François Bonnardel avoue que son « grand rêve » serait d'être enfin porté au pouvoir pendant son passage en politique.

Il y a 10 ans, la vague adéquiste déferlait

Il y a 10 ans, le 26 mars 2007, une vague adéquiste a déferlé sur le Québec. Quarante et un députés de la formation politique de Mario Dumont étaient portés au pouvoir, devenant l'opposition officielle à l'Assemblée nationale. François Bonnardel et Éric Charbonneau y ont célébré leur première élection. Retour sur leur expérience.
François Bonnardel: « le grand rêve » du député de Granby
« C'était un rêve », dit le député de Granby, François Bonnardel, 10 ans après avoir été élu sous la bannière de l'ADQ dans la circonscription qui s'appelait alors Shefford.
« Je savais qu'il y avait une base forte adéquiste dans la région et, dès 2006, je m'étais mis à la tâche en faisant du porte-à-porte, pour me faire connaître des gens, pour leur montrer que j'étais là », se rappelle François Bonnardel, qui avoue avoir ressenti une énorme attirance envers la politique. 
Bien qu'il ait été nommé whip dès sa première élection en 2007, ce qui lui a valu de « plus grosses responsabilités », le député estime que « le vrai apprentissage » s'est fait entre 2008 et 2012, après la cuisante défaite de l'ADQ. Il a fait partie des sept adéquistes élus en 2008. Pour M. Bonnardel, ce fut par une faible majorité de 70 voix. « Le mot d'ordre, c'était d'y aller un mois à la fois, de remonter le parti point par point, se rappelle-t-il. On a remonté, on a ramé où il n'y avait pas d'eau. On a traversé le désert avec Gérard Deltell, en fait. »
La fusion de l'ADQ avec la CAQ au tout début de 2012 a « permis d'offrir une option crédible aux libéraux et aux péquistes à la population ». « On voyait la CAQ qui remontait dans les sondages et qu'on allait se battre sur les mêmes enjeux pas mal. À un moment, la fusion devenait inévitable et on a sauté à pieds joints dans cette aventure », lance M. Bonnardel. 
Un grand rêve
Un rêve qu'il lui reste à réaliser ? « J'ai toujours dit qu'il fallait apprendre à se retirer au bon moment. J'ai toujours la passion et je n'en suis pas encore là. Mais si j'ai à me retirer un jour et que je n'ai pas été au pouvoir, je devrai dire que j'aurai échoué mon grand rêve », avoue François Bonnardel. 
Il regarde quand même son parcours politique avec fierté, puisqu'il a fait « avancer plusieurs dossiers dans la région ». « Je suis natif de Verdun, mais ici, c'est rendu chez nous et je suis prêt à aller au front pour mon monde. J'ai toujours été authentique pour eux », affirme le député de Granby. 
Mais il avoue que quelques réalisations restent à accomplir, comme le dossier de l'élargissement de la route 139, entre l'autoroute 10 et la rue Dufferin, où des problèmes de congestion sont récurrents. « Je me suis entretenu avec la direction régionale du MTQ et on va travailler fort pour que ça devienne un succès », confirme Bonnardel. 
Il admet également qu'il aurait aimé que l'hôpital de Granby rénove son centre mère-enfant ainsi que son centre des soins intensifs. « Il nous faut une solution dans ce dossier », lance Bonnardel.
« Mais l'élection de 2018 va chambarder le paysage politique québécois, selon moi. On voit des changements partout dans le monde et je ne crois pas que le Québec sera épargné », conclut-il, confiant de voir la CAQ prendre le pouvoir à ce moment-là.
Le maire d'Acton Vale et ancien député adéquiste de Johnson, Éric Charbonneau, « ne dirait pas non » à un retour.
Éric Charbonneau: « pas non à un retour »
L'engouement de la population. Éric Charbonneau, élu dans la circonscription de Johnson en 2007, va s'en rappeler toute sa vie.
« Les gens voulaient du changement. Ç'a été une grande année où j'ai beaucoup appris. En étant dans un contexte minoritaire, ça allait très vite et il a fallu mettre les bouchées doubles », confie celui qui est aujourd'hui maire d'Acton Vale, en entrevue avec La Voix de l'Est
C'est alors la première fois qu'il est élu. « Ça, tu t'en rappelles longtemps : l'euphorie­ d'être élu ! »
Avec le recul, il fait remarquer que les députés adéquistes étaient moins considérés par leurs pairs de l'Assemblée nationale, puisque pratiquement tous étaient sans expérience en politique provinciale. « Mais par la suite, plusieurs ont quitté les rangs et décidé d'aller dans d'autres partis », se rappelle-t-il.
La défaite, un an plus tard, a fait mal. « Moi le premier, je n'aime pas perdre. Ça m'a affecté, c'est certain. C'est un constat d'échec », laisse tomber Éric Charbonneau. L'ADQ voit alors son nombre de députés élus dégringoler de 41 à 7.
Mais l'ancien député de Johnson avoue être bien retombé sur ses pattes. En 2009, il est élu maire d'Acton Vale, poste qu'il a occupé sans interruption jusqu'à aujourd'hui. « Je ne te cacherai pas que mon expérience en politique provinciale n'a pas nui. Tu connais comment ça fonctionne, les rouages de la politique provinciale semblent moins compliqués­ », souligne M. Charbonneau.
Depuis, il dit se sentir très à l'aise dans son rôle de premier magistrat. « Tu peux bouger plus facilement, tes décisions ont plus d'effet. Comme député, c'est plus difficile de changer les choses. Quand tu es maire, tu as plus de pouvoir décisionnel », estime-t-il.
Un retour en politique provinciale ? 
Pas impossible. « Ça a été une très belle expérience. Je ne te dirais pas que j'y retournerais pas. Je ne dis pas non à un retour. On verra », dit M. Charbonneau, qui se donne encore un autre mandat au municipal avant de prendre sa décision. 
« Ça ne serait pas avec le PQ. Mais je ne suis pas assez avancé dans mes réflexions pour te dire si j'irais avec la CAQ ou le Parti libéral du Québec », poursuit-il.
Toutefois, lorsqu'il regarde ce qu'est devenue l'ADQ, aujourd'hui la CAQ, depuis la fusion de 2012, il croit qu'il s'agit d'une alternative crédible pour les Québécois. « Avec des gars comme André Lamontagne (actuel député de Johnson), François Legault ou François Bonnardel, je crois que ça pourrait fonctionner », lance Éric Charbonneau.
« Mais un gars comme Mario Dumont devrait faire un retour en politique. Les gens ont appris à mieux le connaître dans les médias et il est très respecté. Je crois qu'il pourrait faire un bon premier ministre et qu'il a encore à apporter au Québec », lance avec conviction le maire d'Acton Vale.