Déjà accusé à la suite de l'opération antidrogue Muraille, Richard Skinner fait face à des accusations supplémentaires de menaces de mort et d'intimidation envers une personne associée au système de justice.

Menaces envers un procureur : des dessins compromettants

Des illustrations faites par Richard Skinner, arrêté dans le cadre de l'opération antidrogue Muraille, sont à l'origine de sa dernière citation en justice.
L'homme de 44 ans de Cowansville vient de subir son enquête préliminaire concernant des accusations supplémentaires de menaces de mort et d'intimidation envers une personne associée au système de justice. 
Déposées en octobre, les accusations découlent d'un dessin compromettant que l'accusé a fait dans une lettre écrite de prison et adressée à sa conjointe, Jolène Gagnon. Celle-ci a communiqué avec La Voix de l'Est afin d'exhiber le document en question et de dénoncer ce qu'elle qualifie de mesure abusive.
« Des menaces ? C'est vraiment n'importe quoi, affirme Mme Gagnon. Richard n'a jamais fait de menaces de mort. »
Le croquis en question montre une dinde atteinte de plusieurs balles avec la mention « Club de chasse » et le nom du procureur visé, qui travaille au bureau des poursuites criminelles et pénales de Sherbrooke, où les audiences de Muraille ont lieu. Les lettres écrites par des détenus sont toutes préalablement lues par le personnel carcéral qui, dans ce cas-ci, en a avisé le ministère public.
« La dinde, c'est lui »
Mme Gagnon juge que le dessin a été mal interprété et que si on lit la missive au complet, on comprend que l'animal représente M. Skinner puisque « c'est lui la victime ». « Dans leur preuve, ils ont gardé seulement ce qui les intéresse, dit-elle. Si on lit, on voit bien que la dinde, c'est lui. »
Elle ajoute n'avoir jamais eu connaissance que son conjoint, un père de trois enfants qui enseignait le karaté et possédait un salon de tatouage, pouvait trafiquer de la drogue. M. Skinner est accusé de complot pour trafic de cocaïne, méthamphétamine, MDMA (ecstasy), cannabis et haschich, trafic de ces substances ainsi que de gangstérisme, soit d'avoir commis un acte criminel au profit ou sous la direction ou association d'une organisation criminelle.
La majorité de ses 36 coaccusés dans l'opération Muraille font face aux mêmes accusations. Selon la police, M. Skinner est considéré comme l'une des têtes dirigeantes du réseau, avec André Madore de Roxton Falls. Le groupe oeuvrait principalement dans la région de Granby, et ce, depuis plusieurs années. 
Intimidation
Toujours selon les autorités, ses membres n'hésitaient pas à user de violence, d'intimidation et de menaces à l'endroit d'individus indépendants qui s'adonnaient au trafic de la drogue, mais qui n'étaient pas chapeautés par l'organisation des Hells Angels ou ses affiliés.
Le dossier de Richard Skinner doit revenir devant la cour en septembre concernant l'accusation de menace de mort et d'intimidation d'un procureur. Les autres procédures suivent aussi leur cours. La Couronne a récemment déposé un acte d'accusation privilégié pour celles-ci, ce qui omettra la tenue d'enquêtes préliminaires.