Le plan de conservation de la Ville de Granby permettra d'identifier des milieux naturels à protéger. Des milieux humides dans le bassin versant du lac Boivin ont été signalés dans le plan directeur de l'eau de la MRC pour être préservés.

Granby veut conserver ses milieux humides et forestiers

La Ville de Granby se dotera d'un plan de conservation des milieux humides et forestiers. Il inclura également des mesures concernant la protection de la faune.
Des fonctionnaires travaillent à l'élaboration du plan, indique Gabriel Bruneau, directeur du service de la planification et de la gestion du territoire à la Ville. « Quelle protection veut-on se donner comme cible ? Quel pourcentage du territoire vise-t-on ? Et quels sont les moyens d'y arriver ? On est en train de définir tout ça », explique-t-il en entrevue. « On veut avoir des cibles réalistes et tout ça dans une cohérence environnementale­ et socioéconomique. »
Dans le cadre de leur démarche, M. Bruneau et son équipe ont rencontré des collègues de la Ville de Saint-Jean-sur-Richelieu. La municipalité s'est dotée d'un plan de conservation des milieux naturels en 2009. Cette expérience acquise aidera la Ville de Granby à construire son propre plan, souligne-t-il. Un copier-coller est impensable, selon lui. « Ça nous donne de bonnes pistes, mais toutes les municipalités ont leurs particularités géographiques. On peut apprendre des erreurs des autres villes. Mais on doit réfléchir de notre côté et se baser sur les connaissances que nous avons de notre propre territoire. »
Le travail de réflexion se poursuivra sur plusieurs mois, a dit M. Bruneau. « On va faire un gros bout de chemin cette année », a-t-il indiqué. Il n'a pu dire quand une ébauche du projet sera présentée­ au conseil municipal.
La réalisation d'un plan de conservation des milieux naturels survient alors que le projet de loi 132 est encore à l'étude à l'Assemblée­ nationale. 
Ce projet de loi concerne les milieux humides et hydriques. Si elle est adoptée dans sa forme actuelle, la loi sera basée sur le principe d'aucune perte nette. Cela obligera les promoteurs et les municipalités à compenser toutes les pertes et les perturbations subies dans les milieux humides. En clair, ils devront restaurer ou créer des milieux humides de superficies et valeur égales à ceux perturbés. Ils pourraient également devoir verser des compensations. L'argent servirait à rétablir ou créer des milieux humides dans d'autres secteurs.
Milieux naturels prioritaires
Les MRC seraient appelées à identifier des milieux humides jugés prioritaires à protéger. D'ailleurs, le plan directeur de l'eau de la MRC de la Haute-Yamaska identifie cinq milieux humides sur son territoire comme étant prioritaires. De ceux-ci, quatre se trouvent à Granby : deux collés sur le lac Boivin, celui où passe le ruisseau Noir (secteur de la rue Saint-Charles Sud) et celui où se trouve le ruisseau Barré (dans le nord). Le cinquième milieu humide identifié se trouve au sud du lac Waterloo, dans le bassin versant du ruisseau Cavalier. 
Une consultation publique a été organisée le 31 mai sur le plan directeur de l'eau. Le PDE sera présenté au conseil des maires de la MRC avant la fin de l'été pour adoption.
La Ville de Granby poursuivra ses efforts pour repérer les milieux naturels d'importance, a souligné M. Bruneau­. « On doit continuer d'acquérir des connaissances de notre territoire », a-t-il dit.
Le plan de conservation pourrait prévoir plusieurs mesures pour atteindre les objectifs fixés par la Ville, a dit M. Bruneau. Elles pourraient se décliner en cadre réglementaire, en aires de conservation, en réserves naturelles et en acquisition, a-t-il dit. Les secteurs boisés seront aussi considérés, a-t-il précisé.
La Ville de Granby va aménager un passage faunique sous la rue George-Slack. Le tunnel permettra aux petits mammifères de circuler en sécurité entre les boisés Miner et la forêt plus au sud.
Passage faunique
Les travaux pour aménager un passage faunique sous la rue George-Slack auront lieu au mois de juillet. Ils seront réalisés par les employés des travaux publics de la Ville, a indiqué Gabriel Bruneau.
La Ville devait les entreprendre à la fin de l'automne, mais l'arrivée soudaine de temps plus froid a contrecarré les plans, a dit M. Bruneau. Le délai a permis d'apporter quelques ajustements au projet, a-t-il dit. Au lieu d'un ponceau de forme circulaire, le passage faunique aura une forme triangulaire. Son diamètre sera de 600 millimètres. «L'effet d'éclairage est meilleur. C'est un meilleur environnement pour que les animaux l'utilisent», explique-t-il. 
L'installation d'un ponceau spécial vise à permettre aux petits mammifères de pouvoir passer des boisés Miner à la forêt situé au sud du quartier. En préparant les plans des rues, les promoteurs ont enclavé les boisés Miner, rendant impossible la migration des animaux. Le service d'urbanisme de la Ville n'avait pas noté le problème à l'époque. La Ville s'est depuis dotée d'un règlement sur les corridors fauniques. Tous les nouveaux projets résidentiels dans des milieux forestiers devront prévoir de tels corridors pour le déplacement de la faune.
Les travaux devraient coûter entre 35 000 $ et 40 000 $.
L'équipe de M. Bruneau étudiera aussi la possibilité d'aménager des passages à tortues dans le secteur des rues Drummond et Quévillon. L'endroit regorge de ces petits reptiles, surtout lors de la période de ponte.