Le psychiatre granbyen André Delorme, directeur de la santé mentale au sein du ministère de la Santé, vient d’être honoré pour sa contribution à l’évolution de la cause.

Un Granbyen parmi les leaders canadiens en santé mentale

Le Québec est un terreau fertile pour les personnalités qui font avancer la cause et les percées médicales en santé mentale à travers le pays. Parmi ce groupe sélect figure le Dr André­ Delorme. Le Granbyen vient d’être honoré puisqu’il est l’un des « 150 leaders canadiens » dans ce créneau.

Directeur de la santé mentale au ministère de la Santé depuis plus d’une décennie et psychiatre depuis 30 ans, le Dr Delorme a toujours un intérêt aussi marqué pour son champ d’expertise. C’est avec grande fierté que le spécialiste a été honoré mercredi pour sa contribution à l’évolution de la santé mentale.

« C’est extrêmement émouvant de recevoir ce prix qui reconnaît le travail que je fais depuis plusieurs années, a-t-il confié en entrevue. L’objectif premier de l’événement est d’amener les gens dans la société à prendre conscience à quel point les troubles mentaux touchent un large segment de la population. Et plus on est capables d’en parler, moins on a de stigmatisation et de préjugés face à ces conditions. »

En fait, deux collègues du Dr Delorme dans le réseau de la santé ont soumis sa candidature. Un panel multidisciplinaire a départagé les 3700 aspirants des quatre coins du Canada afin de déterminer les lauréats de ce programme de reconnaissance, parrainé par Morneau Shepell puis le Centre de toxicomanie et de santé mentale (CAMH). Un total de 28 Québécois sont parmi les personnalités­ qui se sont distinguées.

Terrain

Malgré son horaire chargé, le Dr Delorme n’a jamais cessé de pratiquer en psychiatrie. Une décision atypique qui l’a néanmoins bien servi tout au long de sa prolifique carrière. « Pour être capable de bien comprendre les enjeux et les différences du réseau, il faut avoir les pieds dans le terrain », croit-il, citant en exemple le mauvais arrimage de services de toxicomanie­ et de santé mentale.

Demeurer « connecté sur la réalité » que vivent les gens aux prises avec ce type de problème a permis au spécialiste de faire progresser cette cause qui lui tient à cœur. « À Granby, je travaille avec des patients schizophrènes ou maniaco-dépressifs. À les côtoyer, on apprend vraiment à quel point ces gens sont courageux et persévérants pour reprendre le cours de leur vie, a-t-il dit. Ça m’a mené à travailler au ministère de la Santé pour porter ce message. Malgré une très sérieuse maladie mentale, on peut vivre en com­munauté, jouer un rôle au sein d’une famille. »

Le Dr Delorme a par ailleurs porté de nombreux projets au fil des ans. « Depuis 2005, on développe des équipes de santé mentale de première ligne à travers le Québec­ dans les CLSC pour accroître l’accessibilité des services à la population, a-t-il indiqué. [...] Il y a des gens très malades, que l’on dirigeait vers des asiles, et ensuite dans des hôpitaux psychiatriques. Mais il faut aussi aider ceux qui ont des troubles anxieux ou dépressifs. On parle d’une personne sur cinq au Canada qui aura [ce type de] symptômes durant sa vie. C’est ce genre de services de proximité que j’ai développé avec tous les gens du milieu. »

Selon le Dr Delorme, un des principaux enjeux pour l’avenir sera de poser un diagnostic chez les jeunes « au début de leur parcours avec la maladie mentale ». « Le délai de l’apparition des symptômes et un bon diagnostic varie entre 8 et 22 ans. [...] La moitié des maladies mentales chez les adultes sont arrivées dans la vie des gens avant l’âge de 14 ans. Il faut donc trouver le moyen d’agir plus tôt. »