Mécontent de la gestion financière de l'équipe de hockey, un groupe d'actionnaires souhaite récupérer l'argent investi.

Guerre froide entre les actionnaires des Inouk

Rien ne va plus entre les propriétaires des Inouk. Mécontent de la gestion financière de l'équipe de hockey, un groupe d'actionnaires souhaite récupérer l'argent investi.
Ensemble, les petits actionnaires posséderaient environ 45 % des parts de l'équipe. Au cours de la dernière année, ceux-ci sont allés de surprise en surprise en tentant d'obtenir davantage d'informations sur la situation financière du club, selon les informations obtenues par La Voix de l'Est. Ce qu'ils ont appris ne leur a pas plu.
Ces propriétaires reprochent aux autres actionnaires - membres de la famille et amis de la famille Bernard - de les avoir tenus à l'écart de la gestion financière de l'équipe, prétextant que seul le président des Inouk, Marco Bernard, contrôlait les dépenses du groupe. 
Entre autres, l'organisation aurait omis de tenir la comptabilité de l'organisation à jour, de produire et de partager avec tous les actionnaires les états financiers de quatre années, aurait refusé de partager les procès-verbaux des assemblées des actionnaires, voire de convoquer celles-ci. 
Une source prétend également qu'au moins trois actionnaires de la famille Bernard n'auraient jamais fourni de preuve de paiement pour les actions qu'ils détiennent.
À couteaux tirés
Les actionnaires mécontents sont à ce point à couteaux tirés avec le clan Bernard qu'ils souhaitent se distancer de l'organisation­ depuis près d'un an.
Ils auraient demandé les documents comptables des Inouk à plusieurs reprises. En vain. Ce faisant, M. Bernard aurait été mis en demeure trois fois au cours de la dernière année. C'est à ce moment que la demande de rachat des parts aurait été exigée.
« Notre argent, on le considère perdu. On veut simplement prévenir quiconque de ne pas faire confiance à cette équipe d'investisseurs là », avait affirmé un actionnaire désabusé, l'été dernier. Celui-ci n'a pas souhaité commenter le dossier cette semaine.
La Voix de l'Est a tenté de communiquer avec d'autres actionnaires dissidents. L'un d'entre eux a refusé de se prononcer sur la situation en raison du caractère légal de l'affaire ; un autre a décliné­ notre demande d'entrevue.
Joint en après-midi, vendredi, Marco Bernard a nié en bloc les informations transmises au journal. « Il n'y a rien d'intérêt public là-dedans », a-t-il laconiquement répondu.
Or, bien que le président ait démenti avoir été mis en demeure par les actionnaires dissidents, La Voix de l'Est confirme l'existence du document, dans lequel figurent bon nombre des récriminations dont nous avions eu connaissance au préalable.
Le président des Inouk, Marco Bernard, a nié avoir été mis trois fois en demeure par des actionnaires mécontents au cours de la dernière année.
Un malaise qui perdure
La guerre intestine entre les actionnaires des Inouk ne date pas d'hier, tout comme les rumeurs faisant état des déboires financiers de l'équipe de hockey.
Rappelons qu'en mai 2016, le directeur général de l'équipe, Stéphane Mondou, avait claqué la porte du vestiaire, évoquant la « lourdeur » de son travail quand l'entreprise se trouvait en difficulté financière. « Un moment donné, il a fallu personnellement que je finance les activités de l'équipe. En janvier, février, j'ai remis ma lettre de démission. (...) Je devais payer les restaurants des joueurs, le tape et j'ai même avancé de l'argent à un "assistant coach" parce qu'on ne lui donnait pas son dû. Me rembourser ne semblait pas une urgence », avait-il à l'époque déclaré à La Voix de l'Est
M. Bernard avait tôt fait de démentir cette information, assurant que l'équipe remboursait les dépenses du directeur démissionnaire rubis sur l'ongle.
Depuis, c'est Patrice Bosch qui occupe le poste de directeur­ général de l'équipe.
Créanciers
Les Inouk auraient par ailleurs été en situation de défaut de paiement auprès de plusieurs fournisseurs, a-t-on su dès l'été 2016. Plusieurs créanciers seraient des entreprises locales avec qui l'équipe faisait affaire.
La Ville de Granby figurait elle aussi sur la liste des organisations à qui les Inouk devaient alors de l'argent. L'équipe avait accumulé une dette d'environ 20 000 dollars envers la municipalité, une somme que cette dernière a tenté de récupérer par le biais de nombreux­ avis. Ce dû concernait le paiement d'heures de glace, pour lequel le club de hockey avait cumulé un important retard. 
« Il y a plusieurs mois, on a envoyé des avis pour qu'ils (les Inouk) respectent leurs engagements, avait indiqué le maire Pascal Bonin, en juillet dernier. On a envoyé plusieurs lettres, on a mis plus d'emphase depuis le mois de juin, mais il n'y a rien qui est rentré. »
La municipalité avait lancé un ultimatum à la formation, qui devait payer son dû d'ici le lundi 1er août 2016. 
« Régie interne »
Joint le 2 août au téléphone, Marco Bernard avait refusé de commenter l'affaire, affirmant qu'il s'agissait de « régie interne ». « Je ne vois pas en quoi cela serait d'intérêt public », avait-il martelé à quelques reprises lors du bref entretien.
Bien qu'il ait nié avec véhémence que l'organisation ait un quelconque problème financier, il avait plus tard ajouté que la situation actuelle ne compromettait aucunement la présence des Inouk sur la glace granbyenne, avant d'ajouter que « tout était réglé avec la Ville ». Granby avait en effet reçu un chèque de l'organisation, quelques heures à peine après l'appel de La Voix de l'Est au président des Inouk. Un paiement effectué à l'insu des autres actionnaires, soutient­ une de nos sources.