La Ville de Granby souhaite faire un pas de plus pour améliorer la protection des arbres et du couvert forestier.

Granby veut préserver son couvert forestier

La Ville de Granby souhaite faire un pas de plus pour améliorer la protection des arbres et du couvert forestier sur son territoire. Une série de modifications a été apportée à la réglementation pour revoir certaines normes.

«C’est une première étape. Ça se peut qu’il y en ait d’autres avec la réflexion lancée pour la révision du Plan environnement. Mais on voulait bouger. Parfois, il y a des choses qui ont du sens tout de suite et on a décidé d’agir pour éviter qu’il y ait des coupes de trop avant qu’on ait nos politiques ou toutes autres choses qui pourraient s’en venir», explique l’urbaniste à la Ville, Yani Authier. 

Un avis de motion a été déposé lors de la dernière séance du conseil municipal. Une assemblée publique de consultation s'est déroulée jeudi à ce sujet. Un second projet de règlement devrait être adopté en juin. Le tout sera par la suite acheminé à la MRC de la Haute-Yamaska pour approbation. 

Une des modifications apportées au règlement s’applique en zone agricole. «Au lieu d’autoriser 30% de prélèvement des tiges sur cinq ans, ça va plutôt être sur dix ans. Ça va assurer une meilleure protection de nos couverts forestiers», note M. Authier. 

Selon lui, les «tiges» visées ont un diamètre de quatre pouces et plus. «Certains appellent ça des tiges commerciales. Dans le fond, ce sont des arbres sains, qui sont prélevés pour faire des planches ou autres. Les propriétaires pourront enlever 30% des tiges sur leur terrain. Mais ça va être aux dix ans au lieu de cinq», précise l’urbaniste.

Yani Authier, urbaniste à la Ville de Granby

Stationnements

Les stationnements des commerces et industries devront aussi se faire plus verts. Le règlement prévoyait auparavant la présence d’un arbre par 1000 mètres carrés de cour avant, mais les stationnements en étaient exclus. Cela ne sera plus le cas. Une norme est ajoutée pour y prévoir également la présence d’un arbre par 1000 mètres carrés, d’un diamètre minimal de cinq centimètres, mesuré à 25 centimètres du sol à la plantation. Des îlots de verdure devront ainsi être aménagés.

«Ça va permettre de combattre davantage les îlots de chaleur. En réalité, on va demander plus d’arbres dans les grandes mers de stationnement», affirme Yani Authier.  

Il est aussi spécifié que les essences d’arbres doivent être variées, dans une proportion d’un tiers de conifères et de deux tiers de feuillus, pour éviter les monocultures et les ravages que pourrait causer la présence d’un insecte, comme l’agrile du frêne.

Souplesse    

Un peu plus de souplesse est par ailleurs offert aux citoyens qui aimeraient abattre un arbre encore sain, mais jugé dérangeant, par exemple par son positionnement. Alors que cela était auparavant interdit, il sera désormais possible de le faire, mais à la condition que l’arbre soit remplacé par un autre arbre d’un «diamètre intéressant». «L’arbre devra être à 4,5 cm au DHP [NDLR: diamètre à hauteur de poitrine]. Les gens devront le garder jusqu’à ce qu’il ait un diamètre au sol de 15 cm, à moins qu’il soit mort ou malade. L’arbre devra être planté dans la même cour que l’arbre qui sera enlevé», fait valoir l’urbaniste au service de la planification et de la gestion du territoire.    

«On veut conserver un certain couvert forestier, mais on va donner un peu de souplesse aux propriétaires», ajoute Yani Authier en confirmant que la précédente mouture du règlement suscitait plusieurs critiques. «On y a réfléchi et on est arrivé avec cette alternative-là», dit-il.  

Autre changement: l’abattage d’arbres ne pourra excéder 20% des tiges, plutôt que 30%, par période de 10 ans dans les pentes de 30% et plus. L’abattage est également réduit à un maximum de «20% des tiges pour les 15 premiers mètres autour du périmètre urbain pour garder le plus possible une bande boisée entre le périmètre urbain et la zone agricole», détaille-t-il.      

Afin d’annoncer ses couleurs, la Ville a par ailleurs ajouté un énoncé de principe à sa réglementation sur l’abattage d’arbres. «Ces exigences permettront de préserver la biodiversité, conserver les biens et services écologiques rendus par la forêt, assurer la qualité des corridors écologiques forestiers ainsi que maintenir ou renforcer la présence d’arbres dans les secteurs urbains afin de contrer les îlots de chaleur», est-il notamment relevé.   

«On veut montrer l’idée vers laquelle on tend avec cette réglementation», dit Yani Authier. Selon lui, c’est la première fois qu’un aussi grand nombre de modifications est apporté depuis la révision du plan d’urbanisme en 2016.