Alain St-Onge, impliqué dans l’accident de la route qui a gravement blessé deux jeunes femmes, à Shefford il y a un peu plus d’un mois, condamne le manque d’entretien de la route 112 en période hivernale.

Grave accident à Shefford: le MTQ pointé du doigt

Le matin du 17 novembre­ 2017 a changé le cours de la vie de quatre personnes. Il y avait de la neige, la chaussée était glacée. C’était un vendredi. Une conductrice et son amie ont dérapé sur la route 112, à Shefford, avant de frapper violemment un premier véhicule, puis la camionnette d’Alain St-Onge.

De graves blessures ont sérieusement menacé la vie des deux jeunes femmes qui, aujourd’hui encore, continuent leur combat pour recouvrer leur santé. Les deux autres conducteurs ont été blessés légèrement, mais M. St-Onge a gardé des séquelles psychologiques de ce triste événement. 

Rencontré par La Voix de l’Est jeudi, le Granbyen évoque douloureusement cette journée.

« J’en parle beaucoup, mais je trouve ça dur encore. Tu ne peux même pas imaginer... Quand on vit ça, c’est comme frapper un mur, tu n’es plus capable d’avancer. »

Des explications demandées

Le cinquantenaire critique vertement l’entretien de la route 112 qui, selon lui, est toujours glacée en hiver. Il veut que ça change et pointe du doigt le ministère des Transports du Québec.

Il ne peut s’empêcher de comparer l’état des autoroutes bien entretenues à celui du lien passant entre Granby et Waterloo, où il manque régulièrement de sel. 

L’automobiliste réclame des explications des responsables du MTQ.

« Veut veut pas, c’est pas la faute du déneigeur, c’est la faute du système. Va falloir que le gouvernement arrange les choses. [...] Ils mettent des vies en jeu. Laisser de la glace sur les routes, c’est criminel ! »

Il ne condamne pas la date à laquelle les pneus d’hiver sont obligatoires puisque la voiture dans laquelle se trouvaient les deux jeunes femmes en était munie. Avec ou sans pneus d’hiver, la glace ne pardonne pas, clame-t-il.

M. St-Onge croit que certaines décisions budgétaires sont prises au détriment de la sécurité routière. 

Le dimanche suivant l’accident, il raconte avoir pris la route 112 entre Waterloo et Stukely-Sud, et ce tronçon était encore glacé malgré le grave accident survenu deux jours plus tôt. Il n’en revenait pas.

« [L’accident] me revient tout le temps en tête. J’ai tout le temps peur. C’est sûr qu’il faut commencer à se questionner sur l’état de nos routes. Ce n’est pas normal que c’était sur la glace. C’était une journée ben ordinaire où il y a eu un peu de neige et ça a gelé. C’était pas une tempête. »

Des démarches auraient été entamées par les proches de l’une des deux jeunes femmes pour faire élargir la route 112 à cet endroit. 

Ils ont contacté le bureau du député François Bonnardel, mais ils doivent d’abord faire une demande de résolution au Canton de Shefford, puis la faire suivre à leur député.

Un grave accident a eu lieu sur la route 112, à Shefford, le 17 novembre dernier. Deux jeunes femmes étaient dans un état critique à la suite des impacts avec deux voitures qui venaient en sens inverse.

Conséquences psychologiques

Alors que Leïa Mercier et Claudel Chabot continuent de se battre pour recouvrer leur santé, Alain St-Onge doit composer avec les conséquences psychologiques du drame.

Les images repassent sans cesse en boucle dans sa tête. Il revoit leur voiture déraper vers la droite puis rebondir contre l’accotement pour arriver face aux voitures qui arrivaient dans l’autre sens. 

« Le premier véhicule l’a [happé] et l’a ramené sur la route. Elle tournait comme une toupie. Il était trop tard. » Il n’a pu éviter l’impact.

Chaque fois qu’il négocie la courbe où a eu lieu l’accident, les images macabres lui reviennent à l’esprit. 

M. St-Onge compte sur sa conjointe pour l’aider et le supporter. C’est d’ailleurs elle qui a fini de remplir les papiers pour la SAAQ, étant donné qu’il ne pense qu’à Leïa et Claudel, dont il prend régulièrement des nouvelles.

Chaque vendredi depuis le 17 novembre, il va prier pour elles.

Mouvement de solidarité

L’accident a soulevé un important mouvement de solidarité. Une page Facebook « Prions pour elles » a été lancée où prières, vœux et photos y sont publiés. 

Une collecte de fonds a aussi été lancée pour aider la mère de Leïa Mercier, Annie Martin, qui est travailleuse autonome et qui a dû délaisser son travail pour être au chevet de sa fille. 

La collecte Go Fund Me, sous le nom de Supportons Annie Martin, a permis d’amasser plus de 7000 $ jusqu’à présent. 

La sœur de Leïa, Myanda, y a publié un mot de remerciement il y a un peu plus de deux semaines.

« En ces moments extrêmement difficiles, c’est grâce à votre soutien et votre générosité que l’on réussit à trouver la force de traverser cette épreuve et de rester au chevet de Leïa, écrit-elle. [...] Nous sommes sans mots pour vous transmettre à quel point nous sommes reconnaissants pour tous vos dons, quels qu’ils soient, ainsi que vos prières et vos pensées. »