Avec la grande collecte, ce sont 65 tonnes de denrées qui ont été amassées, soit environ 6 tonnes de moins qu’en 2016. À cela s’ajoute une somme de 48 500 $.

La route de l'entraide de la Guignolée de Granby

Les rues de la région grouillaient de bénévoles passant de porte en porte pour ramasser des boîtes et des sacs de denrées non périssables, samedi ou dimanche, selon les municipalités. Retour du balancier : parmi les bénévoles ou les donateurs, certains ont déjà bénéficié de ces fameux paniers de Noël à un moment ou à un autre de leur vie.

C’est le cas d’Audrey, une Waterloise de 24 ans pour qui il est important de donner au suivant. Maintenant bien installée dans son appartement, elle a pu donner pour la première fois son propre sac de denrées à la Guignolée, à Waterloo, samedi. 

Par le passé, la jeune femme a aussi cogné aux portes pour ramasser des dons pour la Guignolée et aidé au tri. Elle a aussi l’habitude de donner les vêtements qu’elle ne porte plus. Aider les autres fait partie de ses gènes. 

Elle connaît aussi l’envers de la médaille. Jusqu’à l’âge de 15 ans approximativement, elle a reçu des paniers de Noël chez sa mère. Ces denrées, parfois accompagnées de jouets, étaient pour elles un réel cadeau.

« Ma mère n’avait pas un très grand budget et mon père avait au contraire un bon budget, raconte en entrevue la jeune femme, dont les parents sont séparés depuis plus de vingt ans. J’ai eu deux sortes de Noël. »

C’est d’ailleurs Audrey qui ouvrait la boîte de nourriture reçue durant chaque période des Fêtes. « C’étaient comme des cadeaux qu’on recevait. Il y avait des choses qu’on n’achetait pas toujours, par exemple une boîte de macaronis au fromage. J’étais tout le temps contente de voir ce qu’on recevait. »

Et ce n’était pas qu’à Noël qu’il était difficile de boucler le budget. En vivant à la fois la situation financière difficile de sa mère et celle plus aisée de son père, la jeune fille a grandi avec de belles valeurs. « Je vois les deux côtés de la médaille. Je ne juge pas facilement, je suis plus compréhensive quand quelqu’un me dit qu’il n’a pas les sous. »

« Ça vaut tout l’or du monde »

La mère d’Audrey occupe maintenant un meilleur emploi et la jeune femme vole de ses propres ailes. « Chaque année, je fais mes armoires et je regarde ce que je peux donner. Pas juste en nourriture : en jouets aussi, mentionne-t-elle. Des fois, quand j’étais jeune, il y avait un jouet dans le panier. C’était un gros cadeau pour moi ! »

Adolescente, Audrey a fait partie des cadets et, le premier week-end de décembre, le groupe de jeunes volontaires cognait aux portes pour ramasser les denrées offertes par la communauté. Une année, ils ont également aidé au triage.

Ce qu’elle-même a surtout aimé recevoir ?

Les éléments qui allumaient systématiquement des étoiles dans ses yeux étaient le chocolat — elle fond pour le chocolat ! —, les boîtes de macaroni au fromage, les poupées ou les petites voitures, énumère-t-elle. « Une petite poupée pour quelqu’un, ça ne vaut peut-être rien. Mais pour d’autres, ça vaut tout l’or du monde. »

Les rues de la région grouillaient ce week-end de bénévoles récoltant des denrées non périssables.

Une somme de 48 500$ et 65 tonnes de denrées recueillis

Le président de SOS Dépannage, Sylvain Larivière, se dit satisfait de la première journée de la Guignolée de Granby. Avec la grande collecte, ce sont 65 tonnes de denrées qui ont été amassées, soit environ 6 tonnes de moins qu’en 2016. À cela s’ajoute une somme de 48 500 $, de 3000 $ plus élevée que l’an dernier.

Quelque 1200 bénévoles ont participé à l’événement dimanche, que ce soit dans les rues ou au centre de tri. « Beaucoup de gens, beaucoup d’huile de bras, mais remplie de bon cœur, affirme avec reconnaissance M. Larivière. C’est très encourageant. On a même amélioré notre processus pour le triage, de telle sorte que c’est moins forçant et plus plaisant. »

L’organisme, qui gère la banque alimentaire de Granby, poursuit sa guignolée jusqu’au 15 janvier afin de remplir ses étagères et procurer de l’aide alimentaire à l’année. 

« Les gens peuvent déposer leurs dons en denrées directement chez SOS Dépannage, rue Masson, et dans différentes épiceries et pharmacies, où on va les ramasser régulièrement, ajoute M. Larivière. Si des gens ont des dons en argent, ils peuvent les apporter au bureau, les envoyer par la poste ou aller sur le site Internet. Il y a un endroit sécurisé sur le site pour des dons en ligne. C’est de plus en plus populaire. » Cynthia Laflamme

Les scouts du 19e groupe St-Joseph ont démontré qu'il n’y a pas d’âge pour apprendre la générosité, dimanche matin, en offrant leur matinée à la guignolée.

À l’école de la générosité

Il n’y a pas d’âge pour apprendre la générosité. Les scouts du 19e groupe St-Joseph l’ont démontré, dimanche matin, en offrant leur matinée à la guignolée. Mais ils ont aussi vu à l’œuvre celle des autres.

Garçons et filles avaient chacun leur camion cube. Installés à deux endroits différents à Granby, ils ont charrié et effectué un premier tri des denrées récoltées dans les chaumières. Les camions prenaient ensuite la route de SOS Dépannage pour le tri final.

« Les sacs sont lourds, des fois ! », s’exclame la jeune Anne, qui n’en était pas à ses premières armes pour la Guignolée. 

Marika, la cadette du groupe à 11 ans, est pour sa part touchée de constater tout ce que les gens donnent. « On voit les dons généreux que les gens font et ça nous fait chaud au cœur. Notre but est d’aider les gens pour mieux vivre, pour être heureux. »

Dès qu’une voiture arrivait, le coffre arrière rempli à craquer de sacs et de boîtes, elles forment une chaîne humaine pour tout placer dans le camion cube, aidées de deux animatrices. Vers 11 h, le VUS contenant café et chocolat chaud est accueilli avec joie. Même si la température est idéale pour la collecte, la chaleur des breuvages redonne l’énergie nécessaire pour continuer avec entrain.

Sur la photo, Marika Valois remet un sac à Amélie St-Pierre.

Les animatrices Caroline Bisson et Shella Bisson (aucun lien de parenté) étaient accompagnées de Léa Hutchins, Naomy Gauvin, Amélie St-Pierre, Anne Godard et Marika Valois.

« Dans le scoutisme, l’engagement communautaire est vraiment important, souligne Caroline Bisson. Une activité comme ça, ça démontre un peu cet engagement-là et la manière qu’il est promu par le scoutisme. Ça montre aux jeunes qu’il y en a qui ont plus de besoins et que de donner, c’est important. »

Les filles étaient installées dans la rue Glen, à l’intersection de Vittie­. Pendant l’avant-midi, elles ont vu passer des boîtes de céréales, des conserves, du beurre d’arachides, de la tartinade à la noisette et au cacao, du sirop d’érable et même des couches.

Elles et leurs familles ont fait don de vêtements, de préparations à gâteaux, de soupes en sachet comme en conserve, mais aussi « de jouets, ajoute l’une d’elles. C’est Noël ! »