L’heure était à l’entraînement radiophonique, vendredi, pour Louis-Félix Germain-Béland, Louis-Philippe Gibson, Rosemarie Bergeron et Renaud Gagnon, sous les conseils d’Olivier Chagnon (à gauche), animateur à M105.

Haute-Ville aura sa station de radio

Assis autour d’une table posée sur la scène de l’auditorium de l’école secondaire de la Haute-Ville, quatre élèves s’exerçaient à l’animation, vendredi.

Ils ne feront pas semblant longtemps. La station de radio étudiante Fréquence HV doit voir le jour en février 2020 et sera accessible partout à la faveur d’une application disponible sur internet, une première au Québec selon la direction de l’école.

Le temps presse, donc, pour Louis-Félix Germain-Béland, Louis-Philippe Gibson, Rosemarie Bergeron, Renaud Gagnon et leur vingtaine de collaborateurs pour apprendre les rudiments des métiers d’animateur, de chroniqueur et de journaliste radio.

Heureusement, ils sont entre bonnes mains, eux qui sont entraînés par Olivier Chagnon, animateur à m105 et professeur de chant qui a lui-même fréquenté l’établissement de la rue Lansdowne dans un passé pas si lointain.

« J’ai fait beaucoup de spectacles et de comités ici, j’étais impliqué dans tout et j’aurais aimé faire de la radio ! », dit le touche-à-tout artistique de 23 ans.

Démarrage et habillage

Il revient à Haute-Ville par la grande porte, donc, et avec l’assentiment de la direction qui a accepté de soutenir ce projet parce que c’est lui qui l’a proposé.

« Avec un no-name, on aurait dit non ! », reconnaît Gabriel Brosseau, directeur adjoint de l’école de la Haute-Ville. 

Olivier Chagnon a lui-même conçu l’« habillage » ou thèmes des différentes émissions qui seront présentées à cette station qui se voudra essentiellement musicale et aux accents pop, rap et hip-hop. 

« On veut que les jeunes tripent et écoutent leur musique, dit M. Chagnon. On veut que ça les touche. Ça peut même devenir une référence. »

« Je suis persuadé qu’on voudra nous imiter », dit M. Brosseau, qui voit cette activité comme un outil de plus pour favoriser la persévérance scolaire.

Il n’est pas exclu, non plus, que Fréquence HV s’autofinance à long terme grâce à la publicité.

Quotas et contraintes

Car tout est fait de façon réglementaire et professionnelle. « On a nos licences et on paie nos droits à la SOCAN (NB : la Société canadienne des auteurs, compositeurs et éditeurs de musique) », dit Olivier Chagnon.

Les animateurs et directeurs musicaux devront donc respecter un quota de 65 % de musique francophone.

« Ça les oblige à chercher et à faire des découvertes », dit le manitou de Fréquence HV, qui reconnaît que les adolescents, de façon générale, écoutent peu la radio.

Mais les animateurs Louis-Félix Germain-Béland, Louis-Philippe Gibson et Renaud Gagnon, tout comme la journaliste Rosemarie Bergeron, sont prêts à relever le défi.

« C’est un peu stressant au début, avec le timing et les contraintes », dit Louis-Félix. « Mais c’est un beau projet et on pourra être entendus à la grandeur de la province », ajoute Louis-Philippe.

« Et même si on ne veut pas faire ça plus tard, ça ajoute une corde à notre arc », dit Renaud.

Les artisans de Fréquence HV bénéficieront également du soutien de ceux de m105, qui les aideront à peaufiner leur art. Les quatre premiers mousquetaires ont d’ailleurs assisté à l’animation de l’émission matinale m105 le matin, vendredi.

« La radio, c’est jouer avec le temps, dire les bonnes choses et être nous-mêmes... tout en parlant dans le vide ! , illustre Olivier Chagnon. J’ai confiance. Ils partent de zéro, mais ils sont très allumés. »