Gilbert Rozon

Gilbert Rozon démissionne dans la controverse

Gilbert Rozon a quitté ses fonctions de président du Groupe Juste pour rire et de commissaire aux célébrations du 375e de Montréal dans la controverse, mercredi soir.

Selon La Presse, le SPVM a ouvert une enquête à la suite d’une plainte pour agression sexuelle déposée contre Rozon. 

Sur sa page Facebook, Gilbert Rozon a justifié sa décision de quitter ses diverses fonctions professionnelles. «Je me retire par respect pour les employés et les familles qui travaillent pour ces organisations ainsi que tous nos partenaires. Je ne veux surtout pas leur porter ombrage», a écrit l’homme d’affaires en soirée sur sa page Facebook. «Ébranlé par les allégations me concernant, je souhaite consacrer tout mon temps à faire le point. À toutes celles et ceux que j’ai pu offenser au cours de ma vie, j’en suis sincèrement désolé.»

L’annonce est survenue quelques heures après que l’humoriste Guillaume Wagner eut qualifié Rozon d’«agresseur», mais surtout quelques heures avant la publication de neuf témoignages obtenus par Le Devoir et le 98,5 FM, tous de femmes ayant connu l’homme d’affaires dans le cadre de leur travail et l’accusant de diverses inconduites sexuelles. Cet article a été retiré en soirée à peine une heure après sa publication en ligne, puis remis en ligne vers minuit. 

Les neuf femmes ont raconté au Devoir avoir été victimes de harcèlement et d’agressions sexuelles de la part du fondateur de Juste pour rire, Gilbert Rozon, dans la foulée du mouvement #MeToo. Parmi elles, l’animatrice Pénélope McQuade, la comédienne Salomé Corbo, la recherchiste Sophie Moreau, la réalisatrice Lyne Charlebois, l’entrepreneure Geneviève Allard, la recherchiste Anne-Marie Charrette ainsi que Marlène Bolduc, qui a travaillé au festival Juste pour rire.  

Un «agresseur», selon Wagner

Dans un long statut Facebook prophétique en réaction aux révélations de La Presse concernant l’animateur Éric Salvail, mercredi après-midi, l’humoriste Guillaume Wagner a dirigé sa prose vers le fondateur de Juste pour rire, le qualifiant «du prochain». 

«Gilbert Rozon, j’ai travaillé pour lui. Je connaissais son passé. Je croyais que c’était une erreur de parcours. Qu’il avait ‘‘payé sa dette’’. Et puis j’ai entendu des histoires. Et puis d’autres. Et des récentes. Ça commence à sortir. Ça va continuer de sortir. Je ne travaillerai plus pour Juste pour rire tant et aussi longtemps qu’un agresseur en sera le patron», a écrit Guillaume Wagner, son message étant partagé des milliers de fois dans les heures suivantes. 

«Je ne travaillerai plus pour Juste pour rire tant et aussi longtemps qu’un agresseur en sera le patron», a écrit sur Facebook Guillaume Wagner à propos de Gilbert Rozon.

Coupable en 1998

Rappelons qu’en décembre 1998, Gilbert Rozon plaidait coupable à une accusation d’agression sexuelle sur une femme de 19 ans. Les actes commis à la suite d’une soirée où la victime agissait comme croupière au manoir Rouville-Campbell, à Mont-Saint-Hilaire, en février 1998, avait d’ailleurs amené M. Rozon a quitté momentanément ses fonctions à Juste pour rire, en mars. En échange de son plaidoyer de culpabilité d’agression sexuelle, le ministère public avait retiré des plaintes de séquestration et voies de fait simple contre l’homme d’affaires. 

En mars 1999, la Cour supérieure du Canada accordait cependant une absolution inconditionnelle à Gilbert Rozon en lien avec l’agression sexuelle dont il avait été reconnu coupable. Le jugement rendu par le juge Pierre Béliveau, à l’époque, plaidait notamment l’importance pour M. Rozon de pouvoir voyager à travers le monde, ce qu’un dossier criminel l’aurait empêché de faire. «Cela pourrait mettre en cause la viabilité de l’entreprise dont il est l’âme dirigeante, avec les pertes d’emplois et de revenus touristiques qui s’ensuivraient». 

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