Le maire Yves Lévesque souhaite adopter le principe de l’utilisateur-payeur pour les installations de Bedford.
Le maire Yves Lévesque souhaite adopter le principe de l’utilisateur-payeur pour les installations de Bedford.

Grogne chez les organismes communautaires de Bedford

Des organismes communautaires de Bedford sont en rogne contre leurs élus municipaux. La nouvelle politique de location des équipements prévoit une augmentation significative de leurs loyers au centre communautaire George-Perron. Le maire Yves Lévesque souhaite en effet adopter une approche basée sur le concept «d’utilisateur-payeur» et éviter que des citoyens des autres municipalités utilisent les installations de la municipalité.

Les Chevaliers de Colomb de Bedford ont bondi lorsqu’ils ont appris le coût de leur nouveau bail. Dans l’état actuel de la politique de location, leur prochain bail annuel passerait de 3900$ à près de 14 000$, soit une augmentation de plus de 350%.

Même situation chez leurs voisins de la FADOQ et du Cercle des fermières de Bedford. Les premiers pourraient voir leur facture grimper de 1500$ à 10 900$ et les seconds de 600$ à 3000$.

Les locataires du centre communautaire payaient auparavant une location dont le coût avait été fixé en 1981, à l’achat du bâtiment de la rue Philippe-Côté, qui abritait auparavant une école.

«À l’époque, on s’était entendu avec la Ville pour faire des rénovations dans notre salle des Chevaliers de Colomb afin de la remettre en état et le bail a simplement été renouvelé d’année en année», assure Pierre-Paul Ravenelle, membre des Chevaliers de Colomb et ancien maire de Bedford, qui est sorti de son mutisme de plus de 30 ans pour se prononcer sur le dossier.

Si la facture avait été adaptée en fonction de l’inflation, le montant initial de 3900$ représenterait 10 405$ aujourd’hui, selon l’outil de calcul de la Banque du Canada.

Utilisateur-payeur

Adoptée à la séance du conseil du 5 novembre dernier, la nouvelle grille tarifaire vise à adapter la location des équipements et de l’immobilier de la ville «au prix du marché» dans une vision d’utilisateur-payeur.

Le maire Yves Lévesque ne s’en cache pas. Il croit que Bedford paie pour ses voisins et souhaite que la situation change. «La majorité des utilisateurs du centre ne sont pas des citoyens de Bedford. Tout dépendant des activités, ça peut monter jusqu’à 45% de citoyens de Bedford, mais il y a presque toujours une majorité de citoyens des autres municipalités», a-t-il expliqué, mardi.

La nouvelle approche de Bedford s’accompagne d’une possibilité pour les organismes communautaires reconnus d’obtenir un rabais sur le loyer correspondant au pourcentage de membres résidents dans la municipalité. Pour le reste de la facture, les organismes sont appelés à faire des démarches auprès des autres municipalités dont les citoyens profitent des installations de Bedford.

«Je trouve ça malheureux que ce soit à nous de faire de la politique», lance le grand chevalier, Gilles Lemaire, qui ne s’attend pas à une réponse positive des autres villes.

Ses voisins de la FADOQ ont tenté leur chance auprès d’autres conseils municipaux pour qu’ils allongent les deniers manquants.

«Nous avons calculé que cela représente 36$ par membre. J’ai écrit aux villes du pôle de Bedford pour leur expliquer la situation et leur demander le montant selon le nombre de nos membres vivant dans leur municipalité. Ce n’était pas de gros montants, mais je n’ai eu que des refus», avoue le président du club FADOQ de Bedford, André Beaumont.

Fermer boutique

Les Chevaliers de Colomb de Bedford comptent des membres dans une trentaine de municipalités de la région. Selon Pierre-Paul Ravenelle, beaucoup de ces chevaliers paient leur cotisation pour soutenir le groupe sans participer régulièrement aux activités.

La FADOQ de Bedford de même que le Cercle des fermières a fait l’exercice de comptabiliser leurs membres selon leur municipalité d’appartenance. La FADOQ compte moins de la moitié de ses 660 membres à Bedford et le Cercle des fermières un peu plus du quart.

«Il y a plusieurs Cercles de fermières qui ont fermé dans les dernières années faute de membres. La raison pourquoi nous avons pu continuer à Bedford, c’est que la ville est un centre qui dessert plusieurs municipalités des alentours», explique la directrice du Cercle des fermières de Bedford, Diane Braie.

Les organismes concernés craignent de ne pas pouvoir chercher le financement nécessaire à l’extérieur de Bedford ni pouvoir assumer l’augmentation de leur loyer avec leurs propres finances.

«On va devoir chercher un nouveau local ailleurs s’il faut payer ce montant-là», assure André Beaumont.

Le maire ouvert à la discussion

Le maire Yves Lévesque assure que la porte est toujours ouverte à la discussion. Il s’est montré ouvert mardi soir à la tenue d’une séance extraordinaire sur le dossier et espère réunir ses homologues du pôle de Bedford et les représentants des organismes pour en discuter.

Il rappelle que les citoyens de Bedford paient près du double de la moyenne nationale pour leurs installations sportives et culturelles.

«Nous serons à l’écoute de notre population. Si les gens tiennent à la gratuité, c’est qu’ils sont prêts à assumer la gratuité pour tous avec leurs taxes», explique-t-il.

Il assure vouloir éviter que les organismes concernés cessent leurs activités en raison de leur loyer.