Les élus de Granby ont adopté une résolution lundi pour manifester le désir de se faire entendre, sur la question du financement, auprès des membres du comité sur la réalité policière qui tiendront des consultations cet automne.
Les élus de Granby ont adopté une résolution lundi pour manifester le désir de se faire entendre, sur la question du financement, auprès des membres du comité sur la réalité policière qui tiendront des consultations cet automne.

Granby veut se faire entendre sur le financement des services de police

Marie-France Létourneau
Marie-France Létourneau
La Voix de l'Est
L’impasse persiste dans le financement des services policiers alors que la Ville de Granby continue à réclamer un traitement plus équitable. Elle souhaite se faire entendre sur le sujet auprès des membres du Comité sur la réalité policière qui tiendront des consultations cet automne.

Les élus ont adopté une résolution en ce sens lors de la récente séance du conseil municipal. «Ça fait sept ans qu’on est au même point. Il serait temps qu’il y ait quelque chose qui se passe dans le dossier», a laissé tomber le maire, Pascal Bonin.

Celui-ci dit être bien conscient que la crise sanitaire oblige le gouvernement du Québec à revoir l’ordre de priorité des dossiers. Mais, à Granby, la COVID-19 a eu pour effet de démontrer le bien-fondé du service de police municipal, selon lui.

«Avec la pandémie, je pense que les citoyens ont vu l’importance encore plus grande d’avoir un service municipal, avec tous les services de proximité qu’il peut accorder. C’est un atout», a d’ailleurs commenté le conseiller municipal responsable des dossiers de sécurité publique, Jean-Luc Nappert, lors de l’adoption de la résolution.

Le hic, c’est que Granby assume à 100% les coûts de son service de police, contrairement aux municipalités de même taille qui reçoivent les services policiers de la Sûreté du Québec. Ceux-ci sont financés à près de 50% par le gouvernement du Québec.

Granby assume à 100% les coûts de son service de police, contrairement aux municipalités de même taille qui reçoivent les services policiers de la Sûreté du Québec.

Iniquité à corriger

La situation est aussi décriée par les municipalités de Saint-Jean-sur-Richelieu et Saint-Jérôme, alors qu’elles sont dans la même situation que Granby. Les trois villes font d’ailleurs front commun dans ce dossier.

Elles avaient d’ailleurs réitéré leur demande d’un «financement équitable et récurrent» pour les services policiers au début de l’année, à la suite de l’octroi de 75 millions $ en subventions aux municipalités qui ont recours aux services de la Sûreté du Québec, par la ministre de la Sécurité publique, Geneviève Guilbault.

Le directeur de cabinet de la ministre a assuré à la Ville, par écrit en août dernier, que «les coûts des services policiers constituent une préoccupation importante pour le ministère de la Sécurité publique». En contrepartie, le ministère «ne dispose d’aucun programme pour financer les municipalités pour leur corps de police municipal», fait-il valoir.

La récente résolution adoptée par la Ville a ainsi pour objectif de «manifester son insatisfaction» à la ministre quant à la réponse reçue.

Granby demande en outre «de corriger l’iniquité par l’inclusion de l’ensemble des municipalités ayant un corps policier de niveau un à la subvention de 50 % du Fonds des services de police». C’est cette demande qu’elle souhaite aussi déposer au Comité consultatif sur la réalité policière, dans le cadre des consultations prévues.

«On demande un financement équitable. Présentement, on finance les autres municipalités qui ont la SQ [NDLR: les contribuables, à même leurs impôts versés au provincial], tandis qu’on paye 100% de la facture. Il y a une iniquité pour nous», martèle le maire Bonin.