On voit ici le tout nouveau circuit intégré BOS1211 de Boréas, dévoilé mardi au CES à Las Vegas.

Hautes technologies: Boréas poursuit sur sa lancée

Boréas est à nouveau sous les projecteurs à la grand-messe de l’électronique, qui se déroule à Las Vegas jusqu’au 10 janvier. Cette fois, l’entreprise de Bromont spécialisée dans les semi-conducteurs y dévoile son plus récent circuit intégré, le BOS 1211. Cette innovation doit marquer un jalon dans le développement et la commercialisation d’interfaces tactiles.

Depuis quelques années, les technologies haptiques (relatives au toucher) connaissent une croissance exponentielle dans le monde de l’électronique. Boréas s’est taillé une place de choix dans cet univers. Après avoir frappé un grand coup en lançant son produit phare, le circuit intégré hyper performant BOS 1901, la jeune entreprise s’est associée au géant TDK en mai dernier. Le gigantesque marché automobile est la cible avouée du duo avec le petit nouveau, le BOS 1211, présenté mardi au Consumer electronics show (CES). « On voit dans les voitures des écrans tactiles de plus en plus gros. C’est une distraction pour les conducteurs. En ajoutant des fonctions haptiques, ça permet de les utiliser de façon plus sécuritaire en gardant les yeux sur la route », a cité en exemple le président-directeur général de Boréas, Simon Chaput.

Le nouveau module de contrôle d’actionneurs électroniques spécialisés (piézoélectriques pour les initiés) est en fait un dérivé de son prédécesseur qui, selon Boréas, est six fois plus rapide que la concurrence tout en consommant dix fois moins d’énergie. Le BOS 1901 a des débouchés dans le créneau des petits appareils électroniques, comme les montres connectées, les cellulaires, les équipements de réalité virtuelle et augmentée puis les jeux vidéo. Or, contrairement au BOS 1211, il n’a pas les caractéristiques pour répondre aux besoins de l’industrie automobile, qui requiert souvent des actionneurs de plus grande capacité.

Le PDG de Boréas, Simon Chaput

Vitrine

À ce jour, Boréas travaille avec une dizaine d’entreprises oeuvrant dans le créneau automobile. En fait, la compagnie, établie dans le Centre de recherche en microélectronique de Bromont (C2MI), voit le CES comme une « excellente vitrine » avant de lancer en 2021 la production à grande échelle du BOS 1211. « On veut dire aux clients automobiles, qui ont souvent de très longs cycles de développement, qu’il est possible d’avoir accès à notre circuit pour trouver des solutions pour les prochaines générations de véhicules », a indiqué Simon Chaput.

Une des principales caractéristiques de cette révolution consiste à retirer tous les boutons externes (volume, mise hors tension). Ceux-ci sont alors remplacés par des applications haptiques donnant la sensation de relief sur l’écran tactile via un mode de vibration pour les localiser, accroissant ainsi la fiabilité des appareils. Boréas évoque que cette technologie permet notamment de réduire de 19 % le laps de temps où le conducteur quitte la route des yeux.

Cette rétroactivité améliore aussi les performances et la qualité d’ensemble des contrôles tactiles, qui remplacent les boutons traditionnels que l’on retrouve sur les volants des voitures. Idem, entre autres, en ce qui concerne l’ajout de technologies haptiques dans les sièges ainsi que dans les pédales d’accélérateur ou de freins pour garder le conducteur sur le qui-vive.

Projets

Les bonnes nouvelles se succèdent pour Boréas depuis sa fondation en 2016. Et pas question de baisser la cadence. En parallèle avec le lancement du BOS 1211, la quinzaine d’employés de la compagnie planche sur une foule d’autres projets, dont la teneur ne peut être dévoilée pour l’instant, secret industriel oblige. De nouveaux effectifs devraient se greffer à l’équipe en 2020, a mentionné le PDG.

Un déménagement est également dans les cartons. « On devrait rester encore de 12 à 18 mois au C2MI, a fait valoir Simon Chaput. Ensuite, on aimerait bien avoir une adresse sur le boulevard de l’Aéroport à Bromont. »