Tous les objets recyclables utilisés par les 3200 participants du Demi-marathon de Granby vont prendre le chemin du dépotoir.

Demi-marathon: tout le recyclage au dépotoir

Tous les objets recyclables utilisés par les 3200 participants du Demi-marathon de Granby — des milliers de bouteilles d’eau, de verres de carton, de petites boîtes de jus, de verres à bière et d’ustensiles de plastique — vont prendre le chemin du dépotoir.

« Ce n’est pas du recyclage. Ce sont des poubelles. On ne peut pas ramener ça à notre centre de tri. C’est souillé à 50, 60 %. On ne peut pas recycler ça, c’est impossible », a expliqué lundi Sylvain Gagné de la compagnie Sani-Éco.

Le système de recyclage mis en place par l’organisation dimanche n’a pas été à la hauteur. Faute de poubelles clairement identifiées, les participants ont jeté leurs assiettes de spaghetti dans plusieurs des bacs bleus disposés sous le grand chapiteau dans le stationnement du parc Daniel-Johnson. La Voix de l’Est a inspecté dimanche soir, au terme de l’événement, le contenu du conteneur de recyclage. Des dizaines de sacs contenant des assiettes de carton souillées de sauce spaghetti s’y trouvaient.

« On ne peut pas trier ça. On est capables de gérer une contamination de 5 %. Mais on ne peut pas traiter une grande quantité de restes de table dans le recyclage », soutient M. Gagné avec qui nous avons communiqué lundi en matinée­ pour lui signaler le problème.

Paradoxalement, dans le conteneur réservé aux déchets, plusieurs sacs remplis de verres en carton et de bouteilles de plastique, des objets recyclables, avaient été placés. 

Autre incongruité : les assiettes utilisées pour servir le spaghetti étaient compostables. Toutefois, pour composter, elles ne peuvent être mises dans le recyclage ou dans les déchets, mais doivent être envoyées dans un site de compostage.

Les problèmes n’ont pas été limités au chapiteau. Des déchets ont été jetés dans tous les bacs bleus disposés près de l’aire des structures de jeux. La Ville devra les envoyer au site d’enfouissement.

Pas la responsabilité de la Ville

La responsabilité de gérer le recyclage et les ordures relève des organisateurs, soutient François­ Méthot-Borduas, directeur des travaux publics de la Ville de Granby. « Ils nous disent ce dont ils ont besoin et on leur fournit le matériel. On ne s’occupe pas de gérer les matières résiduelles », dit le patron du service qui délivre les permis pour tenir des événements.

Des employés du service ont noté des « lacunes », a-t-il fait remarquer lorsque joint en fin d’après-midi lundi. Il n’a pu les commenter, affirmant vouloir recueillir plus d’informations. Il entend faire un bilan de l’événement avec son équipe. « On va voir ce que la Ville peut faire pour accompagner les organisateurs pour améliorer la situation », a-t-il mentionné.

M. Méthot-Borduas, qui est nouvellement arrivé en poste, a dit ignorer si les demandeurs devaient présenter un plan de gestion des matières résiduelles pour obtenir un permis. Il allait s’informer.

Paradoxalement, dans le container réservé aux déchets, plusieurs sacs remplis de verres en carton et de bouteilles de plastique, des objets recyclables, y avaient été placés. Ce conteneur prendre aussi le chemin du dépotoir.

« On doit faire mieux » 

Éric Fleury l’admet d’emblée : la gestion du recyclage au Demi-marathon de Granby (DMG) est déficiente. 

« On n’a peut-être pas les bons bacs. Les gens sont confus. On a un travail de sensibilisation à faire, c’est certain. On doit faire mieux », indique le codirecteur des Courses thématiques, le groupe qui organise l’événement en partenariat avec le directeur général du DMG, Stéphane Aubin.

Faisant remarquer qu’il s’agit de la première année que son organisation est impliquée dans l’événement, M. Fleury a assuré qu’il allait prendre des mesures pour éviter une répétition du problème en octobre 2018, lors de la présentation du 12e DMG. « On va mieux renseigner les gens et on va mieux identifier les bacs », a-t-il dit.

Les Courses thématiques font affaire avec des consultants pour réduire leur empreinte éco-logique dans leurs autres courses, a indiqué Éric Fleury. Des progrès notables ont été enregistrés ces dernières années au Tour du lac Brome, après une année difficile en 2012 où tout le recyclage avait été acheminé au site d’enfouissement.

Les organisateurs du Tour du lac Brome ont depuis équipé tous les bacs bleus sur le site d’un couvercle muni d’un orifice et d’une affiche identifiant clairement les objets recyclables permis (bouteilles d’eau, verres, ustensiles de plastique).

« On sait ce qu’on doit faire. On va être capables de corriger la situation. On a réussi au lac Brome », assure M. Fleury.