Laurent St-Martin a été condamné à 18 mois de prison, mardi pour ses délits commis de 2007 à 2012.

Laurent St-Martin condamné à 18 mois de prison

Le couperet est tombé pour Laurent St-Martin, un plombier de 62 ans reconnu coupable de contacts sexuels et d’incitation à des contacts sexuels avec une mineure.

Le juge Paul Dunnigan, de la Cour du Québec, a condamné le Granbyen à 18 mois de prison, mardi, pour ses délits commis de 2007 à 2012. M. St-Martin a aussitôt pris le chemin des cellules, saluant au passage sa conjointe et ses proches présents dans la salle d’audience.

Il a déclaré à La Voix de l’Est : « je ne dirai qu’une chose, je n’ai rien à me reprocher » à son arrivée au palais de justice, baluchon en main.

M. St-Martin est réputé avoir commis divers attouchements à une fillette âgée à l’époque entre 6 et 11 ans. Il s’est aussi masturbé devant elle en l’invitant à le toucher. Les agressions auraient eu lieu sur une base mensuelle, mais seulement quatre événements­ ont été prouvés en cour. 

Au-delà de la gravité des gestes, il y a les conséquences sur la victime, a dit le juge. « Elle vit encore des difficultés émotionnelles, d’agressivité et de concentration. Elle s’est automutilée et a tenté de mettre fin à ses jours. Ça prendra des années à réparer les morceaux. »

La plaignante est toutefois apparue sereine à sa sortie. « J’ai bon espoir que ça va mieux aller, a-t-elle dit. La guerre est finie, il faut juste se reconstruire­ après. »

« Dix-huit mois, ça va lui donner le temps de réfléchir, a ajouté sa mère. Tout ce que je voulais, c’est qu’il rentre en dedans. » Au sujet de sa fille, elle a précisé : « on a encore beaucoup d’années de travail devant nous, mais ça va lui permettre d’avancer. »

Protection

Le pot aux roses a été découvert lorsque l’adolescente s’est confiée à un enseignant de son école. Laurent St-Martin a toujours nié les faits reprochés et ne se reconnaît aucun problème sexuel.

Citant une jurisprudence, le juge Dunnigan a rappelé que les agressions sexuelles commises envers des mineurs sont des crimes « particulièrement odieux » qui commandent une peine en conséquence afin d’assurer « la nécessaire protection des enfants ». 

Il n’a pu identifier « aucun véritable facteur atténuant » concernant l’accusé, hormis le fait qu’il n’avait pas d’antécédent judiciaire, qu’il a des responsabilités personnelles et professionnelles et qu’il a respecté ses conditions de remise en liberté.

En ce qui a trait aux facteurs aggravants, le juge a souligné l’abus de confiance, l’écart d’âge entre la victime et l’accusé (46 ans), la durée des gestes et les séquelles subies. La peine imposée est assortie d’une probation de deux ans et de l’interdiction, pour M. St-Martin, de communiquer avec la victime ou sa famille immédiate.

Interdictions

Pendant 10 ans à partir de sa sortie de prison, il lui est aussi interdit de se trouver dans tout endroit où pourraient se retrouver des personnes âgées de moins de 16 ans et de posséder une page Internet personnelle. Il devra fournir un échantillon­ génétique­ pour archivage.

Le ministère public, représenté par Me Véronique Gauthier, demandait deux ans de prison tandis que Me Pascale Gauthier, à la défense, suggérait un an. M. St-Martin n’en a pas fini avec la justice puisqu’il est toujours en attente de verdict dans un deuxième procès similaire, où les plaignants étaient deux garçons.