Le député de Granby, François Bonnardel, était très heureux de remettre la Médaille de l’Assemblée nationale au fondateur de SOS Dépannage, Norman Dunn, mardi soir, pour ses 30 ans d’implication au sein de l’organisme communautaire.

« En échange d’une vie sans faim »

Lorsqu’il a fondé SOS Dépannage - Moisson Granby­ à la fin des années 1980, Norman Dunn envisageait de faire fonctionner la banque alimentaire pendant deux ans, le temps de répondre à un problème­ qu’il espérait­ être passager.

Malheureusement, les besoins ne se sont jamais estompés. Trente ans plus tard, n’ayant jamais trouvé le courage de se résigner à laisser des gens souffrir de faim, il est toujours à la tête de l’organisme qui est venu en aide à des milliers de personnes au fil des ans.

Question de souligner son implication exceptionnelle au sein de la communauté depuis plus de trois décennies, un dévouement qui ne pouvait pas être passé sous silence, le député de Granby, François Bonnardel, lui a remis la Médaille de l’Assemblée nationale mardi soir dans les locaux de l’organisme.

« Norman, nous sommes privilégiés à Granby d’avoir une personne comme vous qui est visionnaire, une personne qui est animée par l’esprit de conservation, une personne qui a permis à des milliers de personnes d’obtenir l’aide [nécessaire] au moment où elles en avaient le plus besoin », a indiqué M. Bonnardel.

« Sincèrement Norm, merci de ta gigantesque contribution envers la circonscription de Granby, un endroit qui, entre autres grâce à toi, se veut rassurant et bien équipé pour répondre aux périodes d’adversité », a-t-il ajouté en lui remettant la médaille et une plaque ornée notamment des mots « en échange d’une vie sans faim ».

Toute une surprise !

La surprise a été totale pour Norman­ Dunn, à qui on avait fait croire qu’il devait être présent pour une inspection du MAPAQ avant d’aller, pensait-il, manger un pâté chinois, son plat favori, chez un ami pour souper.

C’est que celui que plusieurs surnomment affectueusement « Norm » est un homme de peu de mots. Et malgré les innombrables heures qu’il a consacrées à donner un coup de pouce aux autres, il n’a jamais été friand des honneurs visant à reconnaître­ son implication.

Mardi soir, on a toutefois senti qu’il était énormément touché par ce geste de reconnaissance auquel il a eu droit devant plus d’une cinquantaine d’amis, collègues et autres bénévoles de l’organisme. « C’est pas le MAPAQ, c’est tous ceux qui t’aiment, ça, Norm », lui a d’ailleurs lancé M. Bonnardel au début de son allocution.

« Vraiment, je suis honoré. Je suis très surpris. Je suis impressionné de vous voir ici, je suis impressionné aussi de ce qu’est devenu l’organisme. Moi, ce qui me drivait tout le temps, c’est que je recevais souvent des familles et j’avais jamais assez de bouffe pour eux autres. Des fois, j’en avais pour 3, 4 mois et j’en avais plus par la suite. Ça me déchirait le cœur et je me disais “il faut que je trouve une façon d’alimenter SOS Dépannage, trouver du financement pour que ça marche” », a raconté M. Dunn. 

Et c’est exactement ce qu’il a fait, amenant le petit organisme qui misait sur deux employés à ses débuts en 1987 à une machine communautaire bien huilée qui compte maintenant 51 employés et plus d’une centaine de bénévoles.

De la toute première guignolée effectuée dans la région en 1990 à l’ouverture du magasin général, des jardins communautaires et du Café des trois Pommiers qui permettent aujourd’hui à l’organisme de supporter les gens dans le besoin à longueur d’année, Norman­ Dunn n’a jamais compté les heures afin de remplir sa mission.

M. Bonnardel a notamment rappelé le tour de force qu’il avait réussi en 1998 lors de la crise du verglas. « Vous savez, c’est dans les situations de crise qu’on reconnait les grands et l’entière guignolée récoltée au cours des mois précédents fut entièrement écoulée durant les sept premiers jours de cette terrible épreuve. Mais grâce au leadership fort et au savoir-faire de Norman, la région avait été capable de bien se sortir de cette période critique », a-t-il rappelé.

Trente ans après les balbutiements de l’organisme, l’homme au grand cœur a enfin l’impression de pouvoir dire mission accomplie. 

« Cette année, en 2017, on a atteint l’objectif qu’on s’était fixé il y a 30 ans, soit d’être capables de donner les quatre groupes alimentaires et des portions de fruits et légumes à tous les enfants et les gens qui venaient ici. On a réussi. Pour moi, c’était un travail accompli. »

« Il fallait qu’on trouve une façon de se financer et ça a marché de peine et de misère. Ça n’a pas été facile. C’est très, très difficile de partir une entreprise. Mais de faire marcher un organisme communautaire et une entreprise en même temps, c’était vraiment tout un défi. Avec du recul, je ne sais même pas comment j’ai fait pour réussir ça, mais je vous dirais que je n’ai jamais été seul. Ç’a toujours été une histoire de gang, d’équipe », a laissé tombé M. Dunn, visiblement très ému.

Et il assure que la fin n’est pas pour demain, toujours aussi animé par son désir de ne voir personne manquer de nourriture. « Je suis toujours prêt à partir comme La Poune qui dit “bon, c’est mon dernier, puis je m’en vais”, mais sincèrement, j’aurais bien de la misère à partir de SOS Dépannage. Merci sincèrement à vous tous d’avoir cru en moi. C’est là où je performe le plus. Vraiment, merci beaucoup », a conclu M. Dunn.