La clinique de dépistage de la COVID-19 de Granby a accueilli 300 personnes, samedi, pour sa première journée d’ouverture. Quelque 245 tests ont été faits.
La clinique de dépistage de la COVID-19 de Granby a accueilli 300 personnes, samedi, pour sa première journée d’ouverture. Quelque 245 tests ont été faits.

Granby: un premier week-end achalandé à la clinique de dépistage

Plus de 500 personnes se sont présentées à la clinique de dépistage de la COVID--19 de Granby, lors de cette première fin de semaine d’ouverture. De ce nombre, 392 ont été testées et recevront leur résultat à l’intérieur de 48 heures.

Du personnel a dû faire un pré-triage dans la file à l’extérieur du centre de test afin de s’assurer que les personnes en attente respectaient les trois critères exigés pour passer un test : revenir de voyage, présenter un ou plusieurs des symptômes entre la fièvre, la toux et les difficultés respiratoires, et que ces symptômes soient apparus dans les 14 jours suivant le retour du voyage.

Plus d’une centaine de personnes ne répondaient pas à ces critères.

« Ce qu’on demande aux gens, c’est d’être solidaires. S’ils pensent qu’ils n’ont pas besoin d’être dépistés et qu’ils y vont, ils enlèvent la place à quelqu’un d’autre », explique Annie-Andrée Émond, porte-parole du CIUSSS de l’Estrie-CHUS. 

« Ça va très bien, ajoute-t-elle. On a fait de petits ajustements au niveau de la logistique. »

Les employés ont par exemple renvoyé à la maison, sans avoir fait de prélèvement, une femme de Lac-Brome qui était revenue de voyage une quinzaine de jours avant, mais qui a développé des symptômes dans les 14 jours du retour de voyage.

Il s’agissait d’une erreur, indique Mme Émond. Elle aurait dû être examinée et un échantillon aurait dû être prélevé puisque les symptômes se sont développés dans les 14 jours suivants son retour.

Il n’est pas non plus nécessaire de communiquer avec la nouvelle ligne dédiée au coronavirus pour pouvoir se rendre à la clinique sans rendez-vous. 

Isabelle Châtelain, de Granby, avait compris qu’il fallait le faire pour que son nom soit sur la liste à la clinique. Or, ça lui aura pris 16 heures pour réussir à parler à une infirmière au bout de la ligne. 

Mme Châtelain a voyagé au Costa Rica. Elle est revenue le 2 mars. Elle a notamment une toux depuis environ une semaine.

Rapide et efficace

La clinique, quant à elle, est très efficace, affirme Mme Châtelain. En une heure, tout était fait et elle était même de retour chez elle.

« Ce n’est pas un gros chapiteau, mais c’est parfait. Il peut y avoir cinq ou six personnes à la fois en plus du personnel. Une dame te pose des questions, prend ton numéro pour te rappeler pour les résultats. L’infirmière prend un échantillon dans la gorge et ensuite dans le nez. C’est le même dépistage que pour l’influenza, ou à-peu-près. Ensuite, une autre dame nous donne le papier avec les règles à suivre pour l’isolement à la maison pour les personnes sous investigation. Elle m’a donné des masques et m’a dit d’éviter de sortir. De toute façon, je n’ai pas le goût de sortir. »

Elle peut faire du télétravail, ce qui n’est pas le cas de son conjoint qui, lui, a eu un papier pour justifier son absence puisque l’isolation se termine le 16 mars ou plus tard, si elle a effectivement la COVID-19.

« Impressionné »

Michel Duchesneau, ex-maire de Granby, est lui aussi passé sous la tente. L’homme d’affaires est revenu de voyage mardi dernier. Il a développé depuis des « symptômes bizarres ». S’il ne craint pas la maladie, il souhaitait tout de même passer le test pour éviter de contaminer ses proches.

 « J’ai été vraiment impressionné ! J’ai l’impression que le gouvernement s’est retourné sur un dix cents parce qu’ils ont monté tout cet équipement-là très rapidement, ils ont monté un gros système électrique, il y a aussi le chauffage. C’est très efficace. On rentre et rapidement les questions sont posées. C’est direct. Si on est un sujet qui pourrait être contaminé, rapidement les tests sont faits. »

Il a lui-même remarqué que des gens attendaient en file alors qu’ils n’auraient pas dû être là. « C’est sûr que la problématique, c’est que des gens ne suivent pas la consigne. Il y a des gens qui n’ont pas fait de voyage, ils toussent un peu, et ils se présentent quand même. Ça augmente l’attente. Une infirmière venait souvent dehors pour parler aux gens. Je pense qu’on ne peut pas faire mieux dans la situation. »

M. Duchesneau applaudit par ailleurs la façon dont le gouvernement Legault gère la crise. 

Le centre de test est ouvert tous les jours, de 8 h à 20 h, et ce, pour une durée indéterminée.

Délai prolongé

Alors qu’on mentionnait un délai de 24 à 48 h, vendredi, avant de recevoir la réponse à un test de la COVID-19, le CIUSSS constatait dimanche que le temps d’attente était désormais de 48 à 72 h. « De par la demande et parce qu’on répond très bien à la demande de bien dépister les bonnes personnes, effectivement, il y a un délai, explique la Dre Marie-Maud Couture, chef du département d’urgence.

— Avec La Tribune