L’urgence de Granby était une fois de plus débordée, lundi. Trente-trois patients étaient sur civière en après-midi alors que la capacité est de 20.

Encore des débordements à l’urgence de Granby

Le scénario se répète à l’urgence de Granby. Après un débordement qui a entraîné le transfert de patients vers l’hôpital de Cowansville la semaine dernière, le taux d’occupation oscillait à 165 %, lundi après-midi.

À 16 h, 33 patients, dont une vingtaine en attente d’hospitalisation, se trouvaient sur civière, alors que la capacité est de 20. 

En soirée, les ambulances ont à nouveau été détournées, les paramédics de Granby qui prenaient en charge des patients stables étant automatiquement dirigés vers l’urgence de Cowansville, comme ce fut le cas à plusieurs occasions au cours des derniers mois. 

Les patients de Saint-Paul-d’Abbotsford­ et de Sainte-Cécile-de-Milton étaient quant à eux transportés à l’hôpital Honoré-Mercier­ de Saint-Hyacinthe. Selon le scénario prévu, les détournements­ devaient cesser à minuit.

Mentionnons que l’urgence de hôpital Brome-Missisquoi-Perkins­ connaissait également sa part de difficultés : selon les derniers chiffres obtenus, 24 patients s’y trouvaient lundi sur civière, alors que la capacité est de 16.

Débordements

Plusieurs facteurs, dont le vieillissement de la population, expliquent la situation à laquelle est confrontée l’urgence de Granby, indique Chantal Gariépy, directrice adjointe des services généraux au CIUSSS de l’Estrie. 

 « On a beaucoup de patients qui ont besoin d’un niveau de soins alternatifs qui nécessite d’être relocalisé vers un CHSLD ou une ressource alternative, dit-elle, en rappelant le projet de construction d’un CHSLD à Granby. On a des profils très âgés à l’urgence. »

De nombreux lits sont occupés par des patients en attente d’hospitalisation, qui doivent attendre que des places se libèrent dans les unités de soins. « Les équipes soignantes s’affairent à voir si des congés sont possibles dans les unités de soins pour monter les patients en attente d’un lit à l’urgence, explique Mme Gariépy. Et on évalue les patients sur civière pour voir s’ils peuvent avoir congé, s’ils peuvent être réorientés ailleurs. »

Leur responsabilité, dit-elle, est de s’assurer d’avoir la capacité d’accueillir les patients qui arrivent à l’urgence pour des besoins urgents. 

Mme Gariépy assure toutefois que la priorité est l’état de santé du patient. « On ne donnera pas un congé pour donner un congé. Il faut s’assurer que l’état du patient soit stable ou qu’il y a une alternative pour le traiter à l’extérieur de l’hôpital. On va donner un congé si les conditions le permettent. »

Zone fauteuil

Plusieurs initiatives sont mises de l’avant pour réduire l’engorgement à l’urgence de l’hôpital de Granby, dont la nouvelle zone « fauteuil » mise en place en collaboration avec la Fondation du CHG. « C’est une zone de quatre fauteuils où on fait des interventions sur fauteuil plutôt que sur civière. Ça permet de libérer des civières », explique Mme Gariépy.

Certains soins de plaies, des traitements d’inhalothérapie et des injections peuvent notamment être donnés sur ces fauteuils. Quatre-vingt-sept patients ont reçu des soins dans cette zone entre le 1er et le 17 novembre. 

« Nos gens travaillent très fort. Au quotidien, on essaie de trouver de nouvelles améliorations. Toutes les directions concernées travaillent en même temps pour améliorer la situation. On met les moyens en place. Les équipes adhèrent aux projets », soutient la gestionnaire. 

Médecin de famille et clinique d’accès

La population est également invitée à mettre la main à la pâte pour « diminuer la pression sur l’urgence », indique Mme Gariépy. Les patients dont l’état de santé ne nécessite pas de soins urgents sont invités à s’adresser à Info-Santé en composant le 811. Ceux qui ont un médecin de famille doivent le consulter. 

Les patients orphelins peuvent quant à eux s’adresser à la clinique d’accès qui accueille environ 300 patients mensuellement. Les infirmières du triage à l’urgence les orientent d’ailleurs vers cette clinique lorsque leur état de santé le permet.