La Ville de Granby n’a pas l’intention d’acquérir la maison Tomkins, située rue Mountain, pour la transformer en musée.

Granby s'oppose à la conversion de la maison Tomkins en musée

La Ville de Granby n’a pas l’intention d’acquérir la maison Tomkins, située rue Mountain, pour la transformer en musée, comme l’a suggéré la succession des défunts propriétaires.

Bien qu’aucune demande officielle n’ait été déposée à l’administration municipale, une majorité d’élus s’est prononcée contre la pertinence d’analyser davantage ce projet, lundi, lors de la réunion préparatoire précédant la séance du conseil municipal. Seuls deux conseillers municipaux, Jean-Luc Nappert et Denyse Tremblay, s’y sont montrés favorables.

Le maire de Granby, Pascal Bonin, a fait valoir que la facture pourrait grimper rapidement dans ce projet, voire atteindre « les sept chiffres », alors que le prix de vente oscille autour de 450 000 $ et que des travaux seraient à réaliser, entre autres afin que la maison réponde aux normes du Code du bâtiment.

« J’aimerais rappeler aux gens que les citoyens de la ville de Granby sont propriétaires d’un immeuble qui est tout près de là, qui s’appelle la Ferme Héritage Miner et qui vaut au-dessus de 1,5 million de dollars. Si la Ville veut faire un musée sur la ville de Granby, elle a une grange qui n’a pas d’occupation principale. Je verrais mal la Ville racheter quelque chose d’autre », a-t-il affirmé lors de la dernière séance du conseil.

Le Granbyen Georges Rivard a plaidé en faveur de la conversion de la maison Tomkins en musée.

Plaidoyer

Le maire a fait cette déclaration après qu’un citoyen, Georges Rivard, ait plaidé en faveur de la conversion de la maison Tomkins en musée. Construite en 1894 par l’homme d’affaires James A. Tomkins, la maison bleue de style néo-Queen Anne n’a connu que trois propriétaires et fait office d’emblème patrimonial de la ville, selon le livre Patrimoine et histoire produit par la Société d’histoire de la Haute-Yamaska.

Le 18, rue Mountain a aussi été la résidence de l’industriel et politicien Joseph-Hermas Leclerc. Depuis 1967, elle était la propriété de Maurice et Carmen Marquis. Le couple, aujourd’hui décédé, caressait le rêve que l’endroit, dont il a toujours pris un soin jaloux, soit transformé en musée sur l’histoire de la ville.

La fille aînée du couple, Sophie Marquis, a récemment relancé l’idée dans La Voix de l’Est.

Le maire Bonin croit cependant que le secteur se prête peu à la transformation de l’endroit en un lieu public. La rue Mountain est déjà au cœur d’une problématique de circulation, note-t-il. Aussi, les voisins apprécieraient-ils la nouvelle vocation de l’endroit et son flot de visiteurs ? , s’interroge-t-il.

Choix

L’administration municipale n’est d’ailleurs pas en reste en terme de préservation du patrimoine, estime Pascal Bonin. À preuve, cite-t-il en exemple : les travaux actuellement en cours pour réaménager l’église Notre-Dame, dont une partie sera utilisée par le Cégep de Granby et l’autre par la Ville, alors que la nef sera transformée en salle multifonctionnelle.

Le maire a déploré du même souffle que le projet ait d’abord été évoqué dans les médias plutôt que d’avoir fait l’objet d’une présentation à la Ville.

« On essaie de mettre une pression médiatique sur le conseil de ville pour acheter la maison. [...] Je n’ai pas de problème avec ça. Mais de notre côté, on n’a pas d’intérêt à en faire l’acquisition pour le moment. Il y a beaucoup de projets. Il reste l’orgue [à restaurer à l’église Notre-Dame]. Il y a beaucoup de besoins dans notre population. Il faut y répondre du mieux qu’on peut. On a des budgets limités et il faut faire des choix », affirme-t-il.

DES PROJETS POUR LA SOCIÉTÉ D’HISTOIRE

Aux prises depuis longtemps avec un problème d’espace pour la conservation de ses archives, la Société d’histoire de la Haute-Yamaska pourrait-elle loger dans l’édifice que la MRC envisage de construire ? L’idée est sérieusement envisagée, a laissé entendre le maire de Granby, Pascal Bonin, lors de la dernière séance du conseil municipal. Et elle plaît à la directrice de la Société d’histoire, Johanne Rochon. 

« Ça répondrait à un besoin. La Ville nous a déjà offert le troisième étage du Palace, mais ce n’est pas adéquat pour conserver des archives. On est vraiment coincés, à l’étroit dans nos locaux », dit-elle. 

Selon Mme Rochon, la Société d’histoire n’a pas besoin d’avoir pignon sur la rue Principale. À l’opposé, le maire ne cache pas qu’il verrait d’un bon œil la station de radio M-105, actuellement à l’étage du Palace, emménager dans les locaux que libérerait ainsi la Société d’histoire. Alors qu’il est envisagé d’aménager une place publique de la chanson dans ce secteur du centre-ville, une plus grande proximité de la station de radio serait logique, dit Pascal Bonin. 

Les maires de la MRC de La Haute-Yamaska ont déjà statué que l’immeuble de la rue Dufferin où loge l’organisme sera démoli pour permettre la construction d’un nouvel édifice. Des plans sont actuellement en élaboration. « Le dossier va s’accélérer dans quelques semaines quand les architectes auront précisé les coûts. On est là-dedans. Ça va nous aider à prendre des décisions », dit le maire.