«Des gens vont être vaccinés contre la COVID en Grande-Bretagne, avant que la 15e plus grosse ville au Québec ait une clinique de dépistage sans rendez-vous», fulmine Pascal Bonin.
«Des gens vont être vaccinés contre la COVID en Grande-Bretagne, avant que la 15e plus grosse ville au Québec ait une clinique de dépistage sans rendez-vous», fulmine Pascal Bonin.

Granby encore laissée-pour-compte par la Santé publique de l’Estrie, selon le maire

Marie-France Létourneau
Marie-France Létourneau
La Voix de l'Est
Huit mois après le début de la pandémie, la ville de Granby continue à être laissée-pour-compte par la Santé publique de l’Estrie, estime le maire Pascal Bonin. «Des gens vont être vaccinés contre la COVID en Grande-Bretagne, avant que la 15e plus grosse ville au Québec ait une clinique de dépistage sans rendez-vous», fulmine-t-il.

La hausse du nombre de cas dans le réseau local de services (RLS) de la Haute-Yamaska, de même que la situation critique au CHSLD Villa-Bonheur à Granby, l’inquiète au plus haut point.

«C’est sûr que ça me touche. Ma belle-mère a été atteinte [de la COVID]. Elle reste à la Résidence du Mont. Il y a aussi eu des cas à la résidence du Riverain. Et je vois ce qui arrive à Villa-Bonheur. Ça fait extrêmement mal», laisse tomber Pascal Bonin.

Alors que la Grande-Bretagne a annoncé mercredi qu’elle commencera à administrer la semaine prochaine ses premiers vaccins, le maire Bonin s’indigne de constater que Granby n’a toujours pas ce que «toutes les grandes villes au Québec ont: un centre de dépistage sans rendez-vous».

«Ça fait longtemps que ça ne va pas bien chez nous. Je pensais qu’on avait levé le flag et qu’ils [les administrateurs du CIUSSS de l’Estrie-CHUS] savaient où était Granby», lance-t-il.

Sans rendez-vous à la mi-décembre 

La Voix de l’Est a annoncé le mois dernier que le centre actuel deviendra un centre désigné de dépistage sans rendez-vous à la mi-décembre. Et c’est encore ce qui est prévu, a confirmé jeudi une conseillère en communications au CIUSSS de l’Estrie-CHUS, Julie Constantineau.

Pascal Bonin attend ce moment avec impatience, mais il demeure sceptique. L’échéancier a été repoussé à plusieurs reprises au cours des derniers mois, rappelle-t-il.

Après avoir fermé le centre de dépistage aménagé au Cégep de Granby en juillet, un nouveau point de service a vu le jour en octobre au pavillon Roger-Bédard, mais avec un horaire limité et sur rendez-vous seulement. Les services ont déménagé au 423 rue Principale à Granby le mois dernier et les heures d’ouverture ont été bonifiées. L’endroit est actuellement ouvert du lundi au mercredi de 9h à 17h, ainsi que les jeudis et les vendredis de 10h à 18h, toujours sur rendez-vous.

En dehors des périodes d’ouverture, dont le week-end, les citoyens doivent encore aller à Bromont, où un centre de dépistage y est ouvert tous les jours, de 9h à 19h, sans rendez-vous.

Pascal Bonin a multiplié les sorties publiques, dont certaines virulentes, au cours de l’automne pour inciter les dirigeants du CIUSSS de l’Estrie-CHUS à ouvrir sans tarder un centre sans rendez-vous, alors que plusieurs éclosions ont été répertoriées sur le territoire.

«Même si la crise se règle demain matin, la cicatrice qu’ils [les dirigeants de la santé publique] ont laissée sur le territoire par rapport à leur inaction n’est pas à la veille de se refermer. Les gens de la Haute-Yamaska vont s’en souvenir longtemps de celle-là», laisse-t-il tomber.