Granby en images, en 1935 et aujourd’hui [PHOTOS]

Marie-Ève Martel
Marie-Ève Martel
La Voix de l'Est
Depuis 85 ans, La Voix de l’Est est témoin du quotidien de Granby et région. Au fil des ans, le décor a graduellement changé pour s’adapter à la réalité d’aujourd’hui. En collaboration avec Cecilia Capocchi, directrice générale de la Société d’histoire de la Haute-Yamaska, notre photographe Alain Dion a effectué un voyage dans le temps afin de vous présenter un bref coup d’œil du centre-ville de Granby, d’hier à aujourd’hui.

LA RUE PRINCIPALE

Au coeur de la vie commerciale et citoyenne de Granby depuis toujours, la rue Principale a conservé son âme malgré les changements architecturaux qu’on a pu y observer au fil des décennies. L’allure des voitures garées en bordure de la rue révèle aussi un changement d’époque. Au-dessus des édifices, on peut toujours apercevoir le clocher de l’église Notre-Dame, qui surplombe le centre-ville.

L'ANCIEN BUREAU DE POSTE

Qu’il était majestueux, le bureau de poste, avec sa tour et son horloge! Tenant fièrement à l’angle de la rue Principale et de la rue Saint-Jacques, le bâtiment construit au début du XXe siècle était qualifié, à l’époque, d’un des plus «élégants» édifices publics de la région. En 1907, il est d’ailleurs le deuxième bureau de poste le plus important dans les Cantons-de-l’Est, après celui de Sherbrooke. En 1954, le bureau de poste quitte l’édifice pour s’installer là où il se trouve toujours, plus bas sur la rue Principale.

Le bâtiment est acquis par la Ville qui le renomme Maison des arts et y installe le Musée de beaux-arts de Granby et la bibliothèque municipale. À la fin des années 1960, la municipalité planche sur un important plan de rénovation urbaine qui mènerait à une modification de tracé de plusieurs rues.

Ce projet comportait également l’élargissement de la rue Cowie vers la rue Principale, ce qui impliquait la démolition de l’ancien bureau de poste. Un véritable tollé suivit cette annonce, à l’été 1973, menant à une pétition de 2000 noms pour empêcher qu’on ne détruise l’édifice, en vain. Depuis plusieurs années, l’endroit est occupé par un édifice commercial.

LE COUVENT DE LA PRÉSENTATION

Le Couvent de la Présentation est toujours bien visible en bordure de la rue Principale. Bâti en 1879, l’endroit est agrandi trois fois, en 1894, en 1903 et en 1920, pour accueillir un plus grand nombre de religieuses et de pensionnaires. Aux alentours de 1935, pas moins de 250 pensionnaires et 400 externes fréquentent le couvent, où sont enseignés la musique, l’anglais, la comptabilité, la peinture, la sténographie, la dactylographie et, à compter de 1925, «la science du ménage, de la cuisine et de la couture».

Même si sa vocation scolaire a fini par être délaissée en 2007, après être passé d’un enseignement religieux à laïc, pour laisser place à des lofts, la signature architecturale de l’édifice lui confère encore fière allure. On remarquera toutefois que la blanche statue a été déplacée pour se retrouver devant ce qu’il reste de l’endroit, dont une partie a été démolie et sert aujourd’hui de stationnement.

L'HÔTEL DE VILLE

Granby s’est constituée ville en 1859, nous apprend la Société d’histoire de la Haute-Yamaska. Au cours de ses premières années d’existence, les échevins et conseillers siègent à la cour des commissaires, et migrent dans l’édifice du marché en 1864. Dix ans plus tard, le projet de construire un véritable hôtel de ville est lancé. Le bâtiment ayant été détruit par les flammes seulement trois ans après sa construction, une nouvelle maison des citoyens est rebâtie au même endroit en 1880, là où siège toujours la démocratie granbyenne aujourd’hui, à l’angle des rues Principale et Dufferin.

À l’époque, l’endroit était accompagné d’une charmante gloriette à l’extérieur, alors que la caserne de pompiers et même une geôle occupaient le sous-sol du bâtiment. C’est sous la gouverne du maire Horace Boivin, qui avait promis en 1939 de faire reconstruire l’hôtel de ville, que celui-ci change à nouveau d’allure. La première séance du conseil municipal y sera tenue en mai 1942.

LE 141-143 RUE PRINCIPALE

Les plus âgés se souviendront peut-être du Dr Wilfrid Lord, un médecin et pharmacien s’étant établi à Granby en 1908. Celui qui était également pharmacien a acquis le bâtiment sis au 143, rue Principale, pour y fonder sa propre clinique, qu’il convertira en petit hôpital en 1924. «L’établissement comptera cinq lits, une table d’opération et un appareil à rayons X», nous apprend la Société d’histoire de la Haute-Yamaska.

Après la guerre, les petits hôpitaux ont toutefois fermé leurs portes au profit d’établissements de plus grande envergure. L’hôpital du Dr Lord n’y fera pas exception, disparaissant en 1946. La pharmacie, elle, demeurera ouverte onze ans de plus. À la suite du décès du Dr Lord, en 1962, le bâtiment dans lequel il a sauvé des vies fait toujours partie du paysage granbyen, plus de cent dix ans après sa construction. Après avoir été le nid de Madame Hortense pendant nombre d’années, le charmant bâtiment abrite désormais le fleuriste Pat et Tralala de même que le Café Le Barbu.