La Ville de Sutton veut notamment acheter deux camions six roues (photo) avec benne.

Grogne citoyenne à Sutton

L’intention de la Ville de Sutton d’emprunter 1,3 million de dollars afin d’acheter plusieurs équipements pour son service des travaux publics suscite la grogne chez des citoyens. La lune de miel avec le nouveau conseil est bien terminée.

D’âpres critiques sont émises par des citoyens sur les réseaux sociaux quant à la décision du conseil d’acquérir trois camions lourds, une camionnette, une rétrocaveuse, une benne et une débroussailleuse. Ils s’interrogent sur la nécessité de procéder à ces achats et condamnent la Ville de tenir le registre sur l’emprunt le vendredi 4 mai alors que les résidants non permanents ne seront pas présents.

Jean Gaudet reproche au conseil d’être avare d’explications dans ses décisions. Les élus doivent prendre le temps de donner des informations aux citoyens, dit-il en entrevue. « Ç’a été décidé comme ça, sans vraiment qu’on nous dise pourquoi. C’est comme ça que l’ancien conseil travaillait. Ce n’est pas ce que les citoyens veulent. »

L’administration municipale semble avoir compris le message et veut calmer le jeu. Elle tiendra samedi prochain une rencontre d’information sur l’emprunt de 1,3 million de dollars. « Il faut expliquer aux gens pourquoi on fait ces achats. Ils veulent plus de détails et je les comprends. Il faut leur donner l’heure juste », dit le maire Michel Lafrance.

L’achat de ces véhicules et équipements est nécessaire pour que les employés des travaux publics puissent effectuer leur travail, soutient M. Lafrance. « On dépense beaucoup d’argent pour entretenir et réparer nos équipements. C’est un indicateur qu’ils ont atteint leur fin de vie utile. Il faut les remplacer », explique-t-il en entrevue.

La Ville n’a pas de système de gestion de ses équipements, déplore M. Lafrance. Une « lacune » qui ne permet pas de considérer leur durée de vie et de planifier leur remplacement, fait-il remarquer. Un tel système éviterait que la Ville doive acheter autant d’équipements au même moment comme c’est présentement le cas, croit-il. « Est-ce que le conseil sortant a pelleté les problèmes en avant ? Je ne le sais pas. Mais on a hérité de ça. »

« On analysait tout »
Le remplacement de ces équipements est demandé depuis quelques années par la direction des travaux publics, a confirmé le directeur général de la Ville, Pierre Largy.

Joint vendredi, le maire sortant Louis Dandenault a expliqué que son administration a renouvelé une partie des équipements des travaux publics durant son mandat, notamment des camions lourds. Les besoins excèdent toutefois les moyens financiers de la municipalité, dit-il. « Quand on préparait le budget, les directeurs de services arrivaient tous avec leur liste d’épicerie. On analysait tout ça de façon serrée, on en discutait et on décidait selon les ressources que la Ville avait et en respectant la capacité de payer des citoyens. »

Quant au choix de vendredi pour tenir le registre, M. Gaudet y voit un manque d’ouverture de la direction générale de la Ville. « Aux élections municipales, on vote le dimanche. Pourquoi ne peut-on pas avoir un registre le dimanche ? »