Pour être conforme aux normes du ministère des Transports, le feu de circulation à l’angle des rues Cowie et Simonds Sud devrait comporter deux têtes installées en aval de l’intersection.

Grave accident coin Cowie et Simonds Sud: le feu de circulation en cause ?

Le feu de circulation à l’angle des rues Cowie et Simonds Sud, où s’est produit un tragique accident la semaine dernière, est non conforme selon les normes du ministère des Transports, a appris La Voix de l’Est. La Ville de Granby envisage depuis longtemps de corriger la situation.

Rappelons que le mardi 5 mars, un véhicule transportant un père et ses deux enfants a été heurté par un camion semi-remorque qui roulait sur la rue Cowie, en provenance de la route 139. Lors de l’impact, la voiture a été projetée contre un autre camion qui était immobilisé à l’intersection, sur la rue Cowie. Le garçon de 12 ans qui a été gravement blessé est hors de danger alors que la fillette âgée de neuf ans lutte toujours pour sa vie.

Après avoir vu des clichés de l’accident sur le site internet du journal, un ingénieur œuvrant dans le secteur des transports a contacté La Voix de l’Est pour lui faire part de ses constats. « J’ai été choqué de voir que le feu de circulation qui gère cette intersection est non conforme », a-t-il fait savoir, réclamant l’anonymat.

Invoquant un article bien précis des normes du ministère des Transports, notre source indique qu’un feu de circulation gérant une intersection doit être composé d’au moins deux têtes de feux devant être installées en aval du carrefour. Il entend par là que pour être conformes aux exigences du ministère, les feux de circulation doivent être disposés sur des poteaux de part et d’autre de la voie, de l’autre côté de l’intersection que l’on s’apprête à traverser.

« On a besoin de deux têtes de feux pour assurer la visibilité du feu chez les conducteurs en cas d’obstruction ou de défaillance d’une d’entre elles », explique l’ingénieur.

« De plus, il faut que ces feux soient en aval de l’intersection, car si un véhicule passe sur la lumière jaune, il doit avoir franchi l’intersection quand la lumière passe au rouge », ajoute-t-il.

Selon lui, la non-conformité du feu de circulation rend la Ville de Granby en partie responsable de l’accident. « Le fait d’avoir une seule tête de feu de circulation pour chaque approche et du fait qu’elle se trouve au centre de l’intersection vient créer un problème majeur de sécurité routière », laisse-t-il tomber, posant l’hypothèse que le chauffeur du camion remorque, au moment de traverser l’intersection, ait obstrué la vue du feu étant donné sa taille imposante.

Exigences du ministère

Vérification faite auprès de la direction régionale du ministère des Transports du Québec, les normes prévoient en effet que deux têtes de feux doivent être installées en aval du carrefour, contrairement à ce qu’on peut observer au coin de Cowie et de Simonds Sud, et même à quelques mètres de là, à l’intersection de Simonds Sud et de la rue Saint-Jacques.

« En vertu du Code de la sécurité routière du Québec, toute personne responsable de la gestion ou de l’entretien de chemins publics est tenue de se conformer aux normes », a fait savoir la porte-parole, Dominique Gosselin.

Elle rappelle que « le Ministère a fixé des exigences en matière de signalisation, dont certaines revêtent un caractère obligatoire, dans le but d’uniformiser la signalisation pour faciliter la compréhension des usagers et accroître la sécurité routière. »

« Le critère le plus important à prendre en compte lors du choix de l’emplacement et de la disposition des feux est leur visibilité, poursuit la porte-parole. En effet, les feux seront plus efficaces s’ils attirent l’attention des conducteurs et s’ils sont aisément visibles. »

Le ministère ne s’est toutefois pas prononcé à savoir si le feu de circulation pouvait être en cause dans l’accident survenu la semaine dernière.

Dans la mire de Granby

Le feu de l’intersection Simonds Sud et Cowie et plusieurs autres sont dans la mire de la Ville de Granby depuis bien longtemps, indique le maire Pascal Bonin.

« On travaille là-dessus [à réaménager le secteur] depuis un bon moment », a-t-il confirmé.

L’élu ne souhaite toutefois pas tirer de conclusion hâtive quant aux causes probables de l’accident. Il préfère attendre de consulter le rapport du service de police à ce sujet, rapport qui n’a pas encore été déposé.

Selon Benoit Carbonneau, coordonnateur à la division ingénierie du Service de planification et de gestion du territoire de la Ville de Granby, le feu installé à cette intersection devait être temporaire lorsqu’il a été installé, en 2008.

Son département œuvre actuellement à élaborer le réaménagement de l’endroit, qui inclut le remplacement des deux feux de la rue Simonds Sud, au coin des rues Cowie et St-Jacques. « Nous avons complété une étude sur le projet en 2018. On a présenté un dossier au conseil et on attend de voir quel scénario sera retenu pour poursuivre », indique-t-il, précisant que les travaux devraient avoir lieu cette année.

UNE INTERSECTION ACCIDENTOGÈNE 

L’intersection des rues Cowie et Simonds Sud a été le théâtre de plusieurs autres accidents et accrochages au cours des dernières années.

Le matin du 19 janvier 2018, une voiture a embouti le côté d’une remorque, emprisonnant sa conductrice. L’enquête policière a démontré qu’un des deux conducteurs n’avait pas respecté le feu de signalisation en omettant de s’immobiliser au feu rouge.

Puis, le 19 août 2014, une femme de 28 ans a subi des blessures mineures alors qu’une collision est survenue entre son véhicule et une autre voiture. Encore une fois, l’un des deux conducteurs avait omis de s’arrêter au feu rouge. 

Moins de deux semaines auparavant, un autre accident s’est produit au même endroit, faisant trois blessés. Cette fois-ci, le conducteur d’un véhicule aurait possiblement brûlé le feu rouge alors qu’il avait les capacités affaiblies. 

En août 2013, la voiture d’une femme enceinte qui circulait sur la rue Cowie a été emboutie par un autre véhicule. Les policiers ont posé l’hypothèse qu’un des deux conducteurs impliqués avait omis de s’immobiliser au feu.

Une collision est également survenue en janvier 2012 entre une automobile et un tracteur de déneigement, entraînant un déversement de carburant sur la chaussée. La cause de l’impact n’avait pas été déterminée.