Le Granbyen Jacques Choquette est disparu depuis un an. Sa famille implore son ou ses assassins de lui dire où se trouve son corps.

«La seule chose que l’on veut, c’est retrouver son corps»

« Nous, la seule chose que l’on veut, la famille, c’est retrouver son corps… », a confié des sanglots dans la voix Robert Choquette­, un des frères de Jacques Choquette, disparu depuis un an, lors d’une entrevue chargée en émotions qu’il a accordée à La Voix de l’Est.

La vie de la famille Choquette a basculé le soir du 3 novembre 2016. Jacques Choquette, père d’un garçon aujourd’hui âgé de 12 ans et d’une jeune femme de 24 ans, était chez lui quand il a annoncé à sa conjointe qu’il sortait pour une heure. Il n’est jamais rentré.

Plus personne de son entourage ne l’a revu. Sa conjointe s’est rapidement inquiétée. Ce n’était pas dans ses habitudes de partir aussi longtemps, surtout sans avertir ses proches de son retard, explique son frère, qui se souvient de cette soirée comme si c’était hier. 

Vers 21 h, il a contacté les services de police de Granby et la Sûreté du Québec en Haute-Yamaska pour savoir si son frère avait été impliqué dans un accident, ce qui pouvait expliquer son retard. Rien à signaler. 

M. Choquette a également demandé aux policiers de retracer le cellulaire de son frère grâce à la triangulation, mais il a essuyé un refus, notamment parce que le disparu était un adulte et qu’il n’était pas suicidaire, explique-t-il, la voix nouée par l’émotion. 

En compagnie de la conjointe de son frère, M. Choquette a entrepris une tournée des restaurants où il avait l’habitude de luncher, notamment pour rencontrer des clients de son entreprise de fabrication de mur de béton B-Crete. Aucune trace de lui. 

Triangulation cellulaire

À minuit, le duo s’est présenté au poste de police de Granby pour rapporter officiellement la disparition de Jacques Choquette. Quelques heures plus tard, la triangulation cellulaire a permis d’établir que son dernier signal avait été émis à 21 h 40 à Saint-Valérien-de-Milton. 

« J’ai appelé les policiers à 21 h 10 et son téléphone a arrêté de fonctionner à 21 h 40. L’auto n’était pas brûlée encore. Avec le recul, s’ils l’avaient fait (la triangulation), peut-être que tout serait terminé maintenant. Probablement qu’ils auraient trouvé ceux qui ont fait ça », estime-t-il.

La voiture incendiée de Jacques Choquette, décrit comme un bon vivant et un homme de famille, a été retrouvée le lendemain dans un champ en bordure du Petit rang six à Saint-Valérien-de-Milton. Il n’y avait aucune trace du disparu. L’enquête a été transférée aux crimes majeurs de la Sûreté du Québec.

« En dedans de moi-même, je savais déjà qu’il était mort, laisse tomber en pleurant Robert Choquette­. On ne peut pas dire à 100 % qu’il est mort, mais on n’est pas fous pareil. »

Les enquêteurs ont été formels auprès de lui en décembre 2016 : ils n’étaient plus à la recherche de Jacques Choquette, mais bien de son corps, explique avec difficulté le frère de celui-ci. 

Deux hypothèses réfutées

La voiture incendiée est une signature qui a souvent été associée au crime organisé. La famille Choquette n’a pas aimé qu’on associe Jacques Choquette au milieu du crime organisé, dont la voiture incendiée est souvent la signature. Il n’en est rien, affirme son frère.

« L’auto brûlée, ça sonne motards, bandits, crime organisé. J’ai l’impression que le tueur a voulu laisser croire à la population qu’il était dans ce milieu-là, mais les policiers nous ont confirmé qu’il n’était pas dans rien de ça. On est une famille bien clean. On n’a pas de mouton noir, rien de ça », affirme-t-il.

Robert Choquette réfute aussi l’hypothèse émise par d’autres personnes voulant que son frère soit parti de son propre chef. « C’est impossible, dit-il sans hésitation. Il adorait tellement son petit gars... » Il venait également de déposer les plans pour la construction de sa future propriété deux jours avant de disparaître, poursuit-il. 

Enquête

Déterminé à retrouver le corps de son frère, le Granbyen a créé la page Facebook « Retrouvons Jacques Choquette » en juin. Sa quatrième publication a été vue par 3,6 millions d’internautes de partout dans le monde et a été partagée des milliers de fois, selon des statistiques qu’il a présentées au journal. 

Il a également installé une ligne téléphonique (450-915-9320) pour recevoir les informations qui pourraient permettre de retrouver enfin son frère. 

« Aller dans une cabine téléphonique, faites appeler quelqu’un. On veut qu’il nous dise où il est », supplie M. Choquette, assurant qu’il n’est pas à la chasse à son ou ses assassins. « On ne comprend rien. C’est un vide. C’est inimaginable. On se pose bien des questions, mais il n’y a pas de réponse. »

Le frère du disparu dit en savoir bien peu sur les éléments que possèdent les enquêteurs. « On est dans le néant, dit-il. Je comprends que les policiers ne peuvent pas nous révéler des éléments d’enquête pour ne pas la faire échouer. Je comprends qu’ils ne peuvent pas parler, mais ce n’est pas facile. »

« Après un an, il n’y a pas de dénouement. Ça va prendre quelqu’un qui parle, ajoute-t-il. Ça fait un an qu’on entend que l’enquête avance. Il faut croire qu’elle n’avance pas à pas de géant... »

De son côté, la Sûreté du Québec est toujours à la recherche d’informations pour dénouer la mystérieuse disparition. « Même si ça fait un an, il n’est pas trop tard pour les gens qui ont de l’information de la communiquer », indique la sergente Aurélie Guindon.

Toute information peut être transmise à la Centrale de l’information criminelle au 1-800-659-4264.