Le maire de Granby, Pascal Bonin, a rencontré son homologue de Port-au-Prince, Youri Chevry.

Mission du maire et du DG de Granby en Haïti : une collaboration en gestation

La mission humanitaire réalisée récemment en Haïti par le maire de Granby, Pascal Bonin, et le directeur général de la Ville, Michel Pinault, pourrait se traduire par la mise sur pied d'un projet de coopération avec la commune de Carrefour.
Pascal Bonin a été invité à prononcer des conférences devant des étudiants, dont ces enfants d'une école primaire.
« On prépare un dossier qu'on va présenter au conseil municipal. On va faire une proposition pour qu'il y ait un jumelage avec la ville de Carrefour. (...) Granby pourrait faire une grosse différence à Carrefour, qui compte 600 000 habitants », a affirmé vendredi le maire Bonin à La Voix de l'Est.
Le retour au Québec a été long et brutal pour le duo de représentants de la Ville de Granby. Ils sont revenus alors que la tempête battait son plein cette semaine. Mais cela n'a pas refroidi leur enthousiasme. 
« Le pays m'a vraiment conquis. Les Haïtiens sont accueillants, ouverts. Ils sont dans une sphère positive de changement », affirme Pascal Bonin. 
C'est dans le cadre du programme de coopération municipale Haïti-Canada (PCM) que lui et Michel Pinault ont séjourné une semaine dans la perle des Antilles. Détail : les coûts de ce séjour ont été assumés par ce programme et non par la Ville.
Sur place, Pascal Bonin et Michel Pinault devaient entre autres démontrer, lors de différentes rencontres - notamment avec des dirigeants de Port-au-Prince et de Carrefour -, quels sont les rôles d'un maire et d'un directeur général au Québec. « On a distingué le travail du politicien et de l'administratif. Ils ont vu qu'il y a une ligne ici entre les deux, alors que c'est moins clair chez eux. Les rôles s'entremêlent parfois. Les directeurs généraux font de la politique et les maires, de la gestion », a relevé Michel Pinault. 
Collaboration
Le directeur général de Granby en était à sa troisième mission en Haïti, toujours dans le cadre du PCM. Un séjour différent, car les maires rencontrés avaient été élus de façon démocratique cette fois-ci, plutôt que nommés. Il dit avoir constaté que les compétences des intervenants se sont améliorées. « On a rencontré nos objectifs de formation. Je sens que je suis allé plus en profondeur. Avant je discourais et je n'avais pas de feedback de l'auditoire. Cette fois-ci, je sentais que je parlais le même langage, comme avec le directeur général de Port-au-Prince », dit Michel Pinault. 
Le duo granbyen a été à même de constater l'importance des besoins en Haïti. D'où l'idée de la mise sur pied d'un projet de collaboration avec Carrefour. Port-au-Prince est déjà jumelé avec Montréal. 
La collaboration ne se situerait pas forcément à un niveau financier, dit le maire Bonin. Elle pourrait s'illustrer par certains gestes, comme l'envoi de ballons de soccer dans un orphelinat visité, illustre M. Pinault. Ou par la formation que pourrait aller offrir aux pompiers haïtiens un représentant du service des incendies local, si les frais de déplacement pouvaient être pris en charge par le PCM ou le gouvernement du Canada.
« On est quand même prudents. Les besoins sont tellement immenses et tellement grands qu'on doit mesurer notre action pour être certains que les gestes posés soient très concrets et apportent vraiment de l'aide », souligne M. Pinault. 
Beaucoup à gagner
Selon le DG de Granby, la Ville et ses citoyens pourraient avoir beaucoup à gagner de cette expérience. « Il ne faut pas croire que parce qu'ils sont pauvres, ils n'ont rien à nous apporter. Au contraire, ils nous apportent beaucoup et on pourrait recevoir beaucoup d'eux, par exemple dans le cadre d'échanges culturels ou sportifs », estime le directeur général. 
Le passage des représentants de Granby en Haïti n'est d'ailleurs pas passé inaperçu. La télévision nationale en a fait mention, alors que le maire Bonin a en outre été invité à rencontrer des étudiants haïtiens pour parler, sur une note plus personnelle, de son cheminement en politique, après avoir été aux prises avec des problèmes de consommation d'alcool et de drogue. Il est maintenant sobre depuis plus de 10 ans. « Ça va être un voyage dur à oublier. Ça a été très enrichissant », conclut le maire.