« Trente ans plus tard, c’est le même scénario qui recommence. Ce n’est pas différent de 1990. À un moment donné, il ne faut pas perdre de vue que, quand on est un élu, il y a quelque chose qui reste incontournable : ceux et celles qu’on représente. Il faut en tenir compte. Ils avaient oublié ça dans le temps et ils l’ont encore oublié », a lancé mardi le trésorier national de la Centrale des syndicats démocratiques (CSD), qui a interpellé La Voix de l’Est à ce sujet.

Hausse de salaire des élus: même scénario qu’en 1990

L’histoire se répète, estime Serge Tremblay, ex-porte-parole du Front commun. Ce regroupement avait milité avec force en 1990 contre la hausse de salaire de 13,5 % que les élus granbyens de l’époque souhaitaient s’accorder.

« Trente ans plus tard, c’est le même scénario qui recommence. Ce n’est pas différent de 1990. À un moment donné, il ne faut pas perdre de vue que, quand on est un élu, il y a quelque chose qui reste incontournable : ceux et celles qu’on représente. Il faut en tenir compte. Ils avaient oublié ça dans le temps et ils l’ont encore oublié », a lancé mardi le trésorier national de la Centrale des syndicats démocratiques (CSD), qui a interpellé La Voix de l’Est à ce sujet.

Natif de Granby, Serge Tremblay affirme avoir encore « à cœur » les gens qui y habitent. Il continue ainsi à suivre de près la politique municipale. La récente révision à la hausse du salaire des élus — de 15 % pour le maire et de 17,5 % pour les conseillers en 2018 — l’a fait bondir. D’autant plus qu’il avait jadis mené sa bataille avec l’ex-syndicaliste devenu conseiller municipal, Robert Vincent. Un changement de cap qu’il trouve « honteux » même si près de trois décennies séparent les deux époques.

Faisant valoir qu’il n’habite plus Granby, M. Tremblay ne sera pas présent lundi prochain, lors de la séance du conseil municipal au cours de laquelle le règlement fixant le traitement des élus sera adopté. Mais il invite « la population à se prendre en main ». En 1990, la mobilisation syndicale et citoyenne avait eu pour effet de faire reculer le conseil municipal.

L’ex-porte-parole du Front commun, Serge Tremblay croit que l’histoire se répète.

Allocation à revoir
Serge Tremblay plaide aussi pour une révision du principe de l’allocation de dépenses à laquelle les élus ont droit. Elle ne favorise plus, selon lui, leur engagement auprès des citoyens.

Les allocations de dépenses imposées par le gouvernement fédéral à partir de 2019, le conseil municipal de Granby a d’ailleurs prévu revoir à la hausse la rémunération de base du maire de 50 % d’un montant équivalant au montant de l’allocation de dépenses auquel il a droit, alors que celle des conseillers sera haussée de 43 % d’un montant équivalant à cette allocation de dépenses.

« L’allocation de dépenses est devenue du salaire déguisé. Ce qu’il y a de plus honteux, c’est que l’ensemble des élus d’une ville, qui n’est pas dans les mieux nanties au Québec, disent qu’eux, ils ne perdront rien et que les citoyens vont payer l’impôt », estime-t-il.

Le maire de Granby aurait pu assurer « un véritable leadership dans ce dossier en réclamant du ministre des Affaires municipales, Martin Coiteux, la fin des allocations de dépenses et la mise en place d’une politique administrative de remboursement des dépenses », croit M. Tremblay. « Le modèle actuellement en place, qui a privilégié, parfois de façon abusive, les élus municipaux, n’a plus sa raison d’être. Il ne colle plus à la réalité d’aujourd’hui. Tout comme le règlement dont Granby veut se doter », ajoute-t-il.

L’ex-Granbyen estime en outre que, dans les circonstances, le conseil municipal devrait attendre avant d’adopter le règlement sur la rémunération des élus afin de prendre davantage le pouls de la population.

La pétition mise en circulation sur le site Avaaz.org par la Granbyenne, Jacynthe Deslauriers, pour s’opposer à la hausse de salaire des élus a d’ailleurs, à ce jour, recueilli près de 1400 signatures, alors que l’objectif a été fixé à 2000. Le conseiller municipal, Jean-Luc Nappert, a aussi exprimé son désaccord, affirmant qu’il aurait été plus à l’aise avec une hausse de salaire de 5 %.