L’augmentation totale des coûts de la SQ pour Rouville est de 538 964 $, moins une aide financière de 288 518 $ octroyée par le ministère de la Sécurité publique­.

Hausse des coûts de la SQ dans Rouville

Six municipalités de Rouville se partageront le quart de million de dollars que coûtera la hausse de leurs quotes-parts à la Sûreté du Québec cette année. Mécontents, des maires exigent des explications.

Les augmentations imposées à Ange-Gardien, Saint-Césaire, Saint-Paul-d’Abbotsford, Rougemont, Sainte-Angèle-de-Monnoir et Marieville varient entre 4,75 % et 9,19 %.

Elles s’expliquent notamment par une hausse rétroactive au 1er avril 2015 du salaire des agents du corps policier provincial et la signature d’une nouvelle convention collective. Celle-ci, en vigueur jusqu’en 2022, prévoit à terme des augmentations salariales de 17,5 %.

L’augmentation totale des coûts de la SQ dans Rouville pour 2018 est de 538 964 $. Avec l’aide financière de 288 518 $ octroyée par le ministère de la Sécurité publique pour éponger la rétroactivité des hausses salariales, les six municipalités concernées débourseront 250 446 $, ce qui représente une hausse de 6,75 % pour ces Villes.

Précisons que Richelieu et Saint-Mathias-sur-Richelieu sont desservies par la Régie intermunicipale de police Richelieu Saint-Laurent.

Facture « assez salée »
Après aide financière, l’augmentation la plus marquée est à Ange-Gardien, qui voit sa quote-part gonfler de 9,19 %, ce qui équivaut à un effort supplémentaire de 31 812 $.

Une facture que le maire Yvan Pinsonneault juge « assez salée ». « On y a goûté, clame-t-il. Le gouvernement nous avait donné un ordre de grandeur de l’augmentation réelle qu’on était censé avoir, et on est loin de ça. »

« C’est un gros morceau à avaler », affirme pour sa part le maire de Saint-Césaire, Guy Benjamin, concernant la hausse imposée de près de 70 000 $ — une augmentation de 7,76 %. Le poste budgétaire alloué au corps policier frôle ainsi les 900 000 $, une somme qui aurait atteint près de 975 000 $ sans l’aide de Québec.

En plus d’avoir réservé 50 000 $ en prévision de cette hausse, Saint-Césaire devra piger 20 000 $ dans ses surplus pour éponger la note, celle-ci lui ayant été acheminée après l’adoption de son budget.

« Personne n’a aimé recevoir la facture après l’adoption des budgets. Ça n’a pas plu, relève le maire de Saint-Paul-d’Abbotsford, Robert Vyncke. Et sans l’aide financière de Québec, les hausses auraient été carrément imbuvables pour certains. »

C’est à Sainte-Angèle-de-Monnoir que la hausse est la moins élevée. À 4,75 %, cette augmentation de la facture entraîne une dépense supplémentaire de 8591 $. « On est une plus petite ville, mais à notre échelle, l’impact est aussi important », indique le maire Denis Paquin. Il puisera dans les surplus pour payer la facture.

Présence policière accrue réclamée
Contrairement à ses homologues, M. Vyncke ne s’indigne pas outre mesure de la hausse des frais (voir encadré). Il s’estime satisfait de la présence policière actuelle sur le territoire de sa municipalité, tout comme M. Paquin.

Sans critiquer la qualité des services reçus, M. Pinsonneault déplore que la présence policière ne soit pas accrue malgré l’investissement plus grand de la part des municipalités.

Guy Benjamin abonde en ce sens. « On a de moins en moins de services, constate-t-il. Par exemple, depuis que le poste autoroutier a été intégré à notre poste, il n’y a plus d’effectifs pour couvrir notre territoire lorsqu’il y a un accident sur l’autoroute. Ils doivent arriver d’ailleurs. »

Même s’il n’est pas touché par la mesure, le préfet et maire de Richelieu, Jacques Ladouceur, s’explique mal lui aussi que les augmentations annoncées ne s’accompagnent pas d’une meilleure offre de service.

« À Richelieu, nous sommes 5500 de population, tout juste un peu moins que Saint-Césaire. Il nous en coûte 880 000 $ pour être à la Régie alors qu’à Saint-Césaire, la facture approche le 900 000 $, compare-t-il. Quand on sait que la régie assure une plus grande présence policière que la SQ... »

Des municipalités réclament une présence accrue des patrouilleurs dans les secteurs scolaires. Une surveillance accrue de l’intersection de la route 112 et du chemin du Vide est aussi demandée. « Pour mieux absorber le choc de la hausse, on a convenu qu’il faudrait un meilleur acte de présence à certains lieux cruciaux », explique M. Vyncke, qui préside le comité de sécurité publique de la MRC.

Des questions
Selon les maires mécontents de cette augmentation, celle-ci ne peut se justifier uniquement par la croissance de leur population et de leur richesse foncière uniformisée. Les élus, qui aborderont le sujet lors d’une prochaine réunion de travail, comptent rencontrer des hauts responsables de la SQ afin d’exiger des explications.

Le sujet sera également à l’ordre du jour de la prochaine séance publique de la table des maires.

MOINS CHER QU'IL Y A CINQ ANS À SAINT-PAUL-D’ABBOTSFORD ET À ROUGEMONT

Malgré l’augmentation de leur quote-part, et grâce à l’aide financière de Québec, deux municipalités de Rouville paient moins cher qu’il y a cinq ans pour être desservies par la Sûreté du Québec.

Du côté de Saint-Paul-d’Abbotsford, l’augmentation de la quote-part se chiffre à 6,75 %, une hausse d’un peu moins de 20 000 $. Or, grâce à l’aide financière de Québec, les services de la Sûreté du Québec sont moins onéreux qu’en 2013. Pour 2018, la facture totale pour Saint-Paul-d’Abbotsford est de près de 312 000 $ ; il y a cinq ans, elle s’élevait à un peu plus de 321 000 $.

« Ces chiffres-là, il faut les relativiser, nuance le maire Robert Vyncke. De notre côté, on regarde le coût par habitant. En comparant 2013 et 2018, on constate que la SQ nous coûte 7 $ de moins par résident aujourd’hui. »

C’est un phénomène similaire qui se produit à Rougemont, où la hausse atteint 6,92 %. Ce faisant, la municipalité devra payer un peu plus de 19 000 $ cette année, la facture de la SQ après aide financière pour la capitale de la pomme atteignant 278 519 $ en 2018. En 2013, les services de la SQ coûtaient près de 289 000 $ à la municipalité. Les coûts avaient même atteint un sommet de 321 509 $ en 2010.