Les gens sondés se sont dits insatisfaits de l’urgence de Granby dans une proportion de 67 %.

Les Granbyens insatisfaits de leur urgence

Les débordements récurrents à l’urgence du Centre hospitalier de Granby (CHG) et le temps d’attente, parfois vertigineux, qui en découle laissent un goût amer à la population, qui se dit largement mécontente de ce service de santé, révèle un sondage réalisé par Segma Recherche pour La Voix de l’Est et M-105.

Dans une proportion de 67 %, les répondants se sont dits insatisfaits de l’urgence de leur hôpital régional. « Généralement, c’est plutôt mitigé comme résultats. [...] Dans l’absolu, il y a clairement un problème à régler particulier à Granby », a indiqué vendredi le président de Segma, Raynald Harvey. 

En fait, le taux de satisfaction concernant l’urgence et le temps d’attente au CHG n’est que de 27,4 %, soit 5,3 % qui sont « très satisfaits » puis 22,1 % « assez satisfaits ». En ce qui concerne les répondants mécontents, ils sont de l’ordre de 29,6 % à se dire « peu satisfaits » et 37,4 % « pas du tout satisfaits ». Une trentaine de personnes n’avaient « pas d’opinion » sur le sujet. 

Notons que le sondage téléphonique a été réalisé du 23 au 25 octobre auprès de 500 répondants. La marge d’erreur est de 4,4 %. Soulignons que le niveau de satisfaction « augmente de manière régulière avec l’âge des répondants, pour atteindre 38 % chez les 75 ans et plus », soulève le sondage. De plus, « les femmes sont particulièrement critiques à l’égard des services à l’hôpital de Granby. » À ce chapitre, elles se sont dites satisfaites à 22 %, contre 33 % chez les hommes.

Situation critique

Il y a quelques jours à peine, la situation à l’urgence de Granby était à ce point critique que l’on a dû détourner des ambulances vers d’autres hôpitaux de la région, englobant même la clientèle locale dans cette mesure, sauf les cas aigus. Du jamais-vu, selon des sources près du dossier. 

En fait, les débordements à l’urgence de Granby font presque partie, depuis le début de 2017, du quotidien des effectifs médicaux à pied d’œuvre pour maintenir les services aux patients. Pour avoir un portrait d’ensemble de la situation, La Voix de l’Est avait recensé les données de la « situation dans les urgences et temps d’attente » des établissements dans le giron estrien du 9 janvier au 27 février. Durant cette période, les 20 civières disponibles n’ont pas suffi pour accueillir les patients qui ont afflué à l’urgence du CHG, le taux d’occupation oscillant souvent autour de 180 %. Les mois qui ont suivi ont été similaires. Au grand dam du personnel « au bout du rouleau ».

Solutions

Les sondeurs ont proposé aux gens questionnés de choisir parmi quatre options pour « régler les problèmes de débordement à l’urgence de Granby. » L’augmentation du personnel a été retenue par 40 % des répondants. À noter que 23 % des gens de 65 ans et plus ont fait ce choix. La seconde mesure la plus populaire consiste à implanter une superclinique à Granby (25,3 %). 

Rappelons que Granby était une des 50 municipalités pressenties à travers le Québec par le ministre de la Santé, Gaétan Barrette, pour instaurer une superclinique. Le concept des groupes de médecine de famille (GMF) est à la base de ce projet. Ce nouveau type d’établissement de soins de santé doit toutefois offrir plus de services tout en respectant des contraintes. Ainsi, pour garder leur statut, les supercliniques doivent notamment ouvrir leurs portes 12 heures par jour, la semaine durant. Un minimum de 20 000 consultations par an doit être maintenu. De plus, les patients doivent pouvoir obtenir un rendez-vous jusqu’à trois heures avant la fermeture. Un centre de prélèvements doit aussi être aménagé sur les lieux. Les services de radiographie et d’échographie doivent être offerts sur place, ou dans un édifice avoisinant. De son côté, Québec s’engage à accroître son soutien financier puis le personnel infirmier. 

Or, le projet de superclinique à Granby n’est pas dans les cartons du Centre intégré universitaire de santé et de services sociaux (CIUSSS) de l’Estrie, rapportait La Voix de l’Est en juin dernier. L’organisation mise plutôt sur la clinique d’accès, située rue Saint-Jacques, ayant fait l’objet d’une récente réorganisation. Le sondage indique toutefois que 15,8 % des gens souhaitent que les services de l’établissement soient améliorés.

L’option consistant à « désengorger les lits occupés par des patients en attente d’un transfert pour des soins de longue durée » recueille pour sa part 11,7 % des mentions, alors que 7,2 % des répondants n’ont pas voulu émettre d’opinion.