Il n’aura fallu que quelques minutes au député sortant, François Bonnardel, pour être réélu dans Granby.

Granby: Bonnardel réélu sans peine

Après des années dans l’opposition, les citoyens de Granby sont aujourd’hui « au pouvoir ». À la fois fidèle à son député des 11 dernières années et portée par la vague caquiste, la population de la circonscription de Granby a voté massivement pour François Bonnardel, lundi, lui accordant du même coup un cinquième mandat d’affilée.

Ce dernier s’est rapidement assuré une avance insurmontable sur ses principaux adversaires, dont la représentante de Québec solidaire Anne-Sophie Legault, qui a causé la surprise en distançant les candidates du PLQ et du PQ.

François Bonnardel souhaitait vivre un moment historique au terme de l’actuelle campagne. Il a été exaucé avec 62,3 % des votes dans Granby. « C’est le plus beau moment politique de ma vie », a-t-il avoué, visiblement ému, en dédiant sa victoire aux gens du comté de Granby, aux gens de Granby et à son ex-adjointe, Catherine Demers, partie trop tôt en juin dernier.

« Après 11 ans, j’en rêvais, a-t-il ajouté. C’est un grand moment, un moment magique, pour moi et pour ma formation politique. C’est incroyable ! »

Sur le terrain, François Bonnardel disait sentir ce goût de changement qui habitait la population. « On était prêts à marquer l’histoire, a-t-il dit. On a mis fin à la dualité politique qui se menait au Québec depuis 50 ans. Là-dedans, j’ai mon petit bout d’étoile. Maintenant, dans les livres d’histoire, le 1er octobre 2018 sera la date où la CAQ a mis fin à cette dualité. Wow ! »

« Les gens nous disent qu’ils nous font confiance. Maintenant, il faut amener nos politiques, nos lois, etc. Et je veux que dans quatre ans, les gens nous disent qu’ils ont eu raison de nous faire confiance. »

Quant à la victoire d’Isabelle Charest dans Brome-Missisquoi, François Bonnardel s’est dit « content ». « Je ne serai plus seul ! », a-t-il dit en riant. « On a fait une percée majeure. En Estrie, en Montérégie, on est maintenant une force politique. »

Anne-Sophie Legault se félicitait, quant à elle, de sa seconde place. « C’est une victoire personnelle. D’avoir eu autant de votes, c’est énorme pour moi. Être deuxième, c’est ma première position », a laissé entendre la jeune candidate. Selon elle, ce résultat « va beaucoup parler pour les prochaines élections ».

Granby, a-t-elle ajouté, est le château fort de François Bonnardel, mais pas un château fort caquiste.

Anne-Sophie Legault a affirmé qu’elle et son équipe allaient relancer l’organisation de Québec solidaire à Granby et qu’il n’était pas exclu qu’elle tente à nouveau sa chance au prochain scrutin.

Le PQ et le PLQ à la traîne

Chantal Beauchemin était sous le choc de voir les résultats de la CAQ. Selon elle, son désir de ne pas voir la Coalition avenir Québec au pouvoir était sa motivation première pour se lancer en politique du côté du Parti québécois.

« J’avais espérance d’éveiller des consciences. La montée de la CAQ est un danger pour le Québec. Ils vont tout privatiser », a-t-elle lancé en présence de ses partisans et de son équipe.

Elle a dit craindre surtout pour le domaine de l’éducation. « Les libéraux ont fait un tort terrible au système d’éducation, mais la CAQ va finir la job. »

Malgré la déconfiture du Parti québécois, elle ne regrette pas d’avoir consacré un moment de sa vie à la campagne électorale. « J’ai déjà gagné. J’ai gagné une expérience incroyable. [...] Je recommencerais n’importe quand. » Elle est surtout déçue pour Jean-François Lisée. « Je trouve ça terrible pour cet homme-là. »

« Ce n’est que partie remise », s’est pour sa part exclamée Lyne Laverdure après le dépouillement des urnes où elle n’avait récolté que 10,71 % de soutien.

La candidate libérale a peut-être obtenu le pire résultat du PLQ depuis la création du comté de Granby, mais son enthousiasme était intact. « J’ai beaucoup appris et j’y ai pris goût », a-t-elle avoué.

À voir l’optimisme des militants en début de soirée, il était difficile de croire que la candidate allait être en mauvaise posture. Semblables à des gifles, les annonces répétées de Radio-Canada annonçant un gouvernement majoritaire de la CAQ ont progressivement miné l’ambiance au local de campagne.

« S’ils veulent le pouvoir, on va leur donner ; ils vont faire encore plus d’erreurs s’ils sont majoritaires », a lancé une militante qui cachait mal sa frustration.

« Je ne regarde pas la télévision, je regarde mon monde et je vois des sourires, a ajouté le bénévole Lucien Grégoire. On est fiers d’avoir bâti quelque chose qui va rester pour les prochaines années. »

Au total, 72,09 % des 52 468 électeurs inscrits dans Granby ont exercé leur droit de vote. C’est 2,5 % de plus qu’au scrutin général du Québec de 2014.

Cette année-là, le vote avait favorisé François Bonnardel dans une proportion de 53,04 %. Sa plus proche rivale de l’époque, la péquiste Joanne Lalumière, avait récolté 21,95 % des voix, suivie de près par Pascal Proulx du PLQ avec 19,18 % des voix. Québec solidaire avait remporté 4,5 % des suffrages.

— Avec la collaboration de Mickael Lambert, Cynthia Laflamme et Isabelle Gaboriault.