Des projets réalisés par des enquêteurs du Service de police de Granby ont permis de faire grimper la quantité de stupéfiants saisie au cours des deux dernières années, explique le capitaine aux enquêtes criminelles, Stéphane Cabana.

Hausse des saisies de pot et de méthamphétamine

Le cannabis et la méthamphétamine figurent en tête de liste des substances les plus saisies au cours des trois dernières années à Granby. Les quantités découvertes par les policiers ont par ailleurs explosé en 2016 et 2017.

« On a [enquêté] davantage dans les deux dernières années de petits projets, avec un, deux ou trois enquêteurs pour nous permettre, quand on a de bonnes informations, de les travailler, explique le capitaine aux enquêtes criminelles au Service de police de Granby, Stéphane Cabana. On a eu des opérations où on a réussi à prendre des bonnes quantités. Des fois, on arrive et il y a beaucoup de stock. »

Trente-deux perquisitions ont été réalisées en 2017. À celles-ci s’ajoutent les saisies réalisées par les patrouilleurs sur la route et celles dans les établissements scolaires, par exemple. Trente personnes ont été arrêtées lors des frappes policières.

Les statistiques fournies par le service de police permettent d’établir que le cannabis est une substance fort populaire des consommateurs de drogues. Les quantités de cannabis saisies ont explosé. Près 110 000 grammes de cannabis ont été saisis en 2017 alors que les policiers en avaient découvert plus de 87 500 en 2016. Seulement 7445 grammes avaient été retirés du marché en 2015.

Le constat est sensiblement le même pour la résine de cannabis. Les policiers en ont saisi 1750 grammes en 2017 et 2404 grammes en 2016. Une mince quantité de 91 grammes avait été découverte en 2015.

Par ailleurs, les policiers observent une hausse du nombre de plants de cannabis découverts. Quelque 1454 plants ont été saisis en 2017, comparativement à 1236 en 2016 et à 928 en 2015.

Trente-deux perquisitions ont été réalisées en 2017. À cela s’ajoutent les saisies réalisées par les patrouilleurs sur la route et celles dans les établissements scolaires, par exemple. Trente personnes ont été arrêtées lors des frappes policières.

La « meth », une drogue populaire
La méthamphétamine est la drogue chimique la plus répandue à Granby. Pas moins de 8285 comprimés ont été saisis en 2017, 10 442 en 2016 et 737 en 2015. « C’est beaucoup », affirme le capitaine Cabana, faisant référence aux quantités saisies au cours des deux dernières années.

« Le marché est inondé de cette drogue-là », poursuit-il. Même si le nombre de comprimés qui a été saisi est élevé, cela ne signifie pas pour autant qu’un site de production pourrait être en opération dans la région. « Nous n’avons pas d’indice qui pourrait nous permettre de croire qu’il y a de la production », précise le policier.

Le policier explique que les quantités importantes qui ont été retirées du marché sont le fruit « d’un mélange de bons vendeurs pris sur le fait et de bonnes informations qui nous amènent à réaliser des perquisitions », dit-il.

Le service de police en profite pour mettre en garde ceux qui seraient tentés de consommer ce type de pilules. « Tu ne sais pas ce qu’il y a là-dedans et c’est ce qui est dangereux. Ce n’est pas traité en laboratoire et reconnu. C’est un chimiste en herbe qui a décidé de faire une recette, de mettre ça sous forme de comprimé et de le vendre. Les gens peuvent se faire surprendre par la concentration du comprimé. Ça peut être très nocif et même ultra dangereux pour la santé de la personne », dit-il.

Pas de fentanyl
Le fentanyl a fait des ravages, notamment dans l’Ouest canadien. Quelques personnes ont perdu la vie au Québec après en avoir consommé. Les policiers de Granby confirment qu’ils n’en ont pas saisi à ce jour sur le territoire. Les agents ont tout de même à leur disposition une trousse pour intervenir et saisir du fentanyl en toute sécurité, précise Stéphane Cabana.

Parmi les autres drogues les plus souvent découvertes à Granby, notons la cocaïne (262 grammes en 2017) et les champignons (28 grammes en 2017).

Les policiers assurent qu’ils poursuivent leur lutte aux stupéfiants. « Selon les informations qu’on va recevoir, on va mettre les efforts pour contrer la vente et le trafic de stupéfiants. On ne se fie pas aux quantités. L’important, c’est de continuer à mettre de la pression sur le marché, sur les vendeurs, pour s’assurer d’avoir moins de stupéfiants dans nos écoles et dans nos rues », conclut le capitaine Cabana.