Les membres du Comité Action Environnement Dunham se sont présentés mercredi devant la table des maires de Brome-Missisquoi afin d’y déposer une liste de demandes et de recommandations visant à améliorer la gestion des matières résiduelles sur le territoire de la MRC.

Gestion des matières résiduelles: des citoyens de Brome-Missisquoi déposent une liste de demandes

Les membres du Comité Action Environnement Dunham se sont présentés mercredi devant la table des maires de Brome-Missisquoi afin d’y déposer une liste de demandes et de recommandations visant à améliorer la gestion des matières résiduelles sur le territoire de la MRC.

Le comité fondé plus tôt cette année profite du fait que la MRC planche actuellement sur la refonte de son plan de gestion des matières résiduelles (PGMR) pour y aller de ses revendications. Celui-ci est «trop peu ambitieux, énonce peu ou pas d’objectifs chiffrés et ne prévoit aucun mécanisme pour garantir, en toute transparence, l’accès aux informations concernant les matières résiduelles pour les citoyens et citoyennes», fait-on valoir dans une lettre datée du 13 novembre et dont La Voix de l’Est a récemment obtenu copie.

«Dans un contexte où le PGMR doit faire l’objet d’une refonte en profondeur dans la prochaine année, nous souhaitons que la MRC se positionne comme un leader d’innovation en matière de gestion des matières résiduelles, notamment en misant sur le réemploi, la revalorisation et la réduction à la source», réclame-t-on également.

«La MRC se targue d’être super environnementale, mais c’est difficile d’avoir accès à de l’information par rapport à d’autres MRC, et la gestion des matières résiduelles est quelque chose qui peut être compliqué à comprendre pour des citoyens, expliquait Maude Ménard-Dunn, l’une des membres du comité, dans un entretien téléphonique tenu la semaine dernière. On demande de mettre en place un mécanisme de transparence, car à l’heure actuelle, il est difficile de voir s’il y a une volonté politique pour réduire notre empreinte écologique.»

Ce faisant, le comité réclame que davantage d’information soit vulgarisée et mise à la disposition des citoyens, par exemple les objectifs de réduction de matières destinées à l’enfouissement.

«Nos recherches nous ont permis d’établir qu’au moins la moitié des matériaux amenés dans les conteneurs de l’écocentre de Cowansville sont enfouis, alors que le dépliant de l’écocentre stipule que ce lieu “n’est pas un site d’enfouissement”. Cette situation est scandaleuse et doit être corrigée», demandent les membres du comité, composé d’une quinzaine de citoyens de différents horizons.

Éviter l’enfouissement

Le comité invite également la MRC à toujours choisir de revaloriser des matières résiduelles, lorsque cela est possible, plutôt que de les enfouir, et ce, même si cela coûte plus cher. Aucune matière recyclable ne devrait prendre la direction d’un site d’enfouissement, soutient le comité, qui affirme qu’aucun tri n’est effectué dans les camions-bennes et conteneurs qui se dévident à la Régie intermunicipale de gestion des matières résiduelles de Brome-Missiquoi. «Enfouir de la matière, c’est toujours moins cher que de la revaloriser, spécifie Mme Ménard-Dunn. C’est la MRC qui publie le PGMR, mais ce sont les municipalités qui se chargent de son application, alors la MRC doit exercer un plus grand leadership en ce sens et donner un mot d’ordre.»

Le réemploi des matières doit aussi figurer parmi les priorités du prochain PGMR, soutient le comité, qui demande la mise en place d’une station de réemploi à l’écocentre de Cowansville, à l’image de ce qui s’est fait à Granby, et l’installation d’un conteneur permettant la récupération du verre au même endroit.

Robert Desmarais, directeur général de la MRC Brome-Missisquoi, assure qu’il y a une réflexion en cours pour une éventuelle station de réemploi, mais que cette station n’est pas prévue pour 2020. Quant au conteneur de verre, l’installation d’une telle structure est prévue pour l’écocentre de Cowansville, mais pas pour les autres écocentres de la région en raison des heures d’ouverture restreintes.

Enfin, le comité demande à la MRC d’élargir la collecte du compost aux immeubles à logements de son territoire, de même qu’aux industries, entreprises et institutions, auxquelles devront être adressées des mesures incitatives afin de les encourager à y adhérer. «Les déchets des industries, c’est majeur, relève Mme Ménard-Dunn. Les citoyens ont peu de marge de manoeuvre, contrairement aux entreprises. Elles peuvent faire une différence.»

Une dernière demande vise plus précisément le secteur de la construction, avec la mise en place d’un projet-pilote visant à favoriser le tri des matières par les contracteurs. «Pour l’instant, le fait que les conteneurs remplis de matériaux de construction ne sont pas triés par les contracteurs conduit à l’enfouissement de matières susceptibles d’être réutilisées ou revalorisées», déplore-t-on.

La présentation de ces demandes se fait dans une optique de collaboration et non de confrontation avec les élus, soulignait Mme Ménard-Dunn. «Nous souhaitons seulement que tout le monde se concerte pour en arriver avec la meilleure stratégie», mentionne-t-elle.

— Avec la collaboration de Cynthia Laflamme

FORTE RÉACTION DES MAIRES À L’ASSEMBLÉE DE LA MRC 

Visiblement piqués au vif par les nombreuses critiques tenues à l’endroit du plan de gestion des matières résiduelles (PGMR), plusieurs maires qui participaient mercredi soir à l’assemblée de la MRC Brome-Missisquoi, ont déploré la façon dont le sujet a été apporté dans la lettre du Comité Action Environnement Dunham et la présentation de Mme Ménard-Dunn.

Selon eux, en plus de contenir des informations erronées, elle ne présentait pas ce qui avait été fait partout sur le territoire avant d’énumérer ses nombreuses revendications. 

Le maire de Bromont, Louis Villeneuve, a été le plus dur dans ses commentaires, confiant même s’être senti agressé par ses propos. 

De nombreux premiers magistrats ont également énuméré ce qui a été fait chez eux en seulement un an.

Le maire de Dunham, Pierre Janecek, a suggéré au comité de venir voir le conseil pour obtenir l’heure juste avant de propager des informations qui sont fausses, dont le pourcentage des matières recyclables qui se retrouvent enfouies. 

Les représentants des comités sur place — soit ceux de Dunham, Cowansville et Sutton — ont d’ailleurs été invités à visiter la régie et l’écocentre.

Le directeur général de la MRC a pour sa part assuré à Mme Ménard-Dunn que les citoyens seront consultés pour la refonte du PGMR. Cynthia Laflamme