Luc Viens, propriétaire du bistro Le 633 et porte-parole du comité des commerçants du Vieux-Village, est d'avis que le manque de transparence de la Ville est au coeur du litige entourant la hausse de taxes qu'ils doivent «encaisser».

Hausse de taxes à Bromont: grogne chez des commerçants du Vieux-Village

«Vieux-Village à vendre». C'est ce que stipulent des pancartes installées récemment devant plusieurs commerces de la rue Shefford par des propriétaires mécontents, qui jugent injustifiée la hausse de leur compte de taxes.
Lors du dévoilement de son budget 2014, la Ville de Bromont a annoncé une croissance moyenne de 11,2% de la valeur des propriétés. Malgré une diminution du taux de taxation des immeubles commerciaux de la municipalité de 2,09$ à 1,87$ par 100$ d'évaluation, l'accroissement de la facture a fait bondir plusieurs gens d'affaires du Vieux-Village ainsi que des résidants du secteur.
«Mon compte (de taxes) est passé de 2000$ à 4900$. Et je suis loin d'être le seul dans cette situation dans le secteur de la rue Shefford compris entre de Gaspé et John-Savage. Les gens au coeur du Vieux-Village sont vraiment frustrés. Nous avons eu des augmentations qui varient de 40% à 60%. Ça n'a pas de sens!», clame Luc Viens, propriétaire du bistro Le 633 et porte-parole du mouvement contestataire, auquel ont adhéré une vingtaine de personnes.
Transparence
Selon M. Viens, le manque de clarté lors des décisions prises par la Ville est au coeur du litige. «Il y a un manque flagrant de transparence à la Ville de Bromont, s'insurge-t-il. Quand ils ont mis les chiffres dans le boulier pour arriver à l'équilibre budgétaire, les dirigeants avaient besoin de revenus de 24 M$ pour être capables d'avoir un bon fonctionnement. La Ville s'est aperçue qu'avec le nouveau rôle d'évaluation, les petits commerçants "mangeaient" tout un coup. Malheureusement, ils ont banalisé ça.»
Le comité de gens d'affaires du Vieux-Village a donc demandé une rencontre avec la firme qui a évalué les immeubles, en l'occurrence Jean-Pierre Cadrin et associés de Magog. «Les propriétés ont été visitées en mars et en avril 2013. On nous a dit que, dans la dernière année, il y a eu neuf transactions sur la rue Shefford à des prix au-delà de l'évaluation municipale, soutient M. Viens. Donc, l'évaluateur affirme qu'il serait passé pour un incompétent de ne pas avoir vu ça et qu'il n'avait pas le choix de faire grimper la valeur des immeubles de tout le monde en même temps.» Des explications qui ne justifient pas à elles seules que les taxes grimpent de la sorte, estime le porte-parole du mouvement contestataire. 
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