La Ville de Granby a fait l’achat de 1200 coupons repas de l’organisme Partage Notre-Dame qui seront distribués aux citoyens qui en ont besoin par les policiers ou les intervenants de l’organisme Impact de rue.
La Ville de Granby a fait l’achat de 1200 coupons repas de l’organisme Partage Notre-Dame qui seront distribués aux citoyens qui en ont besoin par les policiers ou les intervenants de l’organisme Impact de rue.

Granby offre des repas aux plus démunis

Marie-France Létourneau
Marie-France Létourneau
La Voix de l'Est
La Ville de Granby a acheté 1200 coupons repas pour la soupe populaire de Partage Notre-Dame afin de soutenir les citoyens moins bien nantis ou en situation d’itinérance. Ces coupons seront distribués par les policiers et l’organisme Impact de rue.

«On parle moins de pauvreté en temps de pandémie, mais elle est toujours là», affirme le maire Pascal Bonin.

Selon lui, la distribution de coupons repas n’est pas nouvelle. Elle a été initiée le printemps dernier, durant la période de confinement. Et l’initiative a été appréciée de tous.

«Nos policiers à vélo, à moto ou en véhicule de patrouille en ont remis à des gens qu’ils remarquaient et qui étaient dans le besoin. Ça a été très positif», dit le porte-parole du service de police, Guy Rousseau.

Même son de cloche d’Alexandra, une travailleuse de rue à l’emploi de l’organisme Impact de rue à Granby. «Je n’en donne pas à tous ceux que j’accompagne, ni en grande quantité. J’en donne à ceux qui en ont besoin. Les coupons aident les gens à manger ou à mettre le 2,50 $ (prix du repas) dans autre chose cette journée-là», fait-elle valoir.

Alexandra souligne qu’il lui est arrivé, avant d’avoir les coupons, d’offrir un repas à même son «budget de rue», à certaines personnes. « Ce n’est pas un gros budget. On est dans le communautaire; on fait ce qu’on peut. Mais les coupons sont appréciés parce qu’on peut mettre des sous ailleurs pour aider d’une autre façon. On essaie de répondre aux besoins de base. Si le besoin de nourriture est comblé, on peut aider d’une autre façon », dit-elle.

Cette aide peut ainsi parfois prendre la forme d’une paire de chaussettes chaudes, d’un test de grossesse ou d’une pinte de lait et d’un pain, dit-elle.

Sortir de la crise 

Selon la directrice de l’organisme Partage Notre-Dame, Chantal Descoteaux, le geste de la Ville répond assurément à un besoin.

«Avec la deuxième vague, il y a d’autres problématiques qui arrivent. Il y a encore des gens sans travail. La Prestation canadienne d’urgence (PCU) est terminée. Ça devient plus compliqué pour certaines personnes. Il y en a plusieurs qui se retrouvent dans des situations vulnérables», relève-t-elle.

Partage Notre-Dame offre des repas aux plus démunis, du lundi au vendredi. Entre 50 et 60 personnes en moyenne se présentent quotidiennement, de 11h30 à 12h15, aux locaux de l’organisme situé à l’angle des rues Saint-Antoine et Racine.

COVID-19 oblige, les repas ne sont pas offerts sur place, mais pour emporter. Un protocole a été mis en place dès le début de la crise.

Selon Mme Descoteaux, le nombre d’usagers a toutefois diminué depuis le début de la pandémie, car ils sont privés d’un lieu de rencontre. « On a hâte de sortir de cette crise-là. Il y en a qui ont un besoin purement alimentaire, mais d’autres viennent ici pour briser l’isolement. Avant, on ouvrait les portes à 9h30. On servait du café, des collations. Les gens venaient et jasaient. Ils se font un réseau social », dit-elle.

«Je sais qu’il faut s’isoler, avec la pandémie. Mais ce n’est pas nécessairement facile pour tout le monde», ajoute la directrice de l’organisme à but non lucratif.

Le maire Pascal Bonin rappelle que ce n’est pas d’hier que la Ville supporte Partage Notre-Dame. Il y a deux ans, les employés de la Ville avaient «passé le chapeau» lors de leur party de Noël. L’argent amassé avait permis de payer les repas chauds des plus démunis durant l’équivalent de trois semaines.

Durant la crise sanitaire, la Ville a également offert une aide financière hebdomadaire à l’organisme pour l’aider à compenser la perte de revenus engendrée par la fermeture du comptoir vestimentaire. L’achat des 1200 coupons repas, consenti cette semaine par les élus, entraîne des coûts de 3000 $.