En 2015, des lampadaires DEL ont été testés en face du garage municipal.

Granby veut un éclairage urbain intelligent

D’autres municipalités de la région ont déjà effectué le virage. Au tour de Granby de faire un pas de plus vers la conversion de l’ensemble de ses lampadaires de rue au DEL. Elle souhaite profiter de l’occasion pour y inclure un « système de gestion intelligente ».

« En plus de remplacer les luminaires, on va aller de l’avant avec l’étape subséquente et installer des équipements intelligents qui vont faire en sorte que ces lampadaires seront rien de moins qu’un réseau secondaire (de télécommunication) », a expliqué le maire Pascal Bonin.

La conversion des lampadaires aux diodes électroluminescentes (DEL) n’est pas une mince tâche. À Granby, ce sont les luminaires de quelque 6000 lampadaires qui devront être remplacés. Le budget complet du projet est estimé à 3,8 millions $, selon le sommaire décisionnel remis aux élus, dont les médias ont obtenu copie. Il devrait être inscrit au Programme triennal d’immobilisation de 2020.

Le processus sera toutefois lancé cette année avec la réalisation d’une étude de faisabilité par la firme Énergère, ont décidé les élus lors de la dernière séance du conseil. Énergère a mis en place un service, de concert avec la Fédération québécoise des municipalités, qui permet aux municipalités de bénéficier de conditions préférentielles pour moderniser les réseaux d’éclairage de rues.

Une première analyse d’opportunité transmise par Énergère à la Ville signale un potentiel d’économies annuelles de 292 000 $ en énergie et de 146 000 $ en coûts d’entretien.

Les luminaires au DEL présentent une durée de vie de 25 ans ou de 100 000 heures.

La Ville de Granby a fait un pas de plus afin de lancer le projet de conversion de l’ensemble de ses lampadaires au DEL.

Ville intelligente

Selon Pascal Bonin, les possibilités et les avantages de l’implantation d’un système de gestion intelligente de l’éclairage sont très grands. Il permettra entre autres d’effectuer des diagnostics en temps réel des défaillances et de réaliser des économies supplémentaires avec la graduation de l’éclairage. Il contribuera aussi à réduire la pollution lumineuse.

L’éclairage pourrait même changer de couleur, en rouge ou en bleu par exemple, au passage des véhicules d’urgence (ambulances, pompiers, policiers), grâce à la géolocalisation des véhicules, illustre le maire.

L’installation de différents senseurs sur les lampadaires pourrait en outre mesurer différents éléments, comme la qualité de l’air ou même le son, fait valoir Pascal Bonin. « C’est à nous de décider où on veut s’arrêter parce que sky is the limit », lance-t-il.

À ses yeux, ces senseurs reliés à un réseau peuvent représenter « une grande force ». « En réalité, la Ville ne possède pas de réseau. Les réseaux appartiennent à Bell, Telus, et les autres. Mais les villes ont avantage à créer des réseaux pour bien des raisons. Ça va être le premier réseau de ville intelligente poussé. Il va pouvoir être utilisé pour les mesures d’urgence et plein de choses qu’on anticipe aujourd’hui et bien d’autres qui viendront plus tard », souligne Pascal Bonin.

Sur la glace

Ce n’est pas d’hier que la Ville de Granby veut prendre le virage DEL. En 2015, elle avait aussi jonglé avec ce projet. À l’époque, une poignée de lampadaires DEL de différentes intensités et différentes compagnies avait d’ailleurs été installée face au garage municipal afin de mesurer la qualité d’éclairage des différentes options.

Le maire affirme que certaines préférences ont été notées, de sorte que la Ville sait déjà ce qu’elle veut comme éclairage.

La mise en oeuvre de la conversion de l’éclairage traditionnel vers le DEL avait toutefois été mise sur la glace, relève Pascal Bonin, parce que les technologies n’étaient pas aussi avancées.

« On voulait ce réseau intelligent et avec notre patience, on y arrive », dit-il.