Héritage Sutton bénéficie d'une subvention de plus de 100 000 $ pour l'aider à préserver et mettre en valeur son histoire locale à travers le récit de vie de ses aînés.

Héritage Sutton donne la parole aux aînés

Héritage Sutton a reçu une subvention de plus de 100 000 $ pour l’aider à préserver et mettre en valeur son histoire locale à travers le récit de vie de ses aînés. La ministre responsable des Aînés et de la Lutte contre l’intimidation, Francine Charbonneau, lui a octroyé 106 200 $ sur deux ans dans le cadre du programme Québec ami des aînés (QADA).

« C’est une très bonne nouvelle. Ça va nous permettre d’engager quelqu’un pour coordonner le projet afin de travailler de façon structurée et avec de bons aspects techniques », a réagi mercredi la présidente de l’organisme, Jeanne Morazain.

Le projet s’échelonnera sur deux ans et est divisé en trois phases. La première vise d’abord à transférer les entrevues déjà réalisées sur des supports numériques, à les indexer et à les transcrire, s’il y a lieu, explique Mme Morazain.

Entre 1960 et 2010, raconte-t-elle, près de cent récits de vie ont été recueillis auprès d’aînés de la région, mais ceux-ci sont souvent enregistrés sur des supports désuets et difficilement consultables, ce qui nuit à leur mise en valeur. « On a plein de renseignements précieux, mais on ne peut pas s’en servir. C’est comme si on avait une mine d’informations, mais qu’on n’en fait pas l’extraction », illustre-t-elle.

Ces témoignages remontent aussi loin qu’à la fin du 19e siècle et abordent des thèmes aussi variés que « comment c’était d’aller à la petite école de rang » au quotidien durant la Deuxième Guerre mondiale, en passant par les journées de travail sur les trains. « À travers les différents témoignages, on voit que des choses se recoupent, ce qui nous donne une bonne idée de comment ça se passait dans ce temps-là », fait valoir Mme Morazain.

Bien sûr, les témoignages des personnes clés du développement de la région sont pertinents à recueillir, mais ceux de Monsieur et Madame Tout-le-Monde le sont tout autant, ajoute-t-elle. « Tout le monde à quelque chose à dire. »

Une fois le travail de mise à niveau compléter, Héritage Sutton aimerait faire l’analyse de tous ces récits pour tirer un portrait de l’histoire locale.

Enrichir le fonds
Dès l’automne, l’organisme aimerait entamer la deuxième phase du projet, qui consiste à continuer d’enrichir ce fonds de récits des aînés. Déjà, il possède une longue liste de personnes à interviewer. Fait intéressant, ce sont les proches des personnes âgées qui mèneraient ces entrevues. « On veut que ce soit basé sur une relation de confiance, une conversation entre une fille et sa mère, ou encore des petits-enfants et leur grand-père », mentionne Mme Morazain.

Outre des entrevues individuelles, des rencontres autour de photos anciennes et des ateliers entre aînés et plus jeunes seront organisées, le tout enregistré sur support audio ou vidéo. « Ça crée vraiment une dynamique différente », fait valoir la présidente d’Héritage Sutton.

Le troisième volet du projet concernera la mise en valeur de tous ces renseignements recueillis. Pour ce faire, plusieurs pistes sont explorées, comme de courtes mises en scène basées sur des témoignages et présentées sur scène devant public, des expositions, des projets éducatifs et la parution d’articles dans les Cahiers d’histoire d’Héritage Sutton.

À noter que l’organisme s’est associé à deux partenaires pour mener à bien son projet, soit le Comité de gestion de la salle communautaire de Sutton Junction, et le Cœur du village et la salle Alec & Gérard Pelletier.

Pour plus d’information, visiter le www.heritagesutton.ca.