Les OSBL qui redonnent une seconde vie et vendent des vélos usagés profiteront du nouveau programme de subvention de la Ville, se réjouit Simon Robert, coordonnateur d’Écolo-Vélo du Cœur.

Granby subventionnera l’achat de vélos

Granby n’est pas seulement zoo, selon le maire Pascal Bonin. La Ville est aussi vélo. À preuve, dit-il, un programme de subventions permettra aux Granbyens de recevoir une aide financière à l’achat d’un vélo, qu’il soit neuf, usagé ou électrique.

« C’est un essai, mais je pense que c’est un programme qui risque d’avoir du succès, en plus de stimuler l’économie de la ville », a lancé mercredi le maire Bonin.

L’avis de motion a été déposé lors de la dernière séance du conseil. Le nouveau programme devrait être adopté à la prochaine séance publique et entrer en vigueur vers la fin juin, selon le coordonnateur de la division environnement à la Ville, Serge Drolet.

En vertu de ce programme, les Granbyens recevront une remise de 50 $ à l’achat d’un vélo neuf standard. L’aide financière grimpera à 75 $ pour un vélo standard usagé, acheté d’un organisme sans but lucratif de Granby, tels que la Fondation Gérard-Bossé ou Écolo-Vélo du Cœur, ainsi qu’à 100 $ pour l’achat d’un vélo électrique neuf.

Parmi les conditions d’admissibilité: le vélo doit avoir été acheté chez un commerçant ayant pignon sur rue à Granby.

Le programme ne sera applicable qu’une seule fois par citoyen.

La remise peut être accordée au requérant à l’achat d’un vélo pour lui-même ou à l’achat d’un vélo pour chaque enfant dont il a la garde.

Les objectifs sont multiples, estime le maire. En plus de favoriser la mobilité active et les saines habitudes de vie, cela aidera les familles dont les revenus sont limités à acheter un vélo à un coût raisonnable.

Coup de main
Les OSBL qui redonnent une seconde vie aux vélos usagés profiteront aussi de cette initiative. « En même temps, c’est pour une bonne cause. Ils en ont besoin. On vient de leur donner un coup de main », estime Pascal Bonin.

Le coordonnateur d’Écolo-Vélo du Cœur, Simon Robert, a salué le geste de la Ville mercredi. « Quand il y a une ristourne, ça encourage tout le monde », a-t-il fait valoir.

Les prix des vélos vendus à la boutique de la rue Cowie varient d’une vingtaine de dollars à plusieurs centaines de dollars, selon M. Robert qui souligne que l’endroit est doublé d’un volet social. Bon an mal an, environ une soixantaine de jeunes transitent par l’endroit dans le cadre de stages étudiants ou de projets d’insertion sociale. D’autres font l’objet de subventions salariales.

Autre avantage non négligeable de cette mesure du programme qui vise l’achat de vélos usagés, selon Serge Drolet: « cela favorise le réemploi ».

Bouger
Selon le coordonnateur de la division environnement, la Ville de Granby serait d’ailleurs la seule à proposer un programme de subvention du genre à ses citoyens. La Ville de Laval offre aussi une remise, mais à l’achat d’un vélo ou d’une voiture électrique.

Le maire Bonin et Serge Drolet soulignent que cette initiative s’inscrit dans la foulée des nouvelles infrastructures mises en place au cours des dernières années par la Ville pour favoriser la mobilité active.

« On veut que les gens bougent et se déplacent à vélo. Ça (le programme) peut être un facilitateur. Pourquoi ne pas faire un petit Amsterdam ici? Ce serait envisageable », dit M. Drolet.

Pascal Bonin rappelle que de nouvelles pistes cyclables et multifonctionnelles seront aménagées dans le secteur des rues Horner, Laval, Cowie et Robinson cet été, dans le cadre du renouvellement des infrastructures souterraines.

« La mobilité, il y a 50 ans, c’était des trottoirs. Aujourd’hui, c’est des pistes multifonctionnelles. Je pense que c’est l’avenir et qu’il faut continuer là-dedans. Il faut finir notre réseau. La toile d’araignée doit se tisser entre les grands axes: la Montérégiade, l’Estriade. Il faudra relier le canton à la ville. Il y aura aussi une piste cyclable sur la rue Principale », dit le maire.

« L’augmentation des déplacements à vélo, plutôt qu’en auto, ne peut être que bénéfique pour tout le monde », ajoute-t-il.

Une enveloppe de 25 000 $ a été prévue pour la première année de ce programme de subventions. S’il devait s’avérer très populaire, les élus pourraient décider de le bonifier, glisse Pascal Bonin.

Il s’agit du deuxième programme de subvention en matière d’environnement adopté cette année à Granby. La Ville rembourse depuis avril dernier 25 % de la facture des citoyens qui font l’achat et l’installation d’une borne de recharge résidentielle pour véhicule électrique, jusqu’à concurrence de 250 $ par borne. De tels programmes sont aussi offerts pour l’achat d’un arbre, d’un baril récupérateur d’eau de pluie, de toilettes à faible débit, de tondeuses écologiques, de lames déchiqueteuses et de couches de coton.