursuite a demandé et obtenu que l’accusé soit évalué en fonction de la peine qu’il pourrait recevoir ainsi que pour cerner sa sexualité.

Après réception de ces rapports, les parties pourraient s’entendre quant à la sentence à imposer ou en débatteront. Quelle que soit l’avenue choisie, des témoins et proches de la victime viendront s’exprimer en cour.

«Des gens aimeraient se faire entendre», a indiqué Me Bélanger sans donner plus de détails. Le dossier a été remis, pour la forme, au 18 décembre.

«Ça lui prend un suivi»

Rencontré à sa sortie de la salle d’audience, le père de la victime s’est dit «sonné» de constater que Stéphane Labrecque est toujours en liberté sous conditions, mais sans obligation immédiate de se soigner. Ce type de recommandation peut toutefois survenir au moment de la sentence.

«Ça lui prend un suivi, dit-il. Il n’y a aucun doute que ma fille avait l’air d’une adolescente, même d’une pré-adolescente.»

Il soutient que l’accusé a eu des «comportements déplacés» avec d’autres femmes ce soir-là. «Il a un problème avec sa façon d’agir avec les femmes.»

Selon le père, que nous ne pouvons nommer afin de protéger l’identité de la victime, si l’accusé a touché le visage de sa fille, c’était pour l’empêcher de crier pendant qu’il la touchait.

L’aveu de culpabilité enregistré «n’est pas un soulagement pour moi», ajoute-t-il. «Ça met seulement les points sur les i et les barres sur les t.»

Stéphane Labrecque a été accusé par voie sommaire, ce qui signifie qu’il s’expose à une peine maximale de 18 mois de prison, sans peine minimale. Il n’a pas d’antécédent judiciaire.

Son nom a été lié à plusieurs organismes communautaires au fil des années, dont le Club Kiwanis, le club de Scrabble et le centre communautaire Saint-Benoît. M. Labrecque a aussi été président du club cycliste Les Cyclones de Granby. Il ne s'est pas exprimé à sa sortie du tribunal.