Les enfants de la classe Indigo, à l’école de la Moisson-d’Or, à Saint-Alphonse-de-Granby, ont écrit une suite à la trilogie de Chester, de Mélanie Watt. ­­­

Huit élèves autistes jouent un tour à Chester

La trilogie de Chester n’a pas de suite ? Il n’y a qu’à la créer. C’est ce que se sont dit les élèves de la classe Indigo de l’école primaire de la Moisson-d’Or. Avec l’accord de l’autrice Mélanie Watt, les huit élèves autistes de la classe se sont mis à la tâche.

C’est avec une immense fierté que les garçons ont lu le résultat de trois semaines de travail devant leurs parents, jeudi après-midi. Un livre de 33 pages a été relié et remis à chacun d’eux.

Les livres de Chester, ce chat qui s’immisce dans l’histoire que tente de créer Mélanie Watt, sont usés. Ils sont lus fréquemment par les enfants de la classe.

« On était déçu qu’il n’y avait que trois livres, raconte Nathaniel Jolin, âgé de 10 ans. J’ai proposé de faire une suite parce qu’on aime les livres de Chester. »

La permission a été demandée à Mélanie Watt par l’entremise de son éditeur. Elle a accepté avec plaisir et attend sa copie du bouquin.

À qui le tour ?

« Lorsqu’on leur a annoncé qu’on voulait écrire la suite de Chester, le premier exercice qu’on a fait était de trouver le gros tour qu’on voulait jouer à Chester, explique l’enseignante Caroline Van Winden. Mélanie Watt joue toujours un tour à Chester à la fin de ses livres. Chaque ami a fait des dessins et on est passé aux votes. C’est le tour de Nathaniel qui a été retenu, qui est de mettre Chester au-dessus d’un volcan et de faire brûler son poil. Après, on a bâti notre histoire pour se rendre à ce tour-là. »

Mme Van Winden, l’éducatrice spécialisée Karine Courtemanche et la stagiaire en adaptation scolaire Geneviève Pilon ont trouvé un illustrateur qui a lui aussi le trouble du spectre de l’autisme, Jonathan Proulx. La rencontre a été parfaite.

Il a passé quelques heures avec la classe pour dessiner les scènes qui se retrouvent dans le livre. « On trouvait que c’était merveilleux parce qu’il est autiste, ils peuvent se comprendre, remarque Mme Van Winden. On trouvait que c’était un bel exemple pour nos élèves. »

Ce sont d’ailleurs les enfants qui ont colorié les dessins. « On avait une équipe qui dessinait les volcans, une autre pour les Chester, les arbres, etc., pour qu’il y ait une continuité dans le livre, précise l’enseignante. On a travaillé la collaboration, l’acceptation des idées des autres, la tolérance, la respiration... »

Mme Pilon terminait officiellement son baccalauréat jeudi, jour du lancement du livre des enfants, qui était aussi son projet de stage.

« C’est un cadeau »

« Mon parcours se termine, donc de terminer avec un aussi beau projet, c’est un cadeau, confie Mme Pilon. Je retiens que rien n’est impossible. On est parti d’une petite idée et c’est devenu un vrai livre. On a eu du fun. Oui, on a eu des périodes plus difficiles, mais on a été capable de gérer ça. J’ai été épatée de voir qu’on pouvait aller aussi loin avec eux. »

La classe Indigo est composée de huit garçons autistes ou en attente d’un diagnostic. Ils sont âgés entre 6 et 12 ans.