Granby: six candidats croiseront le fer

Alors que François Bonnardel sollicite un cinquième mandat dans la circonscription de Granby, ses cinq adversaires ne comptent pas lui céder un pouce dans cette course qui s’annonce relevée.
François Bonnardel, CAQ ­

Les deux pieds dans les blocs de départ, le leader parlementaire de la Coalition avenir Québec se dit « extrêmement fébrile ». « Une campagne électorale, c’est ni plus ni moins que mes Olympiques, a confié François Bonnardel. Je veux montrer aux gens que je suis toujours animé par ce désir de les représenter. [...] Mais je ne tiens rien pour acquis. C’est ma cinquième élection, mais j’ai l’impression d’avoir commencé hier. »

Celui qui est devenu député il y a 11 ans voit le scrutin du 1er octobre se profiler comme un moment charnière. « Le Québec est animé par un désir de changement plus fort que jamais. C’est une élection qui pourrait être historique. Ce n’est pas banal. Être aux portes du pouvoir, c’est un énorme défi. Celui de mettre fin à 50 ans de dualité politique au Québec. On a tellement travaillé pour en arriver là. C’est avec beaucoup d’humilité que l’on souhaite obtenir la confiance de la population. »

Soulignant avoir fait cheminer plusieurs dossiers au cours des dernières années, François Bonnardel veut poursuivre sur sa lancée. « Humblement, à Granby, le travail n’est pas terminé. Vous allez m’entendre parler de santé, de transport et de main-d’œuvre », a-t-il indiqué.

Chantal Beauchemin, PQ

Bien qu’elle en soit à ses premières armes en politique, la candidate du Parti québécois, Chantal Beauchemin se dit très à l’aise dans son nouveau rôle. « Ça fait déjà un bout que je suis active sur le terrain et que je vais à la rencontre des citoyens. Comme enseignante, l’écoute et l’idée de la relation d’aide, c’est quelque chose que j’ai développé au cours des 28 dernières années. Vraiment, c’est une campagne qui m’allume », a-t-elle confié.

Le programme du PQ est son outil de prédilection pour convaincre les électeurs d’apposer leur x dans sa case le 1er octobre. « Je me sens tout en confiance, parce que les idées du Parti québécois, j’y crois. On a besoin d’amener une différence dans notre gouvernance. [...] C’est ce que les gens veulent », a-t-elle mentionné.

Son principal cheval de bataille est, sans surprise, l’éducation. « Il y a vraiment un manque flagrant d’aide et de support aux enseignants pour accroître notre niveau de réussite scolaire. Présentement, on dégringole », a-t-elle affirmé. L’environnement et la santé sont aussi parmi ses priorités.

Lyne Laverdure, PLQ

À l’instar de Mme Beauchemin, la candidate libérale Lyne Laverdure dit avoir commencé il y a quelques semaines à prendre le pouls de la population et des élus. Selon elle, les citoyens sont particulièrement préoccupés par la pénurie de main-d’œuvre. Idem pour la conciliation travail famille et l’éducation. L’environnement est aussi au cœur des priorités dans la communauté, a-t-elle souligné. « Mon objectif est d’augmenter la qualité de vie des gens du comté. »

Le vaste dossier santé suscite aussi beaucoup de commentaires chez les gens qu’elle a rencontrés jusqu’ici. À ce chapitre, Mme Laverdure dit comprendre le mécontentement d’une partie de la population, principalement les usagers du système de santé. « Le temps d’attente [à l’urgence], il faut le diminuer, a-t-elle fait valoir. C’est majeur. Il y a eu de l’amélioration, mais il y a encore place à amélioration. [C’est aussi le cas] avec les soins à domicile. »

Malgré qu’elle concède que la bataille s’annonce corsée jusqu’à l’élection, Lyne Laverdure ne souhaite pas se lancer dans une guerre de tranchées. « Je vois une campagne propre. [...] Que je sois au parti gagnant ou à l’opposition, je défendrai [les intérêts de la population] de la même façon. »

Pierre Bélanger (PCQ)

Le Parti conservateur tentera un retour. Le notaire Pierre Bélanger portera les couleurs de la formation.

Il tentera de séduire l'électorat en prônant des «idées de la droite économique». «Je trouve que la société québécoise se tourne de plus en plus vers la gauche depuis une cinquantaine d'années, vers un État de plus en plus présent dans plusieurs domaines où il ne devrait pas intervenir», a-t-il indiqué en entrevue.

De plus, M. Bélanger remet en question la gestion des services de santé et d'éducation. Il estime que l'administration de ces secteurs d'activité devraient être «calquée sur celle du privé». «Dans les hôpitaux, il n'y a aucun incitatif à servir plus de gens», a soulevé le candidat conservateur. Il préconiserait notamment des modifications au mode de financement des hôpitaux afin de «favoriser la compétition entre les établissements».

Vent de jeunesse
Qui a dit que les jeunes boudent la politique? La prochaine campagne dans Granby a de quoi confondre les sceptiques. En effet, deux femmes de 21 ans brigueront les suffrages le 1er octobre. Et toutes deux sont étudiantes à l’Université de Sherbrooke.

Daphné Poulin, PVQ

Daphné Poulin portera les couleurs du Parti vert. Celle qui s’intéresse à la philosophie souhaite incarner le renouveau en politique chez les jeunes. « On a beaucoup de difficulté à se retrouver dans les candidats “traditionnels”, tant au niveau des idées que de notre tranche d’âge », a-t-elle fait valoir en entrevue. Parmi les priorités de la candidate figure « l’intégration des cours d’éducation sexuelle dans le cursus scolaire des enfants ». L’agrégation du bénévolat au cœur du parcours scolaire d’étudiants du secondaire et du collégial, de même que « l’amélioration de l’offre de transport en commun » l’interpellent également.

Anne-Sophie Legault, QS

De son côté, Anne-Sophie Legault représentera Québec solidaire. Ses principaux champs d’intérêt sont l’environnement, la justice sociale et l’éducation. La bonification de la formation des enseignants est primordiale, estime celle qui étudie dans ce domaine. « J’ai vu énormément de lacunes, a-t-elle confié. On n’est pas assez préparés pour le terrain et pour faire face aux élèves en difficulté. Et je trouve que la profession, qui emploie une majorité de femmes, n’est pas assez valorisée. »

« Il faut remanier l’éducation, a-t-elle renchéri. Et ce n’est pas en restant passif que les choses vont changer ! Je suis le genre de fille qui a le goût de changer le monde. »