C'est à Bromont que l'augmentation a été la plus sévère. Le coût de l'or noir y a fait un bond de 18 cents, hier, pour grimper à 1,49$.

Hausse du prix de l'essence: Bromont et Granby y goûtent

La région de Granby n'échappe pas à la forte hausse du prix du carburant amorcée dans la métropole, mardi. Dans la ville du zoo, l'essence régulière se détaillait à 1,47$ le litre, hier, comparativement à 1,39$ la veille.
Mais c'est à Bromont que l'augmentation a été la plus sévère. Aux stations-services de la Ville branchée, le coût du litre de l'or noir a fait un bond de 18 cents, hier midi, pour grimper à 1,49$.
Tout un choc pour les habitués de l'endroit. Depuis trois semaines, ils profitaient d'un prix moindre que la moyenne québécoise. «C'est abominable! , s'est exclamé Robert Leboeuf, de Montréal. C'est toute une augmentation en une seule journée. Quand je pense qu'il y avait une file de voitures ce matin... On aurait dû en profiter!»
À quelques mètres de lui, sous un chaud soleil de septembre, Roma Lemieux termine de faire le plein de son motorisé. Facture totale: 125$.
«C'est trop sec comme augmentation, tranche-t-il. Mais quand bien même je m'arracherais les cheveux, je n'en ai plus.» Il ne rebute pas à continuer de bourlinguer aux quatre coins du Québec. «Nous, on a l'âge de ne pas rester en place. Il faut en mettre de l'argent si on veut voyager. Sinon, le gouvernement va aller en chercher dans les poches des jeunes, plus tard.»
Cathie Poulin, de Shefford, ne s'émeut pas trop non plus de la hausse du prix de l'essence. Mais elle déplore «qu'on n'ait pas de pouvoir là-dessus». «On n'est pas écouté. On a les deux mains liées et on a de la misère à se serrer les coudes.»
«Aucun levier»
Ce sentiment de n'avoir «aucun levier, aucune incidence» sur le coût du carburant est partagé par Sébastien Langlois, de Magog. «On reste assis et on subit. Les pétitions sur internet, je ne pense pas que ça fonctionne. Les pétrolières sont loin de nos préoccupations.»
Son collègue Karl Marcelin, d'Eastman, ne s'explique pas la soudaine hausse. «Est-ce à cause du coût de raffinage? De toute façon, je trouve que tant qu'à taxer le produit autant, ils devraient pouvoir le réguler pour que le prix soit plus stable. Les multinationales font quand même des millions de profits.»
«Difficile de voir que ça reflète quelque chose de réel, dit Robert Leboeuf. On a l'impression qu'on se fait avoir.» «Ce sont les pétrolières qui nous mènent, et on est à leur merci, ajoute Robert Bourassa, de Bromont. C'est à n'y rien comprendre.»
Habitudes
Les automobilistes interrogés hésitent à dire que la hausse changera leurs habitudes. «J'ai besoin de mon véhicule pour travailler, j'ai pas le choix, dit M. Bourasssa. Mais ce sont mes clients qui paient plus, au bout du compte.»
«On essaie de ne pas faire de voyages inutiles, dit Cathie Poulin. Il faut vivre avec. On n'a pas de pouvoir là-dessus. Et je ne peux pas prendre mon vélo pour aller travailler à Granby, c'est trop loin.»
Selon le CAA-Québec, le prix réaliste pour l'essence se situait hier à 1,47$. À Montréal, il se détaillait à 1,53$, le prix le plus élevé depuis 2008.