Le conseiller municipal responsable des finances, Jocelyn Dupuis, a présenté une partie du budget adopté lundi soir à la Ville de Granby.

Hausse du taux de taxes de 2% à Granby

Les contribuables granbyens devront composer avec une hausse du taux de la taxe foncière de 2 % en 2018... et avec des cônes orange, alors que plusieurs travaux routiers sont inscrits au programme triennal d’immobilisations­ (PTI).

Le taux de la taxe foncière du secteur résidentiel grimpera à 0,8377 $ par tranche de 100 $ d’évaluation dans le secteur Ville et à 0,8478 $ dans le secteur Canton. Une différence qui s’explique par le service de la dette de ce dernier secteur, appelé à disparaître en 2018, a expliqué lundi soir le conseiller municipal responsable des finances, Jocelyn Dupuis, lors de l’adoption du budget. 

Concrètement, le propriétaire d’une maison moyenne, évaluée à 237 000 $, paiera 39 $ de plus en 2018 dans le secteur Ville, tandis que celui du secteur Canton défraiera 44 $. 

Fait important : la hausse du taux de taxe de 2 % est la même pour les commerces et les industries. Aussi, les taxes de services (épuration, eau, matières résiduelles, écocentre, etc.), inchangées depuis 2012, demeurent gelées. 

Cette hausse s’inscrit dans l’esprit du cadre financier adopté par l’administration Bonin lors du précédent mandat. Il est d’ailleurs déjà prévu que les comptes de taxes augmentent à nouveau de 2 % en 2019, malgré le dépôt d’un nouveau rôle triennal d’évaluation. Mais, pour respecter ce cadre, le taux de la taxe foncière sera plutôt revu à la baisse pour limiter la hausse, a déjà laissé savoir Jocelyn Dupuis. 

Cette façon de gérer permet à la Ville d’engranger de nouveaux revenus chaque année pour payer des travaux, plutôt que d’avoir à utiliser la « carte de crédit », a-t-il fait valoir. 

Emprunt plus élevé

Le cadre financier prévoit par ailleurs que la Ville emprunte annuellement un montant équivalent aux remboursements réalisés sur la dette. Mais les élus ont résolu d’y déroger cette année. Le conseil municipal empruntera 1,5 million $ de plus afin de prolonger les services municipaux pour desservir de nouveaux terrains industriels situés de l’autre côté de la route 139. 

Aux yeux du maire, Pascal Bonin, il s’agit cependant d’un « emprunt théorique », car les revenus générés par la vente des terrains devraient permettre d’éponger rapidement ces coûts. 

Le budget adopté lundi soir par les élus est de 104 M $, comparativement à 100 M $ l’an dernier. Le PTI devrait atteindre 22,4 M $. « On est passé d’un PTI de 15 M $ en 2014 à un PTI de 22 M $, payé comptant. (...) D’année en année, la Ville paie comptant une plus grande portion de ses travaux. Nos PTI sont de plus en plus gros, mais ils ne sont pas gonflés artificiel­lement par des emprunts », se réjouit le maire Bonin. 

Alors que les élus ont fixé à un maximum de 3 % l’augmentation des dépenses de fonctionnement, elles n’atteindront que... 0,3 %. Cela s’explique par l’impact de la Loi 15 sur les régimes de retraite, a expliqué la trésorière adjointe à la Ville, Sylvie Chouinard. N’eut été cet impact qui réduit — en 2018 seulement — la masse salariale et les charges sociales, la hausse des dépenses aurait atteint 1,3 % ou 1,4 %, avance le directeur général de la Ville, Michel Pinault. Ce qui demeure « exceptionnel », selon lui.

Le maire Bonin affirme être « très à l’aise » avec le budget adopté, même s’il s’accompagne d’une hausse de taxes. « C’est un budget qui est porté vers l’avenir. Ça fait en sorte que les générations futures vont pouvoir rêver. La Ville progresse­, sans s’endetter­ », dit-il. 

Travaux 

L’année 2018 s’annonce par ailleurs déjà faste en travaux, affirme Pascal Bonin. Près de 75 % du PTI sera investi dans les infrastructures. Parmi les principaux chantiers à prévoir : la réfection, au coût de 1,7 M $, des infrastructures urbaines des rues Horner (de Robinson Sud à Laval) et Laval Sud (de Horner à Sainte-Marie). Des travaux similaires sont aussi planifiés rue Gill (1 M $) et Lyman (400 000 $). La subvention de la taxe fédérale sur l’essence permettra notamment d’assumer ces coûts.

Le prolongement des infrastructures sur le boulevard Industriel, de la rue Bernard à la station d’épuration, entraînera une facture de 2,8 M $. Les travaux de voirie seront en outre complétés sur le 11e rang pour 2,5 M $. Mais la part de la Ville dans ce projet sera réduite, car 75 % des coûts feront l’objet d’une subvention.

Alors qu’elle était de 74,1 M $ en 2016, la dette de la Ville atteint dorénavant 84,3 M $ en 2017. Un bond de 10 M $ qui s’explique par la construction du centre aquatique, a souligné Jocelyn Dupuis. En 2018, la dette devrait grimper à 85,8 M $, dans la foulée de l’emprunt réalisé pour les travaux dans le parc industriel.

Les ratios d’endettement (sur la richesse foncière uniformisée et sur les revenus) continuent à respecter la politique de la gestion de la dette que la Ville s’est donnée, a-t-il été précisé. Le budget détaillé peut être consulté sur le site Internet de la Ville. Même chose pour la carte des travaux prévus en 2018, qui sera actualisée au fur et à mesure que les projets d’asphaltage­ se préciseront.