On voit ici une ébauche de l’immeuble projeté à l’angle des rues Élisabeth et Champagne.
On voit ici une ébauche de l’immeuble projeté à l’angle des rues Élisabeth et Champagne.

Immeuble de 16 logements à Bedford: la Ville prend le pouls des citoyens

Jean-François Guillet
Jean-François Guillet
La Voix de l'Est
Les élus de Bedford s’apprêtent à autoriser la construction d’un immeuble résidentiel de 16 logements, à l’angle des rues Élisabeth et Champagne. Plusieurs dérogations aux règlements de zonage et de lotissement sont nécessaires pour que le projet puisse voir le jour. Les citoyens pourront se prononcer à ce sujet le 19 août lors d’une consultation publique.

Le maire de Bedford, Yves Lévesque, est d’avis que la municipalité ne peut passer à côté d’une telle «opportunité». «Ça répond à un besoin criant de logements de qualité à Bedford. C’est donc un projet qui est le bienvenu.»

Le directeur général Guy Coulombe abonde dans le même sens. «Des logements neufs, il n’y en a pas beaucoup à Bedford. Et bien entretenus, qui respectent un certain standard, il n’en pleut pas», a-t-il imagé.

Le projet permettrait également la rétention d’effectifs d’usines locales, estime M. Lévesque. «On a des besoins de main-d’oeuvre avec nos employeurs principaux, Koyo, Graymont et Bonduelle. Mais les gens ne restent pas à Bedford parce qu’ils ne trouvent pas de logis à leur goût. Le 16 plex est une option pour eux.»

Dérogations

En fait, le projet avait été présenté une première fois dans le cadre d’une consultation publique, alors qu’il était impossible de tenir de telles séances en personne en raison des règles sanitaires liées à la pandémie.

Or, l’initiative est assujettie à un projet particulier de construction, de modification ou d’occupation d’un immeuble (PPCMOI). Parmi les dérogations aux règlements, notons qu’il s’agirait d’un immeuble de trois étages, alors que le zonage actuel n’en permet que deux. De plus, il s’agit d’un secteur industriel. Les élus doivent donc autoriser la classe «résidentielle multifamiliale».

La construction nécessite aussi une «marge de recul arrière de 6,10 mètres», alors qu’elle devrait être minimalement de 7,6 mètres. Étant donné l’envergure du bâtiment, une aire de stationnement devrait être aménagée sur un terrain juste en face, «à une distance de 1,22 mètre de la ligne de propriété ouest, alors que le minimum est de 2,5 mètres». Un tel immeuble à logements multiples devrait également être érigé sur un terrain d’une superficie minimale de 2960 mètres carrés, tandis que le site ciblé fait un peu moins de 2000 mètres carrés.

L’immeuble serait érigé sur un site inutilisé depuis une quinzaine d’années. L’aire principale de stationnement serait aménagée sur le terrain en face.

Réactions

Le projet a récemment suscité des réactions partagées chez les citoyens sur les réseaux sociaux. «Je crois qu’il manque de 5 1/2 à Bedford, mais un 16 logements... Je crois que des triplex seraient beaucoup mieux», a fait valoir Mélanie Lévesque.

«C’est énorme un 16 logements surtout dans ce quartier de la ville en plus l’architecture ne fit pas avec les bâtiments des environs, a pour sa part indiqué Catherine Ménard. Ça va être le bâtiment le plus haut de la ville, je ne trouve pas ça normal.» «Il y a plusieurs places pour ce genre de logement... juste pas là. Avoir un trois étages en avant de chez toi et le trafic que ça va amener, on n’en veut pas», a affirmé de son côté Patricia Gardner.

D’autres citoyens voient les choses d’un autre oeil. C’est le cas de Robert Casey. «Si on se rappelle des bonnes années de Exeltor,Torrington Eastern rebuilders, et Lightning fasteners et Hotel Riverview, il y avait des centaines de véhicules aux heures de pointe jour et nuit et personne ne s’en plaignait, a-t-il écrit. Ayant vécu près de là, on était habitués au trafic.»

«Un 16 plex à Bedford loué à des nouveaux résidents. Une augmentation de 5% de la population. Vraiment triste de voir l’opposition à ce projet sur un terrain qui ne fait rien depuis 30 ans», a déploré Pascal Messier.

Le maire se dit prêt à prendre le pouls des citoyens. «Si le conseil de ville revient une deuxième fois avec le projet [en consultation], c’est parce qu’il y a eu un manque d’informations de la population. On va écouter les citoyens, mais on doit aussi leur donner notre point de vue. Il n’y a rien de décidé encore. On chemine.»

La seconde assemblée de consultation aura lieu mercredi prochain, à 19h à la salle Arlène-Murray du centre communautaire Georges-Perron.

Le maire et le DG de Bedford, Yves Lévesque et Guy Coulombe, sont d’avis que le projet est une «opportunité» pour la municipalité.

Intégration

Yves Lévesque a concédé que l’ampleur de l’immeuble, qui comprendrait des logements d’une superficie avoisinant 1000 pieds carrés, a amené les élus à prendre un pas de recul.

«Quand le projet a été déposé initialement, on a tous eu une réaction parce que le bâtiment est imposant. De l’autre côté, quand on s’arrête un peu, on constate qu’il y a plusieurs points positifs. Entre autres un ascenseur pour les gens à mobilité réduite. C’est un atout important.»

Selon le maire de Bedford, le terrain où doit être implanté l’immeuble est inutilisé depuis une quinzaine d’années. De plus, l’intégration de l’immeuble ne poserait pas de problème, a-t-il fait valoir. «C’est déjà une rue avec des arbres matures. Ça améliorerait le côté résidentiel de la rue Élisabeth. C’est un milieu de vie intéressant qui s’agence très bien avec les bâtiments des alentours.»