Joanne Ouellette réagit au projet de loi 9 qui réforme l’immigration au Québec, notamment en matière de compétences et de langues.

Immigration: la CAQ est sur la bonne voie, selon Joanne Ouellette

La réforme sur l’immigration de la CAQ a du bon, croit la directrice de Solidarité ethnique régionale de la Yamaska (SERY), Joanne Ouellette, surtout en ce qui concerne les compétences recherchées chez les immigrants.

« Qu’on arrête de faire venir des immigrants qui sont obligés de retourner aux études », dit-elle depuis longtemps. Le dossier de la reconnaissance des diplômes est récurrent dans les revendications de celle que plusieurs surnomment la « maman des immigrants ».

Selon elle, il ne sert à rien d’accepter des immigrants qualifiés si le gouvernement du Québec et les ordres professionnels refusent de reconnaître leurs compétences.

Via le projet de loi 9, le gouvernement caquiste souhaite notamment imposer des conditions qui permettraient de satisfaire les besoins régionaux ou sectoriels de main-d’œuvre.

« Je suis d’accord qu’ils fassent venir des gens selon nos besoins et qu’on les fasse travailler, commente Mme Ouellette, qui n’avait toutefois pas eu l’occasion d’éplucher dans le détail le projet de loi. Les industries font venir du monde de partout pour trouver de la main-d’œuvre. Je suis d’accord qu’on comble nos besoins pour que nos industries ne plantent pas alors qu’elles sont en pleine croissance. »

Améliorer la francisation

Quant à l’intégration linguistique, elle n’y voit pas de problème puisque, déjà, les résidents permanents qui souhaitent devenir citoyens canadiens doivent passer les examens en français ou en anglais. « Au Québec, dans la plupart des professions, tu peux parler anglais. Mais c’est sûr que t’es mieux de parler français dans une ville comme Granby. »

Joanne Ouellette croit cependant qu’il devra y avoir une refonte des cours de francisation. « Il faut qu’ils fassent en sorte que les gens l’apprennent, le français. Il y a 21 ans, les immigrants passaient six mois en francisation et ils étaient capables de bien se débrouiller. Maintenant, c’est un cours d’un an et certains ne sont pas capables de parler français à la sortie. »

Il faudra donc plus de budget, mais aussi que les cours débutent avec un nombre minimal d’étudiants revu à la baisse. À Granby, le nombre d’inscrits doit être de plus de 15 personnes pour que le cours de francisation démarre. Certains peuvent attendre des mois avant de pouvoir étudier. « Qu’ils réduisent le nombre minimal et les gens vont apprendre plus vite. »

Valeurs

La directrice de SERY croit aussi que les valeurs québécoises doivent être connues par les nouveaux arrivants. « Ils doivent s’habituer à notre vie. On n’est pas en Asie ni en Afrique. Ce n’est pas pareil ici », répond celle qui ne s’oppose toutefois pas au port de signes religieux.

La CAQ souhaite imposer un test de connaissances des valeurs québécoises et un autre de français trois ans après l’arrivée des immigrants.

Le parti au pouvoir veut aussi annuler 18 000 dossiers non traités qui s’accumulent depuis 10 ans et qui ont été présentés dans le cadre du Programme régulier des travailleurs qualifiés avant le 2 août 2018. Les demandeurs seront remboursés.

Les personnes qui désirent toujours venir travailler au Québec devront refaire une demande. Ce sera une occasion de sélectionner des travailleurs qui répondront aux besoins, croit Mme Ouellette. Cet élément ne concerne pas sa clientèle qui, pour obtenir les services de SERY, doit déjà avoir franchi ces étapes.