Les agressions d’un individu violent à l’endroit de Susan Crack, qui résidait au CHSLD Marie-Berthe-Couture, n’ont aucun lien avec le décès de la septuagénaire­, selon le coroner Jean E. Brochu.

Agressions dans un CHSLD: pas de lien avec le décès d’une résidente, estime le coroner

Les agressions d’un individu violent à l’endroit de Susan Crack, résidente au CHSLD Marie-Berthe-Couture, n’ont aucun lien avec le décès de la septuagénaire. C’est la conclusion du coroner Jean E. Brochu dans son récent rapport sur cet épineux dossier.

« Il était temps que le rapport du coroner sorte. En plus du deuil, c’est lourd à porter », a confié Maurice St-Laurent, conjoint de Susan Crack. C’est que l’homme mène un combat depuis plusieurs mois pour que cessent les agressions à répétition dans les CHSLD, notamment à Marie-Berthe-Couture où est décédée sa femme le 3 août 2016. 

M. St-Laurent avait décidé de lever le voile en entrevue à La Voix de l’Est, le 20 juillet 2016, sur la violence à laquelle sont confrontés les résidents du centre d’hébergement granbyen, convaincu que les traumatismes subis par sa femme ont précipité sa mort. En fait, Mme Crack était âgée de 74 ans et atteinte d’Alzheimer lorsqu’elle a été admise le 22 juin au centre d’hébergement.

Selon son conjoint, elle aurait été blessée au bras dès le lendemain de son arrivée, à la suite d’une altercation entre un individu agressif et un autre résident. Le 24 juin, le même assaillant, qui est sous garde à vue en tout temps, s’en serait pris directement à la septuagénaire, lui assénant un coup de poing dans le ventre. Dans un nouvel élan de colère, l’homme aurait à nouveau attaqué la dame le 12 juillet durant le souper. La frêle résidente aurait alors été blessée à la hanche en chutant au sol. 

Or, seul ce dernier événement a été relaté dans le rapport du coroner. « Ce décès a été signalé au coroner en raison d’informations indiquant qu’en début de soirée le 12 juillet 2016, Mme Crack a été poussée par un autre résident de l’établissement. [...] Un examen physique a révélé que Mme Crack n’avait subi aucune blessure majeure et seul de l’acétaminophène lui a été administré après qu’on eut appliqué de la glace sur le site douloureux, à la hanche gauche. La suite de l’évolution clinique de Mme Crack et le résultat de l’autopsie ne laissent pas de doute quant au fait que le décès n’est pas en lien avec un traumatisme », stipule le document ratifié par le Dr Jean E. Brochu.

Le coroner conclut donc que Susan Crack est morte de cause naturelle, soit un infarctus du myocarde, découlant de sa maladie.

Une question de dignité

Maurice St-Laurent s’en remet totalement à la conclusion du spécialiste en enquête médico-légale. Il déplore néanmoins qu’une seule agression soit relatée dans son rapport.

« Ma femme est peut-être morte d’une cause naturelle, mais dans quelles conditions. Le stress vécu à cause de toutes les agressions a fait une différence jusqu’au dernier moment, c’est évident. L’homme violent qui l’a frappée était malade. Je ne lui en veux pas. Mais on aurait dû l’enlever de là. Tout le monde autour de lui écope, et ça continue, clame-t-il. Ça n’a pas de sens. »

Multipliant les démarches, M. St-Laurent s’est notamment adressé au bureau des plaintes du Centre intégré universitaire de santé et de services sociaux (CIUSSS) de l’Estrie, auquel est affilié le CHSLD Marie-Berthe-Couture. L’homme avait également déposé une plainte pour voies de fait sur son épouse auprès du Service de police de Granby. Il poursuit actuellement ses démarches judiciaires contre le centre d’hébergement.

« Je veux passer à autre chose. Mais c’est une question de dignité. Pas pour moi, mais pour ma femme. Elle ne méritait pas de mourir dans des conditions comme ça. » En ce sens, des négociations se poursuivent avec la partie défenderesse, a confirmé Me Kévin Lampron, qui représente M. St-Laurent dans le dossier.